Recherche précise d'un corrigé de dissertation

Problématiques de sujets de dissertation.


Anthropologie:

Suis-je dans mon corps "comme un pilote dans son navire" ?

Alors que le capitaine d'un navire le commande sans lui être physiquement lié, mon esprit dépend de mon corps, même s'il prétend s'en servir comme un instrument. Dois-je dire que j'ai un corps ou que je suis mon corps? L'homme est-il d'abord chair ou esprit?
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L'homme est-il chez lui dans l'univers ?

Etre chez soi, c'est habiter un lieu qu'on connaît bien, que l'on a façonné selon ses goûts. Or, l'homme ne connaît presque rien de l'univers, il ne comprend même pas vraiment le mystère métaphysique de sa propre nature. Mais, il peut décider de faire sien le territoire qu'il occupe, en en respectant les règles.
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La prise en compte des différences culturelles vous paraît-elle remettre en question l'existence de valeurs universelles ?

Peut-on, et de quel droit, passer par-dessus l'appartenance culturelle, et la différence des normes en vigueur dans chaque culture, pour établir des valeurs valables universellement pour tout individu? D'où sortiraient-elles, sinon encore d'une culture particulière? N'y a-t-il pas là une contradiction insurmontable? L'ethnologie a d'autre part remis en cause l'idée qu'une civilisation puisse avoir plus de valeur qu'une autre, et prône le relativisme culturel. Que toutes les cultures s'équivalent, c'est une chose. C'est un autre point qui est ici en question: la diversité des cultures rend-elle impossible l'existence de valeurs supérieures, susceptibles d'une application universelle? Les valeurs sont-elles forcément propres à une société et à une culture, ou peuvent-elles être transcendantes, c'est-à-dire tirer leur valeur d'une source indépendante des morales particulières? Les valeurs n'expriment-elles que les normes en vigueur dans un groupe, relatives à lui?
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Art:

En quoi l'oeuvre d'art peut-elle être un objet d'échange ?

La valeur marchande et la valeur esthétique d'une oeuvre d'art sont-elles comparables? On prétend parfois fonder la première sur la seconde, mais il arrive aussi que la valeur esthétique soit artificiellement promue en fonction du marché.
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Comment définir un art populaire?

Une forme esthétique peut être largement appréciée, sans pouvoir être qualifiée de "populaire" ou démagogique. Un art populaire est un art qui s'adresse explicitement au peuple, voire au prolétariat. Or, une oeuvre d'art exprime une nécessité interne de l'artiste, et ne vise pas d'abord un public.
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"Des goûts et des couleurs, on ne discute pas".

Les goûts sont-ils d'une nature telle qu'aucune discussion sur eux n'est possible?

Que veut-on dire par "on ne discute pas"? Veut-on simplement dire qu'on ne peut pas en parler? C'est là s'en tenir à l'aspect extérieur de la discussion. Et de toute évidence, cette interprétation est démentie par l'expérience. Veut-on dire plus profondément que les goûts ne peuvent pas être l'enjeu d'une discussion rationnelle, et, partant, qu'on ne peut pas se mettre d'accord sur eux? Cette seconde piste est plus féconde. Elle entraîne la réflexion sur le terrain des questions suivantes: les goûts sont-ils intrinsèquement indiscutables? En va-t-il de ce que nous jugeons beau comme de ce qui nous plaît simplement?
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"L'art ne reproduit pas le visible. Il rend visible". Que pensez-vous de cette phrase de Paul Klee?

Il y a une problématique proprement philosophique, qui consiste à se demander si l'art a affaire à la spiritualité, au monde intérieur de l'esprit, ou seulement au monde sensible.
La seconde problématique est interne aux débats qui ont agité les milieux artistiques. L'art doit-il tendre à l'imitation aussi parfaite que possible des choses vues? A-t-il, au contraire pour tâche de transfigurer la réalité, de l'embellir, de la styliser? Doit-on seulement considérer la peinture, et l'art en général, comme ayant affaire à la réalité?
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Autrui:

Faut-il être seul pour être soi-même?

