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Sujet : KANT

KANT

 KANT  KANT Quand la question est de savoir si une chose est belle, ce que l'on veut savoir, ce n'est pas si l'existence de cette chose a ou pourrait avoir quelque importance pour nous-même ou pour quiconque, mais comment nous en jugeons quand nous nous contentons de la considérer (dans l'intuition ou dans la réflexion). Si quelqu'un me demande si je trouve beau le palais que j'ai devant les yeux, je peux toujours répondre que je n'aime pas ce genre de choses qui ne sont faites que pour les badauds ; ou bien comme ce sachem iroquois, qui n'appréciait rien à Paris autant que les rôtisseries ; je peux aussi, dans le plus pur style de Rousseau, récriminer contre la vanité des Grands, qui font servir la sueur du peuple à des choses si superflues ; je puis enfin me persuader bien aisément que si je me trouvais dans une île déserte, sans espoir de revenir jamais parmi les hommes, et si j'avais le pouvoir de faire apparaître par magie, par le simple fait de ma volonté, un édifice si somptueux, je ne prendrais même pas cette peine dès lors que je disposerais déjà d'une cabane qui serait assez confortable pour moi. On peut m'accorder tout cela et y souscrire, mais là n'est pas le problème. En posant la dite question, on veut simplement savoir si cette pure et simple représentation de l'objet s'accompagne en moi de satisfaction, quelle que puisse être mon indifférence cocnernant l'existence de l'objet de cette représentation. On voit aisément que c'est ce que je fais de cette représentation en moi-même, et non pas ce en quoi je dépends de l'existence de l'objet, qui importe pour que je puisse dire qu'un tel objet est beau et pour faire la preuve que j'ai du goût. Chacun devra admettre que le jugement sur la beauté au sein duquel il se mêle le moindre intérêt est tout à fait de parti pris et ne constitue nullement un jugement de goût qui soit pur. Il ne faut pas se soucier le moins du monde de l'existence de la chose mais y être totalement indifférent, pour jouer le rôle de juge en matière de goût. (...)                           Définition du beau : Le goût est la faculté de juger ou d'apprécier un objet ou un mode de représentation par une satisfaction ou un déplaisir, indépendamment de tout intérêt. On appelle beau l'objet d'une telle représentation.KANT
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-          Le beau, dans un premier temps doit être distinguer de l’utile : est utile tout ce qui satisfait directement ou indirectement d’un besoin, mais ce terme s’applique tout particulièrement aux moyens indirects de cette satisfaction : les outils, les machines, les gestes des différents métiers, les échanges ou l’argent. Or la chose belle ne satisfait pas plus directement un appétit de consommation, mais elle ne contribue pas non plus à produire des moyens de satisfaire cet appétit. Devant une belle œuvre on ne demande pas à quoi « ça sert ? ».

-          Mais tout comme la beauté ne peut pas légitimement identifier à l’utilité, elle ne peut pas non plus, en toute rigueur, être identifier à l’agréable. Et c’est précisément l’enjeu de l’extrait qui nous occupe que de montrer que le jugement de goût propre à juger la beauté est à la fois pur de tout intérêt et libérer de toute notion d’agrément au sens de ce qui plait.

 

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