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connaît pas grand-chose de la vie de Plotin. Elle sera vouée
à la philosophie et à la contemplation. Elle se situera au
point de rencontre de la culture grecque, de la civilisation
romaine, des croyances orientales et de la religion
chrétienne.
Cosmopolite
probablement issu d'une famille romaine, Plotin a dû naître
à Lycopolis en 205. Cette ville d'Égypte, qui, à l'époque,
était une province romaine, est l'actuelle Assiout.
- Il effectue une campagne militaire en Perse.
A vingt-huit ans, il se Consacre à la philosophie, étudiant
auprès d'Ammonios de Saccas les textes de Platon.
- Cette période durera onze ans.
Un philosophe protégé par
l'empereur
- En 247, il s'installe à Rome et y fonde une école.
- Il est le protégé de l'empereur Gallien. Ce dernier,
inquiété par la décadence des moeurs, veut faire de Plotin
un philosophe officiel chargé de rétablir des valeurs
morales et philosophiques.
- Végétarien, Plotin s'adonne à l'ascèse dans le but de
s'unir à Dieu.
- Cet ascétisme excessif aura raison de sa santé.
- Atteint de plusieurs ulcères, il mourra dans une ville de
Campanie.
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Plotin s'est
mis à écrire tardivement. Il a confié à son disciple
Porphyre le soin de conserver et faire connaître ses écrits,
composés de 54 morceaux. Ce dernier les a classés en six
groupes de neuf textes qui constituent les Ennéades.
Première
Ennéade
Vertu, bonheur, beauté se situent dans la vie
intellective. L'âme doit se libérer du corps afin de pouvoir
s'élever jusqu'à Dieu. Le moteur de cette élévation est
l'amour, c'est-à-dire le désir du bien.
Deuxième Ennéade
Elle concerne le cosmos, les corps et la matière. Le
ciel est de nature divine. Le mal est la matière sensible.
Aussi, ce n'est qu'en se tournant vers l'Intellect,
c'est-à-dire en se détournant du corps, que l'âme peut se
purifier.
Troisième Ennéade
Elle traite plus particulièrement de la Providence, du
temps et de l'éternité. La causalité des actes de l'âme ne
dépend ni du hasard, ni du destin. Lorsque l'âme prend la
raison comme guide, qu'elle n'est attachée à aucun corps,
elle est libre. La Providence existe. L'univers est conforme
à l'Intellect. Il est beau et éternel. Plotin croit en la
métensomatose: l'âme passe de corps en corps. Elle est à la
fois temporelle et éternelle. Le temps cesse d'exister quand
l'âme s'attache à l'intelligible, quand elle s'unit à l'Un.
Quatrième Ennéade
Il y est essentiellement question de l'âme. L'homme se
caractérise par son âme raisonnable, intellective. L'âme
supérieure, divine, est l'opposé de l'âme sensitive, qui,
avec le corps, définit l'animal. L'âme est indivisible quand
elle n'est pas associée au corps. Ici-bas, c'est-à-dire
incarnée, elle est divisible.
Cinquième Ennéade
Plotin, s'inspirant de Platon, distingue l'Un,
l'Intellect, et l'âme. L'Un est le Bien qui se situe au-delà
de l'être et de la pensée. L'Intellect est le créateur grâce
auquel existent tous les êtres. L'âme, qui comporte une
partie divine, laquelle provient de l'Intellect donc, est à
la fois l'Un et le multiple. L'âme particulière peut
contempler l'Un en découvrant que le divin est en elle.
Sixième Ennéade
Plotin s'en prend à certaines conceptions
aristotéliciennes et stoïciennes. Si l'on veut découvrir la
vérité, affirme-t-il, il faut suivre Platon. La quête du
Bien aboutit à l'union de l'âme à l'Un. Pour atteindre ce
but, l'âme doit se fixer dans l'intelligible, grâce à la
purification et aux vertus.
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La philosophie de Plotin
est à la fois une interprétation
originale de la pensée de Platon et une création à part
entière. Quiconque s'intéresse à la pensée philosophique
du Moyen Age ne peut ignorer l'oeuvre de Plotin.
Un contemplatif qui
ignore les croyances orientales
Plotin, de par ses origines, aurait très bien pu se
laisser influencer par la religion orientale et ses
mystères. Il n'en est rien. Esprit profondément
contemplatif, Plotin n'en est pas moins un véritable
philosophe. Tout son système se fonde sur la foi en la
raison. Sa volonté de concilier le platonisme, une partie de
l'héritage aristotélicien et stoïcien, avec un mysticisme
ardent, va contribuer à la formation de la pensée
arabo-islamique, ainsi que de la philosophie médiévale. Le
néoplatonisme naît avec Plotin Plotin est à l'origine de ce
qu'on appelle le néoplatonisme. Ce courant repose sur l'idée
que l'oeuvre la plus importante de Platon est le Parménide:
Parménide fut le premier penseur grec à nommer l'Être,
c'est-à-dire l'Un.
Postérité/actualité
Pendant longtemps, le Moyen Age fut déconsidéré. Cette
période était tenue pour obscurantiste. C'était la période
des alchimistes et des sorcières. L'érudition moderne a
corrigé cette idée. Le regain pour les études médiévales
fait de Plotin un philosophe d'une grande importance. Sa
pensée inspirera Scot Erigène et Jamblique. A la
Renaissance, elle influencera Pléthon et Marsile Ficin.
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