On ne se développe qu'au contact des autres, qui pourtant nous aliènent. L'édification d'une personnalité libre est donc impossible dans la soumission aux autres comme dans la solitude absolue.
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Faut-il vivre pour autrui?

Vivre pour autrui, c'est ne pas vivre pour soi. Or, il y a une différence entre générosité, altruisme et abnégation, qui évoque la sainteté ou au contraire la névrose. A la charité, on opposera la générosité de ceux qui partagent, et qui vivent avec les autres une expérience commune de fraternité.
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Faut-il craindre le regard des autres?

Ce sujet concentre en lui toute la problématique du difficile rapport du "moi" aux autres. Que sont les autres pour moi? A quel titre existent-ils pour moi, et à quel titre existé-je pour eux?
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Bonheur:

Le bonheur est-il la fin de toute action humaine?

Tous les hommes désirent le bonheur, mais ils n'agissent pas tous dans le but explicite d'y parvenir. Certains le considèrent même comme une illusion. Il est vrai que la tache est difficile, car il faut commencer par philosopher sur la vraie nature de la béatitude humaine.
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Qu'est-ce qu'une vie heureuse?

Se poser la question suppose qu'il est possible de parler du bonheur en termes universels, alors qu'il appartient à chacun de le définir. On peut tout de même dégager des conditions générales du bonheur: une existence pleine et riche dans laquelle la négativité a pu jouer son rôle pédagogique, didactique.
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Concept:

Avoir une idée et construire un concept, est-ce la même chose?

Idée et concept sont des contenus de l'esprit. L'idée apparaît spontanément dans sa totalité, le concept est le résultat d'une élaboration progressive, qui passe par la représentation de tous ses éléments. Le concept de triangle, c'est sa définition.
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Le physicien a-t-il affaire à la réalité?

La physique est l'étude des propriétés de la matière. Or, le concept même de matière est devenu aujourd'hui problématique. Ainsi, le physicien travaille sur des modèles, des abstractions mathématiques qui n'ont de valeur que par leur conformité aux données de l'expérience.
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Conscience:

Qu'est-ce que "prendre conscience"?

Le moment de la prise de conscience est crucial, et par là révélateur de sa nature. La prise de conscience est paradoxale: comment peut-on prendre conscience de ce dont on n'est pas encore conscient? S'agit-il d'une décision consciente?
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Le moi s'identifie-t-il à la conscience?

Faut-il inclure les contenus de l'inconscient et les influences sociales dans ce qui me constitue en propre? Suis-je plus que ce que je crois être actuellement? Les états de conscience sont changeants? Est-ce un argument contre l'unité du moi?
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Culture:

La diversité des cultures est-elle incompatible avec l'unité de l'homme?

Que sommes-nous en premier lieu? Les membres d'une culture, d'une civilisation, ou bien des êtres humains? Le droit au particularisme culturel est une donnée de la condition humaine qui par là dépasse toutes les cultures particulières. Or, l'affirmation particulariste a souvent conduit à nier l'homme par la violence.
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Qu'est-ce qu'un homme civilisé?

Etre civilisé, c'était autrefois affirmer son appartenance à la civilisation par excellence, l'occidentale, par opposition aux peuplades dites primitives. Si l'ouverture a succédé au mépris, on peut plus sereinement se demander si toutes les cultures ont la même capacité de promouvoir la liberté de l'individu.
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Désir:

Le désir est-il la marque de la misère de l'homme?

Ne pas confondre la misère métaphysique de l'homme, sa finitude, avec la pauvreté matérielle. Le problème n'est pas dans le manque et la dépendance à l'égard de l'objet, mais dans l'incessante répétition du désir.
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Peut-on vouloir ce que l'on ne désire pas?

La volonté se distingue-t-elle seulement du désir par le recours à la délibération? N'y a-t-il pas un désir secret caché derrière toute décision apparemment volontaire? Il pourrait aussi y avoir inversement une complicité de la volonté à l'égard du désir.
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Peut-on distinguer de vrais et de faux besoins?

