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Sujet : PLATON, Phédon: les amis du savoir

Phédon PLATON amis PLATON Les amis du savoir (...) savent que, quand la philosophie a pris en main leur âme, celle-ci était véritablement enchaînée et soudée à leur corps, et forcée de voir les réalités au travers du corps comme au travers des barreaux d'un cachot, au lieu de le faire seule et par elle-même, et qu'elle se vautrait dans une ignorance absolue. Et ce qu'il y a de terrible dans cet emprisonnement, la philosophie l'a fort bien vu, c'est qu'il est l'oeuvre du désir, en sorte que c'est le prisonnier lui-même qui contribue le plus à serrer ses liens. Les amis du savoir, dis-je, savent que la philosophie qui a pris leur âme en cet état, l'encourage doucement, s'efforce de la délivrer, en lui montrant que, dans l'étude des réalités, le témoignage des yeux est plein d'illusions, plein d'illusions aussi celui des oreilles et des autres sens, en l'engageant a se séparer d'eux, tant qu'elle n'est pas forcée d'en faire usage, en l'exhortant a se recueillir et à se concentrer en elle-même et à ne se fier qu'à elle-même et à ce qu'elle a conçu elle-même de chaque réalité en soi, et à croire qu'il n'y a rien de vrai dans ce qu'elle voit par d'autres moyens et qui varie suivant les conditions diverses où il se trouve, puisque les choses de ce genre sont sensibles et visibles, tandis que ce qu'elle voit par elle-même est intelligible et invisible. En conséquence, persuadée qu'il ne faut pas s'opposer à cette délivrance, l'âme du vrai philosophe se tient à l'écart des plaisirs, des passions, des chagrins, des craintes, autant qu'il lui est possible. Elle se rend compte en effet que, quand on est violemment agité par le plaisir, le chagrin, la crainte ou la passion, le mal qu'on en éprouve n'est pas tant celui auquel on pense (comme la maladie ou les dépenses qu'entraîne la passion), mais que c'est le plus grand et le dernier des maux et qu'on n'y prête pas attention. Quel mal ? Chaque plaisir et chaque peine a pour ainsi dire un clou avec lequel il attache l'âme et la rive au corps, la rend semblable à lui et lui fait croire que ce que dit le corps est vrai. -- PLATON, Phédon.
savoir   PLATON

§  Ce texte est extrait du Phédon de Platon, texte qui prend la forme du récit de la mort de Socrate et de ses dernières réflexions. Le dialogue prend alors l’âme ainsi que sa destinée comme sujet principal, la fin visée pas Socrate étant alors de montrer que le philosophe ne doit pas avoir peur de la mort, dans la mesure où l’âme est immortelle et ne périt pas en même temps que le corps.

§  C’est bien la nature et la définition de l’âme, en comparaison avec le corps, qui sont en question dans ce texte, Platon visant à montrer en quoi l’âme et le corps sont hétérogènes et en quoi la philosophie est cette discipline privilégiée qui doit d’une part montrer que l’âme survit au corps et est la source de la connaissance et d’autre part, en quoi elle vit sa séparation avec le corps comme une délivrance, le philosophe étant celui qui peut permettre la préparation à cette séparation.

§  Le texte présente alors le corps comme un cachot dans lequel l’âme serait emprisonnée et dont la sortie serait une véritable délivrance pour la connaissance de l’âme. C’est le fameux thème platonicien du soma sema qui est en jeu ici, c’est-à-dire du corps (soma) comme prison (sema) où l’âme est enfermée.

§  Ce texte définit et décrit alors tous les attributs corporels, tels que les sens, les passions comme des sources d’illusion potentiels pour l’âme, dans la mesure om la seule vérité est intelligible, là où le corps se meut dans le sensible. L’âme appartient à la véritable réalité, réalité intelligible, là où le corps appartient au sensible, se livrant à une connaissance seulement approximative. L’âme étant le véritable principe de connaissance est étant de fait liée essentiellement à la réalité intelligible, il apparaît alors que seule la délivrance de l’âme eu égard au corps peut permettre à l’âme d’accéder à l’intelligible et à la véritable connaissance.

§  La philosophie est alors la seule discipline capable d’ouvrir la voie à la libération de l’âme pour qu’elle rejoigne l’intelligible. C’est pourquoi le philosophe ne doit pas craindre la mort, celle-ci étant le moment où l’âme quitte le corps qui est son cachot pour rejoindre la véritable réalité, réalité intelligible.

§  Comment Platon parvient-il dans ce texte à faire du corps le lieu d’un emprisonnement de l’âme, faisant de tous les attributs corporels des sources d’erreur et d’illusion et ouvrant la voie à l’idée selon laquelle seule l’âme détachée du corps peut parvenir à une véritable connaissance des réalités intelligibles ?

 

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