John Stuart Mill, La nature

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Sujet : John Stuart Mill, La nature

Stuart John Mill John Si le cours naturel des choses était parfaitement bon et satisfaisant, toute action serait une ingérence inutile qui, ne pouvant améliorer les choses, ne pourrait que les rendre pires. Ou, si tant est qu'une action puisse être justifiée, ce serait uniquement quand elle obéit directement aux instincts, puisqu'on pourrait éventuellement considérer qu'ils font partie de l'ordre spontané de la nature ; mais tout ce qu'on ferait de façon préméditée et intentionnelle serait une violation de cet ordre parfait. Si l'artificiel ne vaut pas mieux que le naturel, à quoi servent les arts de la vie ? Bêcher, labourer, bâtir, porter des vêtements sont des infractions directes au commandement de suivre la nature. [...] Tout le monde déclare approuver et admirer nombre de grandes victoires de l'art sur la nature : joindre par des ponts des rives que la nature avait séparées, assécher des marais naturels, creuser des puits, amener à la lumière du jour ce que la nature avait enfoui à des profondeurs immenses dans la terre, détourner sa foudre par des paratonnerres, ses inondations par des digues, son océan par des jetées. Mais louer ces exploits et d'autres similaires, c'est admettre qu'il faut soumettre les voies de la nature et non pas leur obéir ; c'est reconnaître que les puissances de la nature sont souvent en position d'ennemi face à l'homme, qui doit user de force et d'ingéniosité afin de lui arracher pour son propre usage le peu dont il est capable, et c'est avouer que l'homme mérite d'être applaudi quand ce peu qu'il obtient dépasse ce qu'on pouvait espérer de sa faiblesse physique comparée à ces forces gigantesques. Tout éloge de la civilisation, de l'art ou de l'invention revient à critiquer la nature, à admettre qu'elle comporte des imperfections, et que la tâche et le mérite de l'homme sont de chercher en permanence à les corriger ou les atténuer. John Stuart Mill, La nature
nature   John

La Nature est un texte de philosophie morale, c’est-à-dire qui cherche selon quels principes orienter la conduite humaine. Mill s’y applique en particulier a rejeter un principe communément admis par la tradition philosophique comme par le sens commun: nous devrions « suivre le cours de la nature ». Pour bien agir, nous devrions respecter l’ordre spontané de la nature, érigé par là même au rang d’organisation parfaite. Or Mill constate que notre attitude est souvent plus paradoxale. En effet, à la fois nous accordons de la valeur au cours naturel des choses, et nous faisons l’éloge des œuvres et des productions humaines qui viennent pourtant perturber celui-ci. Comment comprendre cette contradiction manifeste? La thèse de Mill dans cet extrait est que le cours de la nature ne peut être ériger en norme de ce qui est  « parfaitement bon et satisfaisant ».

Pour la démontrer, il utilise un raisonnement à contrario. Il s’agit de poser l’hypothèse inverse de celle que nous voulons soutenir, et à en déduire des conséquences contradictoires. Nous montrons ainsi que cette hypothèse est manifestement erronée, et donc que c’est celle que nous voulions soutenir est qui est juste.

- Dans une première partie (de « Si le cours naturel » à « suivre la nature »), Mill opère le premier temps du raisonnement a contrario. Il pose l’hypothèse qu’il souhaite rejeter, à savoir que « le cours naturel des choses est parfaitement bon et satisfaisant », et en déduit la conséquence qui s’impose: les arts humains n’ont aucune valeur.

- Dans une seconde partie (de « Tout le monde déclare » à « son océan par des jetées »), il montre maintenant que cette conséquence est fausse. Pour cela il fait appel au sens commun: tout le monde accorde de la valeurs aux arts humains.

- La troisième partie (de « Mais louer ces exploits » à « les corriger ou les atténuer ») conclue la démonstration en posant la thèse de Mill: C’est donc que le cours naturel des choses ne peut être érigé comme norme du bon et du satisfaisant.

 

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  • Lalea17 le 10/01/2013 à 10H08
  • littleflower-178963 le 23/09/2012 à 23H16
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