Si les besoins naturels sont dits vrais, et les besoins artificiels faux, c'est que l'on présuppose que l'homme "vrai" est l'homme naturel. Tous les artifices qu'il s'ajoute (et d'abord, les produits qu'il fabrique), et tous les besoins qu'il se crée, seraient en quelque sorte contre nature. Notre problématique consiste à interroger ce présupposé. Qui nous dit en effet que la véritable nature de l'homme n'est pas au contraire sa faculté de produire un monde d'objets pour sa consommation et son plaisir, et de créer ainsi des besoins nouveaux? Peut-on encore distinguer de vrais et de faux besoins, si l'homme se définit avant tout par son travail, et par conséquent sa capacité de transformer le monde et de transformer lui-même?
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Qu'est-ce qui caractérise au plus haut point l'homme: le désir ou la volonté?

Lequel, du désir ou de la volonté, rend mieux compte de l'homme comme être rationnel, comme être sensible, comme être capable de moralité? Quel rapport aux autres le désir et la volonté engagent-ils? Peut-on fonder sur le désir une conduite rationnelle, sans supposer forcément la faculté de vouloir? 
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Devoir:

Suffit-il de voir le meilleur pour le suivre?

On peut avoir conscience des exigences du devoir, sans être capable de l'accomplir. L'obéissance aux exigences de la raison est difficile sans le soutien du désir. Dans certaines situations extrêmes, la raison peut exiger jusqu'au sacrifice de notre vie.
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Désobéir peut-il être un devoir?

La désobéissance est une faute contre le droit. Mais lorsque la loi est injuste, et que le droit ou le pouvoir politique ne la changent pas, le citoyen peut avoir le droit moral de désobéir. Un droit positif en régime démocratique ne devrait pas provoquer de tels conflits de devoirs.
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Dogmatisme:

La philosophie peut-elle s'accorder avec la religion?

La philosophie reproche à la religion son dogmatisme, et la religion peut reprocher à la philosophie un dogmatisme inverse, par son adhésion inconditionnelle à la raison comme critère, à l'exclusion de la foi. Mais, la raison elle-même condamne tout dogmatisme.
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Qu'est-ce que le mauvais goût?

Le mauvais goût se manifeste dans les jugements esthétiques de ceux qui ne "s'y connaissent pas". Mais, s'il existe des oeuvres unanimement reconnues, l'absence de critère du beau ouvre la porte à tous les dogmatismes et à toutes les exclusions.
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Droit:

Une société sans droit est-elle concevable?

Sans le droit, les sociétés humaines régresseraient sans doute à l'état de nature, c'est-à-dire de violence et d'injustice. Le droit est donc un progrès. Mais, si tous les hommes obéissent à la raison, il n'y aurait pas besoin de droit. En attendant, on peut par contre attendre des citoyens qu'ils comprennent la nécessité de lois utiles à tous.
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Peut-on appeler à la conscience contre la loi?

Il peut y avoir conflit entre ce que peut prescrire une réflexion morale et les exigences de la loi, qui ne sont pas toujours adaptées aux cas particuliers. Cependant, le droit positif prend de plus en plus souvent en compte ces difficultés. Une objection de la conscience morale doit donc donner lieu à une modification de la loi.
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Echanges:

Tout peut-il s'acheter?

On peut acheter des marchandises ou des services. Mais, l'échange économique introduit une réciprocité matérielle qui ne prend pas en compte la valeur affective ou morale de ce qui est échangé, sont donc exclues toutes les valeurs dont l'authenticité est ailleurs: valeur esthétique, sentimentale, qui n'ont pas de prix.
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La morale a-t-elle sa place dans les rapports économiques?

La loi du marché repose sur l'offre et la demande. La morale n'y a donc pas sa place. Mais ces lois peuvent aboutir à des injustices. Une réflexion morale, relayée par le droit, doit jouer ici le rôle de garde-fou.
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L'homme est-il un loup pour l'homme?

