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Souvent victime de l'intolérance et du fanatisme,
Spinoza
a voulu connaître le monde par la seule règle
de la raison,
y compris dans les questions religieuses.
Professant un grand
libéralisme en politique, il est à l'origine des théories
modernes de la science politique.
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Dans une
Europe en proie à l'intolérance religieuse et
à l'absolutisme, savants et philosophes viennent en Hollande
trouver refuge et liberté. Spinoza y connaîtra cependant
l'exil et l'exclusion, n'osant pas même publier ses œuvres.
Formation (1632-1656)
- En 1632, Baruch Spinoza naît à Amsterdam dans une
famille de juifs portugais exilés et réfugiés en Hollande.
- De 1639 à 1650, il suit les cours de l'école juive et y
apprend l'hébreu.
- En 1652, il assiste au cours de Van den Henden, ancien
jésuite qui l'initie au latin. Le latin lui permet de se
libérer de la tradition hébraïque et d'avoir accès aux
ouvrages de Hobbes et de Descartes.
Exil (1656-1677)
- En 1656, il a 24 ans lorsqu'il rompt avec l'orthodoxie
juive. Il doit abandonner la gestion du commerce familial.
Un fanatique tente de l'assassiner; c'est alors l'exil. La
même année commence en France la persécution contre
Port-Royal et la mise à l'Index des Provinciales de Pascal
- En 1661, pour subsister Spinoza devient polisseur de
verres de lunettes. commence à rédiger ouvrages
philosophiques mais un seul portera son nom. Un autre est publié
anonymement. C'est seulement après sa mort que ses amis osent
éditer œuvres «posthumes».
- En 1677, lorsqu'il meurt; son œuvre n'a circulé que dans
un petit cercle d'initiés.
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Spinoza recherche quel est le but et le sens de l'existence. Il repousse tout dogmatisme religieux. La liberté de l'homme consiste à connaître les causes de ses passions et à agir conformément aux lois éternelles de la nature.
Traité de la réforme de l'entendement (1661)
Cet ouvrage restera inachevé mais la démarche est
reprise pour l'essentiel dans l'Éthique. Le but de la
recherche philosophique est celui de la connaissance d'un
bien véritable qui puisse se communiquer. Spinoza s'applique
à définir une méthode capable de conduire à cette fin.
Les Principes de la philosophie de Descartes... (1663)
Spinoza avait accepté d'être le précepteur d'un étudiant
en théologie. Il s'agit d'exposés faits pour lui expliquer
la philosophie cartésienne. Par cet ouvrage, Spinoza
acquiert une certaine notoriété.
L'Éthique démontrée démontrée selon
la méthode géométrique (1677)
L'Éthique est l'ouvrage fondamental de Spinoza et l'un
des grands livres de l'histoire de la philosophie. En
utilisant la méthode d'exposition des traités de
mathématiques, Spinoza entreprend de définir les concepts
majeurs de la philosophie classique (Dieu, âme, passions,
etc.) et d'en déduire rationnellement un système
philosophique. Plusieurs idées centrales se dégagent: Dieu
est assimilé à la nature; il n'y a pas de libre arbitre,
mais l'homme est régi par la nécessité inhérente aux lois de
la nature; le moteur premier de nos actes est le désir; la
béatitude, but ultime de l'homme, consiste à comprendre les
lois éternelles de la nature et à agir d'après elles.
Traité théologico-politique (1670)
Publié du vivant de Spinoza (mais sous un pseudonyme),
cet ouvrage se présente comme une défense de la liberté de
pensée et une apologie de la tolérance. Le dessein de
Spinoza est d'enseigner une nouvelle lecture de l'Écriture
qui préserve la liberté de conscience. Elle ruine toute
orthodoxie, car
il se propose d'écarter tout ce que les superstitions ont
pu ajouter à la foi. Ses contemporains n'y ont vu qu'un
moment d'athéisme alors que deux siècles plus tard Renan
dira: «C'est ici que Dieu a été vu de plus près.»
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Une
économie prospère dans un pays libéré
Spinoza naît dans les «Provinces
Unies» qui se détachent du joug espagnol. La prospérité et
la paix permettent un développement extraordinaire, y
compris dans le domaine culturel. La bourgeoisie peut tenir
tête à la noblesse et à l'armée. En 1672, la tentative
d'invasion de la Hollande par les armées de Louis XIV permet
à Guillaume d'Orange de prendre le pouvoir. Il fait
assassiner Jean de Witt, leader républicain et ami de
Spinoza.
Spinoza exclu dans un pays de tolérance
La Hollande semble être le lieu de la tolérance
religieuse. Les sectes y pullulent, la liberté d'expression
est réelle. Les éditeurs peuvent publier hors censure des
ouvrages interdits partout en Europe et, jusqu'au XVIIIe
siècle, certains livres parviendront en France via la
Hollande. Spinoza cependant sera rejeté par les juifs comme
par les calvinistes. Sa pensée subversive dérangeait autant
les pouvoirs politiques que religieux. C'est que,
s'inspirant de Descartes, Spinoza critique la religion au
nom de la raison et prône la liberté politique.
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Spinoza affirme que la
nature et les hommes obéissent à des lois éternelles qui
peuvent être découvertes par la raison. Il rejette tout
recours à une explication transcendante du monde.
«Dieu, ou la Nature». Pour Spinoza, Dieu se confond
avec la Nature, et il n'y a rien en dehors de celle-ci. La
Nature, et tout ce qui en fait partie, y compris les hommes,
sont soumis à des lois éternelles. La vraie liberté consiste
à connaître ces lois.
Le désir. Le moteur des hommes, c'est le désir. Pour
être heureux, pour nous réaliser pleinement, il faut que nos
désirs s'accordent avec l'ordre de la Nature. Nous devons
donc nous libérer des passions qui nous empêchent d'avoir
une connaissance adéquate du monde.
La liberté politique. Spinoza rejette le pouvoir
théologique. Pour lui, le gouvernement civil doit reposer
sur la raison et non sur la foi. Après Hobbes, il conçoit
l'État comme une institution fondée sur un pacte social dont
le rôle doit être d'assurer la sécurité et la liberté des
citoyens.
Postérité-actualité. Par sa critique des religions
révélées, par sa défense de la démocratie et des libertés
individuelles, Spinoza ouvre la voie au rationalisme, au
déisme et à la pensée politique des Lumières. Le système
hégélien lui doit également beaucoup. Dans une autre
perspective, Spinoza ouvre la voie de la psychanalyse. En
effet, son analyse du désir comme moteur fondamental de nos
actes et son insistance sur la nécessité de connaître les
causes de nos passions annoncent lés théories de Freud.
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