Spinoza: Religion, culte et superstition

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Sujet : Spinoza: Religion, culte et superstition

Spinoza: Religion, culte et superstition

Religion Spinoza culte Spinoza «Les préjugés dont je veux parler ici dépendent tous de cet unique point, que les hommes supposent communément que tous les êtres de la nature agissent comme eux pour une fin ; bien plus, ils tiennent pour certain que Dieu même conduit toutes choses vers une certaine fin déterminée. Dieu, disent-ils, a tout fait pour l'homme, et il a fait l'homme pour en être adoré. Il me suffit pour le moment de poser ce principe dont tout le monde doit convenir, savoir que tous les hommes naissent dans l'ignorance des causes, et qu'un appétit universel dont ils ont conscience les porte à rechercher ce qui leur est utile. Une première conséquence de ce principe, c'est que les hommes croient être libres, par la raison qu'ils ont conscience de leurs volitions et de leurs désirs, et ne pensent nullement aux causes qui les disposent à désirer et à vouloir. Il en résulte, en second lieu, que les hommes agissent toujours en vue d'une fin, savoir, leur utilité propre, objet naturel de leur désir ; et de là vient que pour toute les actions possibles ils ne demandent jamais à en connaître que les causes finales, et dès qu'ils les connaissent, ils restent en repos, n'ayant plus dans l'esprit aucun motif d'incertitude ; que s'il arrive qu'ils ne puissent acquérir cette connaissance à l'aide d'autrui, il ne leur reste plus d'autre ressource que de revenir sur eux-mêmes, et de réfléchir aux objets dont la poursuite les détermine d'ordinaire à des actions semblables ; et de cette façon il est nécessaire qu'ils jugent du caractère des autres par leur propre caractère. Or, les hommes venant à rencontrer hors d'eux et en eux-mêmes un grand nombre de moyens qui leur sont d'un grand secours pour se procurer les choses utiles, par exemple les yeux pour voir, les dents pour mâcher, les végétaux et les animaux pour se nourrir, le soleil pour s'éclairer, la mer pour nourrir les poissons, etc., ils ne considèrent plus tous les êtres de la nature que comme des moyens à leur usage ; et sachant bien d'ailleurs qu'ils ont rencontré, mais non préparé ces moyens, c'est pour eux une raison de croire qu'il existe un autre être qui les a disposés en leur faveur […] d'où ils ont été amenés à croire que si les dieux règlent tout pour l'usage des hommes, c'est afin de se les attacher et d'en recevoir les plus grands honneurs ; et chacun dès lors a inventé, suivant son caractère, des moyens divers d'honorer Dieu, afin d'obtenir que Dieu l'aimât d'un amour de prédilection, et fît servir la nature entière à la satisfaction de ses aveugles désirs et de sa cupidité insatiable. Mais tous ces efforts pour montrer que la nature ne fait rien en vain, c'est-à-dire rien d'inutile aux hommes, n'ont abouti qu'à un résultat, c'est de montrer que la nature et les dieux et les hommes sont privés de raison. Et voyez, je vous prie, où les choses en sont venues! Au milieu de ce grand nombre d'objets utiles que nous fournit la nature, les hommes ont dû rencontrer aussi un assez bon nombre de choses nuisibles, comme les tempêtes, les tremblements de terre, les maladies, etc. Comment les expliquer ? Ils ont pensé que c'étaient là des effets de la colère des dieux, provoquée par les injustices des hommes ou par leur négligence à remplir les devoirs du culte. C'est en vain que l'expérience protestait chaque jour, en leur montrant, par une infinité d'exemples, que les dévots et les impies ont également en partage les bienfaits de la nature et ses rigueurs, rien n'a pu arracher de leurs âmes ce préjugé invétéré. Il leur a été en effet plus facile de mettre tout cela au rang des choses inconnues dont les hommes ignorent la fin et de rester ainsi dans leur état actuel et inné d'ignorance, que de briser tout ce tissu de croyances et de s'en composer un autre.» Spinoza, Éthique, Appendice de la partie I.
superstition   Spinoza
  • Introduction


Par définition, admettre la finalité c’est d’une part admettre que rien dans la nature n’arrive par hasard, sans but, et d’autre part que les évènements sont le résultat de la volonté divine. Dans ce texte Spinoza s’attaque au fondement de la pensée aristotélicienne, à l’idée que « la nature ne fait rien en vain », qui développée par la pensée scolastique, implique qu’elle ait pour fonction d’être utile à l’homme, que celui-ci soit au centre du monde, et que Dieu utilise la nature comme un instrument pour le satisfaire. Spinoza va dans un 1er temps montrer d’où provient cette idée, et dans un 2nd temps pourquoi cette idée est fausse.

  • Mouvement du texte

Dans le 1er §, Spinoza pose sa thèse, à savoir que l’idée de finalité provient du fait que les hommes ignorant la véritable cause de leurs actions, imaginent que c’est leur volonté qui agit, et limitent leur compréhension d’une action à l’utilité qu’elle vise. Se considérant comme des êtres libres, ils estiment avoir compris lorsque l’utile leur est connu. De plus, comme souvent ils ne parviennent pas à trouver en autrui les raisons de leurs actions, ils ont coutume de calquer à partir d’eux les motifs des actions des autres. Agissant toujours en vue d’une fin « ils ne considèrent plus tous les êtres de la nature que comme des moyens à leur usage ».

 

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  • Wendy40646 le 08/12/2009 à 08H16
  • khadir41001 le 19/10/2009 à 19H14
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