FREUD

EXEMPLES DE RECHERCHE


POUR LE SUJET: L'homme est-il réellement libre ?
TAPEZ LES MOTS-CLES: homme libre

POUR LE SUJET: En quel sens la société libère-t-elle l'homme de la nature ?
TAPEZ LES MOTS-CLES: homme nature ou homme nature société
»Créer un compte Devoir-de-philo
»
»125895 inscrits
<< FREUD FREUD: "Tout ce qui est conscient est psychiq ... >>
Partager

Sujet : FREUD

FREUD

 FREUD  FREUD L'homme n'est point cet être débonnaire, au coeur assoiffé d'amour, dont on dit qu'il se défend quand on l'attaque, mais un être, au contraire, qui doit porter au compte de ses données instinctives une bonne somme d'agressivité. Pour lui, par conséquent, le prochain n'est pas seulement un auxiliaire et un objet sexuel possibles, mais aussi un objet de tentation. L'homme est, en effet, tenté de satisfaire son besoin d'agression aux dépens de son prochain, d'exploiter son travail sans dédommagements, de l'utiliser sexuellement sans son contentement, de s'approprier ses biens, de l'humilier, de lui infliger des souffrances, de le martyriser et de le tuer. Homo homini lupus : qui aurait le courage, en face de tous les enseignements de la vie et de l'histoire, de s'inscrire en faux contre cet adage? En règle générale, cette agressivité cruelle ou bien attend une provocation, ou bien se met au service de quelque dessein dont le but serait tout aussi accessible par des moyens plus doux. Dans certaines circonstances favorables, en revanche, quand par exemple les forces morales qui s'opposaient à ses manifestations et jusque-là les inhibaient, ont été mises hors d'action, l'agressivité se manifeste aussi de façon spontanée, démasque sous l'homme la bête sauvage qui perd alors tout égard pour sa propre espèce. Quiconque évoquera dans sa mémoire les horreurs des grandes migrations des peuples, ou de l'invasion des Huns; celles commises par les fameux Mongols de Gengis Khan ou de Tamerlan, ou celles que déclencha la prise de Jérusalem par les pieux Croisés, sans oublier enfin celles dé la dernière guerre mondiale, devra s'incliner devant notre conception et en reconnaître le bien-fondé. Cette tendance à l'agression, que nous pouvons déceler en nous-mêmes et dont nous supposons à bon droit l'existence chez autrui, constitue le facteur principal de perturbation dans nos rapports avec notre prochain; c'est elle qui impose à la civilisation tant d'efforts. Par suite de cette hostilité primaire qui dresse les hommes les uns contre les autres, la société civilisée est constamment menacée de ruine. L'intérêt du travail solidaire ne suffirait pas à la maintenir : les passions instinctives sont plus fortes que les intérêts rationnels. La civilisation doit tout mettre en oeuvre pour limiter l'agressivité humaine et pour en réduire les manifestations à l'aide de réactions psychiques d'ordre éthique. De là cette mobilisation de méthodes incitant les hommes à des identifications et à des relations d'amour inhibées quant au but; de là cette restriction de la vie sexuelle; de là aussi cet idéal imposé d'aimer son prochain comme soi-même, idéal dont la justification véritable est précisément que rien n'est plus contraire à la nature humaine primitive. Tous les efforts fournis en son nom par la civilisation n'ont guère abouti jusqu'à présent. Elle croit pouvoir prévenir les excès les plus grossiers de la force brutale en se réservant le droit d'en user elle-même envers les criminels, mais la loi ne peut atteindre les manifestations plus prudentes et plus subtiles de l'agressivité humaine. Chacun de nous en arrive à ne plus voir que des illusions dans les espérances mises pendant sa jeunesse en ses semblables, et comme telles à les abandonner; chacun de nous peut éprouver combien la malveillance de son prochain lui rend la vie pénible et douloureuse. Mais il serait injuste de reprocher à la civilisation de vouloir exclure de l'activité humaine la lutte et la concurrence. Sans doute sont-elles indispensables, mais rivalité n'est pas nécessairement hostilité, c'est simplement abuser de la première que d'en prendre prétexte pour justifier la seconde. FREUD
   FREUD

QUESTIONNEMENT INDICATIF


 
• Quelle est l'importance des mots « instinctives »,  « primaires » dans la détermination de la thèse de Freud ?
 • Les faits rapportés par Freud dans le premier paragraphe prouvent-ils en toute rigueur sa thèse ?
 Comment d'autres penseurs en rendent-ils compte ?
 • En quoi peut-on soutenir que « l'intérêt du travail solidaire » participe au maintien de la société civilisée ? En quoi Freud peut-il soutenir que c'est un « intérêt rationnel » ?
 • Comment comprenez-vous « réactions psychiques d'ordre éthique » ?
 • Que signifie ici « inhibé », « identification » ; en quoi cela peut-il « limiter l'agressivité humaine », « en réduire les manifestations » ?
 • De quoi Freud veut-il rendre compte dans ce texte ? Quelles sont les implications « morales » et philosophiques de sa
 thèse ? Que pensez-vous de sa thèse et de son argumentation ?

• Définitions

Agressivité : « Tendance ou ensemble de tendances qui s'actualisent dans des conduites réelles ou fantasmatiques, celles-ci visant à nuire à autrui, le détruire, le contraindre, l'humilier, etc. » (Laplanche-Pontalis). Identification : « Processus psychologique par lequel un sujet assimile un aspect, une propriété, un attribut de l'autre et se transforme, totalement ou partiellement, sur le modèle de celui-ci » (id.).
Inhibé quant au but : « Qualifie une pulsion qui, sous l'effet d'obstacles externes ou internes, n'atteint pas son mode direct de satisfaction (ou but) et trouve une satisfaction atténuée dans des activités ou des relations qui peuvent être considérées comme des approximations plus ou moins lointaines du but premier » (id.).

• Cette hostilité primaire : La pulsion d'agression recouvre les pulsions de mort en tant que tournées vers l'extérieur. Or les pulsions de mort, avec les pulsions de vie auxquelles elles s'opposent, constituent une catégorie fondamentale, primordiale, de la vie psychique.

• La civilisation... éthique : C'est par l'appel à la morale (religieuse ou laïque) et aux interdits qu'elle impose que la société tente de refouler l'agressivité, de la canaliser (par ex. dans la compétition) ou de la détourner (par ex. dans la guerre ou le sacrifice).

• Restriction de la vie sexuelle : Selon Freud, « une partie de la pulsion de mort est mise directement au service de la pulsion sexuelle où son rôle est important ». C'est la raison pour laquelle les pulsions sexuelles ont tendance à être impérieuses et agressives.

Corrigé directement accessible

Le corrigé du sujet "FREUD" a obtenu la note de :
aucune note

Corrigé consulté par :
  • marine636302 le 31/12/2010 à 31H11
  • Maxyne17379 le 15/03/2009 à 15H02
  • Mehdi10622 le 05/11/2008 à 05H16
  • FREUD

     Maths
     Philosophie
     Littérature
     QCM de culture générale
     Histoire
     Géographie
     Droit