A en juger par les cruautés, les atrocités, les guerres dont se montrent capables les hommes les uns envers les autres, individuellement ou collectivement, il semble légitime de s'interroger au moins sur le fond de la nature humaine. A-t-on plus de raisons d'être optimiste ou pessimiste? Le lien social ne fait-il que recouvrir un mauvais instinct, ou peut-il véritablement parvenir à transformer l'homme, en lui faisant prendre conscience qu'il n'y a pas de salut pour lui en dehors de la coopération avec ses semblables? Finalement, il s'agit de se demander quel est le destin de la sauvagerie dans la civilisation.
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Etat:

L'état restreint-il la liberté individuelle?

L'Etat peut tout, sinon il n'est pas l'Etat. L'Etat démocratique garantit la liberté de chacun. Mais en lui offrant la sécurité, ne le prive-t-il pas de l'exercice effectif de sa liberté? Celle-ci dépend aussi de la culture et des choix du sujet, sur lesquels l'Etat ne peut rien.
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Est-il dans la nature de l'état de limiter son pouvoir?

Un Etat qui prétend exercer une tutelle absolue sur les individus est un Etat totalitaire. L'Etat démocratique prétend au contraire garantir la liberté et donc limiter ses prétentions. Les Etats modernes prévoient des mécanismes de limitation et de contrôle, pour assurer les droits des citoyens.
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Existence:

Peut-on apprendre à vivre?

Il y a mille manières de conduire sa vie. Tandis que tout apprentissage est préalable à l'activité à laquelle il prépare, on n'attend pas de savoir pour vivre. Et quand on a appris, il peut être trop tard. La philosophie prétend pourtant être une école de sagesse, qui justement est un art de vivre.
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Expérience:

Peut-on penser contre l'expérience?

La pensée scientifique se réfère toujours à l'expérience comme critère de vérité. Pourtant, la loi de la chute des corps est contraire à l'expérience ordinaire, du fait de la résistance de l'air; elle est une abstraction. L'expérience scientifique est le résultat d'une théorie.
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Avoir de l'expérience et faire une expérience.

On a de l'expérience quand on connaît bien une réalité, alors qu'on décide de faire une expérience quand justement on ne la connaît pas. Faire une expérience, c'est, dans la vie comme pour la science, accepter une confrontation avec le réel. L'expérience est le résultat de nombreuses expériences.
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Histoire:

Est-il possible de préparer l'avenir?

Si la connaissance du passé peut aider à comprendre les événements politiques ou sociaux du présent, il est cependant difficile voire impossible de prévoir, car des circonstances imprévues peuvent modifier ce qui apparaissait être une logique de l'histoire.
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L'histoire a-t-elle un sens?

L'histoire de l'humanité se présente sous la forme d'un sombre tableau. Serait-elle abandonnée au bruit et à la fureur? Ou bien, au-delà de ces péripéties, l'humanité poursuit-elle quelque fin? En d'autres termes, l'histoire a-t-elle un sens? Cette question peut recevoir différentes réponses, selon que l'on entende par sens une simple orientation, ou plus radicalement une signification d'ensemble de l'histoire humaine que nous livrerait sa fin, à la manière de ces romans ou nouvelles à clé dont le sans est donné par la chute. De ce point de vue, elle revient à se demander: l'histoire peut-elle prétendre à une signification totale, définitive?
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Ne doit-on attendre de l'historien qu'un récit des faits tels qu'ils se sont passés?

L'histoire est-elle un récit? Est-elle le récit d'événements? L'historien décrit-il fidèlement le passé? L'historien n'aurait-il rien à dire sur notre présent et le sien? Sa connaissance du passé lui permet-elle d'éclairer l'actualité, voire le futur proche?
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Idée:

Les idées mènent-elles le monde?

Les hommes construisent leur présent en fonction de projets d'avenir. Mais, ce sont le plus souvent des intérêts matériels qui déterminent l'action. Cependant, la prise de conscience peut amener la réalisation de projets plus ambitieux ou plus généreux.
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La pensée abstraite détourne-t-elle de la réalité?

