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Sujet : PASCAL, Pensées, Brunschvicg, fragment 139 / Laf., 269, 1670

Pensées PASCAL Brunschvicg PASCAL Pascal : Pensées — Quand je m'y suis mis quelquefois, à considérer les diverses agitations des hommes, et les périls et les peines où ils s'exposent, dans la cour, dans la guerre, d'où naissent tant de querelles, de passions, d'entreprises hardies et souvent mauvaises, etc., j'ai découvert que tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre. Un homme qui a assez de bien pour vivre, s'il savait demeurer chez soi avec plaisir, n'en sortirait pas pour aller sur la mer ou au siège d'une place. On n'achètera une charge à l'armée si cher, que parce qu'on trouverait insupportable de ne bouger de la ville ; et on ne recherche les conversations et les divertissements des jeux que parce qu'on ne peut demeurer chez soir avec plaisir. Mais quand j'ai pensé de plus près, et qu'après avoir trouvé la cause de tous nos malheurs, j'ai voulu en découvrir la raison, j'ai trouvé qu'il y en a une bien effective, qui consiste dans le malheur naturel de notre condition faible et mortelle, et si misérable, que rien ne peut nous consoler, lorsque nous y pensons de près. Quelque condition qu'on se figure, si l'on assemble tous les biens qui peuvent nous appartenir, la royauté est le plus beau poste du monde, et cependant qu'on s'en imagine, accompagné de toutes les satisfactions qui peuvent le toucher. S'il est sans divertissement, et qu'on le laisse considérer et faire réflexion sur ce qu'il est, cette félicité languissante ne le soutiendra point, il tombera par nécessité dans les vues qui le menacent, des révoltes qui peuvent arriver, et enfin de la mort et des maladies qui sont inévitables ; de sorte que, s'il est sans ce qu'on appelle divertissement, le voilà malheureux, et plus malheureux que le moindre de ses sujets, qui joue et se divertit. De là vient que le jeu et la conversation des femmes, la guerre, les grands emplois sont si recherchés. Ce n'est pas qu'il y ait en effet du bonheur, ni qu'on s'imagine que la vraie béatitude soit d'avoir l'argent qu'on peut gagner au jeu, ou dans le lièvre qu'on court : on n'en voudrait pas s'il était offert. Ce n'est pas cet usage mol et paisible, et qui nous laisse penser à notre malheureuse condition, qu'on recherche, ni les dangers de la guerre, ni la peine des emplois, mais c'est le tracas qui nous détourne d'y penser et nous divertit. Voilà tout ce que les hommes ont pu inventer pour se rendre heureux. Et ceux qui font sur cela les philosophes, et qui croient que le monde est bien peu raisonnable de passer tout le jour à courir après un lièvre qu'ils ne voudraient pas avoir acheté, ne connaissent guère notre nature. Ce lièvre ne nous garantirait pas de la vue de la mort et des misères, mais la chasse — qui nous en détourne — nous en garantit. PASCAL, Pensées, Brunschvicg, fragment 139 / Laf., 269, 1670
fragment Laf. 1670 PASCAL

Parmi les puissances trompeuses qui sont les marques de la misère de l'homme, le « divertissement » occupe une place particulière en ce sens qu'il apparaît à première vue comme une condition nécessaire au bonheur : « Sans divertissement, il n'y a point de joie, avec le divertissement, il n'y a point de tristesse » (p. 1143). C'est, dit ailleurs Pascal que le divertissement se présente comme le seul remède à l'ennui qui s'empare de l'homme dès qu'il se trouve seul face à lui-même : « ôtez-leur [aux hommes] le divertissement, vous les verrez se sécher d'ennui » (p. 1146).
 L'ennui, tel semble bien être le mot fondamental du texte qui nous occupe, encore qu'il n'y soit nulle part prononcé. A vrai dire, ce texte ne constitue que le début, agrémenté d'ailleurs de quelques coupures malencontreuses, d'un fragment assez développé des Pensées, celui au long duquel Pascal explicite sa conception du divertissement comme remède apparent à l'ennui, celui aussi où il met à jour la cause profonde de l'ennui lui-même, la « raison... de tous nos malheurs..., qui consiste dans le malheur naturel de notre condition faible et mortelle ».

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