Bergson: Pouvons-nous concevoir un rapport entre le beau et le vrai ?

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Sujet : Bergson: Pouvons-nous concevoir un rapport entre le beau et le vrai ?

Bergson: Pouvons-nous concevoir un rapport entre le beau et le vrai ?

Pouvons Bergson nous Bergson Quel est l'objet de l'art ? Si la réalité venait frapper directement nos sens et notre conscience, si nous pouvions entrer en communication immédiate avec les choses et avec nous-mêmes, je crois bien que l'art serait inutile, ou plutôt que nous serions tous artistes, car notre âme vibrerait alors continuellement à l'unisson de la nature. Nos yeux, aidés de notre mémoire, découperaient dans l'espace et fixeraient dans le temps des tableaux inimitables. Notre regard saisirait au passage, sculptés dans le marbre vivant du corps humain, des fragments de statue aussi beaux que ceux de la statuaire antique. Nous entendrions chanter au fond de nos âmes, comme une musique quelquefois gaie, plus souvent plaintive, toujours originale, la mélodie ininterrompue de notre vie intérieure. Tout cela est autour de nous, tout cela est en nous, et pourtant rien de tout cela n'est perçu par nous distinctement. Entre la nature et nous, que dis-je ? entre nous et notre propre conscience, un voile s'interpose, voile épais pour le commun des hommes, voile léger, presque transparent, pour l'artiste et le poète. Quelle fée a tissé ce voile ? Fut-ce par malice ou par amitié ? Il fallait vivre, et la vie exige que nous appréhendions les choses dans le rapport qu'elles ont à nos besoins. Vivre consiste à agir. Vivre, c'est n'accepter des objets que l'impression utile pour y répondre par des réactions appropriées : les autres impressions doivent s'obscurcir ou ne nous arriver que confusément. Je regarde et je crois voir, j'écoute et je crois entendre, je m'étudie et je crois lire dans le fond de mon coeur. Mais ce que je vois et ce que j'entends du monde extérieur, c'est simplement ce que mes sens en extraient pour éclairer ma conduite ; ce que je connais de moi-même, c'est ce qui affleure à la surface, ce qui prend part à l'action. Mes sens et ma conscience ne me livrent donc de la réalité qu'une simplification pratique.
concevoir rapport entre Bergson

 Ce texte de Bergson nous interroge directement sur l’art en nous proposant une définition de ce qu’il est ou plus exactement de la manière dont il est une appréhension du monde, une perception. Or la thèse de Bergson dans l’ensemble de ce texte de La Pensée et le Mouvant est que l’art est une manière de voir de réel ; de le voir directement, ou presque sans le voile de l’intelligence pratique. L’artiste est alors cet être à part, unique, qui voit autrement que les autres, qui n’est pas soumis à la nécessité pratique. Si nous ne sommes pas tous artistes c’est que notre perception est diriger vers ce qui nous intéresse en premier lieu, c’est-à-dire ce qui peut nous être utile pleinement. C’est notre rapport au monde qui crée l’artiste. Il est celui qui ne voit pas avec le yeux de l’intelligence pratique. Il ne cherche pas à se servir du monde mais simplement à le saisir. L’art vise à nous montrer, dans la nature et dans l’esprit, des choses qui ne frapperaient pas directement nos sens et notre conscience. Le poète est comme le révélateur d’une image photographique : il exprime des sentiments que nous avons sans nécessairement en avoir conscience. Ils perçoivent pour percevoir et non plus seulement pour agir. Ainsi, l’extrait s’articule logiquement en trois moments : le décalage entre la perception et le réel (1er partie : du début du texte à « pourtant rien de tout cela n'est perçu par nous distinctement »), l’émergence de la figure du poète (2nd partie : de « Entre la nature et nous » et « les choses dans le rapport qu'elles ont à nos besoins »), enfin l’aliénation de la perception à l’action (3ème partie : de « Vivre consiste à agir » à la fin du texte). C’est suivant ces trois moments que nous entendons rendre compte du texte.

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