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Sujet : Aristote: Les deux parties de l'âme

deux Aristote parties Aristote «Antérieurement nous avons indiqué qu'il y avait deux parties de l'âme, à savoir la partie rationnelle et la partie irrationnelle. Il nous faut maintenant établir, pour la partie rationnelle elle-même, une division de même nature. Prenons pour base de discussion que les parties rationnelles sont au nombre de deux, l'une par laquelle nous contemplons ces sortes d'êtres dont les principes ne peuvent être autrement qu'ils ne sont, et l'autre par laquelle nous connaissons les choses contingentes : quand, en effet, les objets diffèrent par le genre, les parties de l'âme adaptées naturellement à la connaissance des uns et des autres doivent aussi différer par le genre, s'il est vrai que c'est sur une certaine ressemblance et affinité entre le sujet et l'objet que la connaissance repose. Appelons l'une de ces parties la partie scientifique, et l'autre la calculative, délibérer et calculer étant une seule et même chose, et on ne délibère jamais sur les choses qui ne peuvent être autrement qu'elles ne sont. Par conséquent la partie calculative est seulement une partie de la partie rationnelle de l'âme. Il faut par suite bien saisir quelle est pour chacune de ces deux parties sa meilleure disposition : on aura là la vertu de chacune d'elles, et la vertu d'une chose est relative à son oeuvre propre. Or il y a dans l'âme trois facteurs prédominants qui déterminent l'action et la vérité : sensation, intellect et désir. De ces facteurs la sensation n'est principe d'aucune action, comme on peut le voir par l'exemple des bêtes, qui possèdent bien la sensation mais non pas l'action en partage. Et ce que l'affirmation et la négation sont dans la pensée, la recherche et l'aversion le sont dans l'ordre du désir ; par conséquent puisque la vertu morale est une disposition capable de choix, et que le choix est un désir délibératif, il faut par là-même à la fois que la règle soit vraie et le désir droit, si le choix est bon, et qu'il y ait identité entre ce que la règle affirme et ce que le désir poursuit. Cette pensée et cette vérité dont nous parlons ici sont de l'ordre pratique ; quant à la pensée contemplative, qui n'est ni pratique ni poétique, son bon et son mauvais état consiste dans le vrai et le faux auxquels son activité aboutit, puisque c'est là l'oeuvre de toute partie intellective, tandis que pour la partie de l'intellect pratique, son bon état consiste dans la vérité correspondant au désir, au désir correct. Le principe de l'action morale est ainsi le libre choix (principe étant ici le point d'origine du mouvement et non la fin où il tend), et celui du choix est le désir et la règle dirigée vers quelque fin. C'est pourquoi le choix ne peut exister ni sans intellect et pensée, ni sans une disposition morale, la bonne conduite et son contraire dans le domaine de l'action n'existant pas sans pensée et sans caractère. La pensée par elle-même cependant n'imprime aucun mouvement, mais seulement la pensée dirigée vers une fin et d'ordre pratique. Cette dernière sorte de pensée commande également l'intellect poétique, puisque dans la production l'artiste agit toujours en vue d'une fin ; la production n'étant pas une fin au sens absolu, mais est quelque chose de relatif et production d'une chose déterminée. Au contraire dans l'action, ce qu'on fait < est une fin au sens absolu >, car la vie vertueuse est une fin, et le désir a cette fin pour objet. Aussi peut-on dire indifféremment que le choix préférentiel est un intellect désirant ou un désir raisonnant, et le principe qui est de cette sorte est un homme.» Aristote, Aristote, Ethique à Nicomaque (VI, 2, 1139 a 3 - 1139 b 5)
   Aristote

Comment et pourquoi distinguer dans l’âme des parties ou des facultés ? En quoi peut-on leur assigner une fonction propre dans le procès du connaître et de quelle modalité de la connaissance s’agit-il ? Enfin comment en déduire de quoi mettre à jour la genèse de l’action authentiquement vertueuse ? C’est à ces trois questions que répond l’extrait ici proposé, qui se situe au début du Livre VI de l’Ethique à Nicomaque, et plus précisément fait suite au chapitre qui annonce l’examen de la droite règle, l’orthos logos. Or cette notion est au centre de toute l’éthique aristotélicienne, puisqu’elle va permettre d’articuler le passage de la vertu simplement éthique, c’est-à-dire au sens grec vertu du caractère, à la vertu au sens propre, c’est-à-dire la vertu intellectuelle. En effet, la vertu éthique (qui a fait l’objet d’une définition au Livre II, et dont les Livres III à V sont des applications aux divers domaines de la vie pratique) a été déterminée par un effort de tension visant un moyen terme, permettant d’éviter l’excès et le défaut dans le comportement. Or ce que met en lumière notre extrait, c’est l’espace propre de ce qu’Aristote appelle la prudence, la phronèsis, la vertu donc en sa dimension intellectuelle, et non plus simplement éthique. Plus précisément il est question de montrer que la prudence est la vertu totale, et en tant que telle l’œuvre propre d’une partie de la partie supérieure de l’âme, plus précisément celle en laquelle se détermine l’ordre intellectuel de la pratique. La thèse d’Aristote est ici que la vertu en tant que telle est l’état d’une âme préparée par la contrainte à l’action vertueuse, et ainsi devenue capable de mobiliser une réflexion sur les moyens adéquats aux fins présentées par le désir qui est en quelque sorte son moteur, désir qu’il lui convient de porter à son accomplissement ; mais réciproquement Aristote va montrer qu’il s’agit simultanément de l’état d’un désir qui n’est plus simplement contraint par l’habitude, et qui déjà est travaillé par l’intelligence.

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