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La philosophie de Schopenhauer marque un tournant
dans l'histoire des idées. Elle annonce Nietzsche (1844-1900)
et,
dans un certain sens, ouvre
des voies que Freud (1856-1939)
explorera en profondeur. Pour Schopenhauer, le monde
n'est
qu'un théâtre et la volonté des individus n'est qu'une illusion. |
  
Schopenhauer
devra attendre la fin de sa vie pour connaître la
consécration. Victime de la gloire d'Hegel, contre qui il
avait décidé de lutter, il mit très rapidement fin à sa
carrière universitaire.
La
carrière universitaire
- Arthur Schopenhauer naît en 1788 à Dantzig. Son père,
négociant fortuné aux idées libérales, le destine au
commerce.
- A la mort de son père, en 4805, Schopenhauer entreprend
des études universitaires à Göttingen puis à Berlin.
-1813: Il rédige sa thèse, «De la quadruple racine du
principe de raison suffisante».
- 1816: Schopenhauer fait la connaissance de Goethe.
Celui-ci le caricature dans son Faust sous les traits du
«bachelier».
- 1820: enseignant à l'université de Berlin, ses cours n'ont
aucun succès, pas plus que ses écrits.
Le célibataire oisif
- De 1820 à 1833, il mène une existence oisive.
Célibataire, ses rentes lui permettent de vivre
confortablement.
- De 1833 à sa mort (1860), il vit à Francfort. Il
consacrera ces années à reprendre les points essentiels de
sa philosophie.
- Ce n'est qu'à partir de 1850, alors qu'il est âgé de 62
ans, que l'on commencera à parler de son oeuvre. Celle-ci
influence notamment les conceptions esthétiques du
compositeur Richard Wagner.
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La quadruple racine du principe de raison suffisante
(1813)
La thèse de Schopenhauer montre que la raison qui se
suffit à elle-même se fonde sur quatre principes: 1.
Principe du devenir. 2. Principe de connaissance.
3. Principe de raison d'être.
4. Principe de motivation (le vouloir).
Le Monde comme volonté et comme représentation (1818)
C'est l'ouvrage majeur de Schopenhauer. Tout ce qu'il
écrira ultérieurement ne fera que préciser et confirmer les
idées développées dans ce livre. Le titre est l'exact reflet
du contenu de l'oeuvre: 1 «Le monde comme volonté
»: la vie,
même organique, est «vouloir-vivre». L'intellect de l'homme
donne à ce «vouloir-vivre» des motifs. Ces motifs ne sont
qu'une pure illusion: en effet, nous croyons agir en
fonction de nos propres intérêts, mais ce ne sont pas eux
que nous servons, ce sont ceux de l'espèce. C'est pourquoi
la vie est une éternelle souffrance: les buts que nous
visons en tant qu'homme sont vains. Nous ne décidons jamais.
Le «vouloir-vivre» nous dirige. On peut s'en affranchir par
la contemplation des idées, la jouissance que nous apporte
l'art (lequel est gratuit, ne vise rien d'autre que la
satisfaction esthétique), ou bien encore par le suicide. 2.
«Le monde comme représentation: tout ce que nous connaissons
du monde n'est qu'une représentation. C'est pourquoi
Schopenhauer pense que la réalité n'est qu'un pur théâtre.
(Ne parle-t-on pas, à propos d'un spectacle, de
«représentation»?)
Parerga et paralipomena (1851)
Le titre de cet ouvrage signifie: «suppléments et
omissions». Il est constitué de réflexions sur l'histoire de
la philosophie, sur la morale, etc. Pour Schopenhauer, la
morale est fondée sur la pitié. Vivre heureux, c'est se
maintenir éloigné de la douleur et de l'ennui. L'homme sage
cultive la santé, la gaieté, l'art, la richesse intérieure
et la solitude. Il fuit par contre les femmes, la famille et
la société des imbéciles.
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Schopenhauer introduit dans
sa philosophie des idées
qui seront développées plus tard. Sa réflexion anticipe
des découvertes scientifiques et philosophiques
comme le darwinisme et le freudisme.
Une philosophie qui va à l'encontre du rationalisme de
Descartes. Schopenhauer va montrer que la conscience
n'est pas, comme le pensait Descartes, l'essence de l'homme.
Elle ne prouve pas son existence. Au contraire, elle n'est
que le jouet d'une force qui la dirige. le «vouloir-vivre».
En analysant ce «vouloir-vivre», Schopenhauer entre dans des
domaines de la pensée que le cartésianisme a plus ou moins
volontairement ignorés, domaines profonds, obscurs, qui
échappent à la conscience, à la volonté.
Une philosophie du déterminisme biologique. Avant
Nietzsche, Freud, mais aussi avant Darwin (Charles Darwin
fait paraître De l'origine des espèces par voie de sélection
naturelle en 1859, c'est-à-dire un an avant la mort de
Schopenhauer), bien avant également la naissance de la
biologie moléculaire, Schopenhauer est l'un des premiers
penseurs à considérer que l'homme, sa pensée, son action
sont en partie déterminés par des processus qui gouvernent
le vivant en général.
Postérité-actualité. L'oeuvre de Schopenhauer n'est
pas, encore aujourd'hui, reconnue à sa juste valeur. Cela ne
l'empêche pas de conserver tout son intérêt, surtout si on
la lit à la lumière des découvertes freudiennes, des
connaissances acquises dans les divers domaines de la
biologie.
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