L'abstraction consiste à isoler certains éléments d'un objet pour ne retenir que l'essentiel: la forme, la matière, le contenu. En ce sens, l'anatomie procède par abstraction. Mais, c'est pour mieux comprendre ensuite les cas particuliers. Par elle, l'esprit se détourne du réel pour mieux le comprendre ensuite.
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Illusion:

Lorsque la vérité dérange, faut-il lui préférer l'illusion qui réconforte?

Ce sont surtout les vérités morales qui peuvent "déranger". La préférence n'est pas choix rationnel, mais inclination. La raison peut-elle choisir son propre aveuglement? Préférer l'illusion suppose un choix, une réflexion, au-delà de l'illusion.
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Y a-t-il une fonction de l'illusion?

L'utilité morale, esthétique, historique, voire métaphysique de l'illusion sera confrontée à l'exigence de vérité: quels sont les enjeux moraux de la connaissance? Ne se heurte-t-elle pas çà une exigence d'aveuglement, propre aux êtres vivants? Songer au caractère stimulant d'illusions provisoires, mais positives.
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Imagination:

Imaginer, est-ce nier la réalité?

L'imagination nous permet de nous représenter des images qui se substituent aux données de la perception: on ferme les yeux. Mais, la réalité ne se limite pas à ce que l'on perçoit, tandis qu'on perçoit mieux ce que l'on a pu imaginer, pour créer des réalités nouvelles.
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L'imagination est-elle le refuge de la liberté?

La capacité d'imaginer permet de se soustraire à une réalité ou de mieux la comprendre pour mieux préparer l'avenir. Mais elle peut aussi être le refuge névrotique de celui qui ne peut pas affronter une réalité qu'il ressent comme insupportable.
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Inconscient:

La libération passe-t-elle par le refus de l'inconscient?

C'est la résistance (Freud) qui pousse à refuser l'existence de l'inconscient. La libération, cessation d'une servitude, en implique au contraire la reconnaissance. Mais, l'inconscient n'est pas la seule source de toute servitude, même si elle s'enracine peut-être dans l'inconscient.
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La notion d'inconscient introduit-elle la fatalité dans la vie de l'homme?

Bien distinguer fatalité et déterminisme: la fatalité serait un déterminisme impossible à détecter et à surmonter. La question est donc de savoir si la connaissance de l'existence de l'inconscient suffit pour atteindre le contraire de la fatalité, l'autonomie et donc la liberté.
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Irrationnel:

Y a-t-il une logique de l'insensé?

La folie s'oppose à la raison par le caractère incohérent de ses délires. Pourtant, on peut y déceler une cohérence, dans la mesure où la maladie est souvent une réponse à un environnement humain hostile, comme l'ont montré les psychologues.
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Faut-il laisser une place à l'irrationnel dans la conduite de la vie?

L'existence humaine ne se réduit pas à l'exercice planifié de nos activités journalières. L'irrationnel n'est pas seulement la folie, mais aussi l'affectivité et la contemplation esthétique. A ce concept négatif et presque péjoratif, il faudrait substituer l'authenticité d'une existence pleinement vécue.
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Jugement:

Comment distinguez-vous un jugement d'un préjugé?

Un jugement est une idée toute faite. C'est le résultat d'un jugement antérieur solidifié, cristallisé. Mais, il comporte un caractère péjoratif, qui ne vaut pas pour les jugements vrais que nous ne remettons pas systématiquement en question.
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L'amour de la vérité peut-il faire obstacle au jugement?

On peut parvenir à la vérité qu'à l'aide de jugements vrais. Mais, la passion pour la connaissance, justement parce qu'elle est une passion, peut conduire à refuser d'examiner certaines hypothèses qui pourtant remettraient en question les théories auxquelles on croit. On peut alors soupçonner d'autres motivations.
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Justice:

Un acte de justice ne risque-t-il pas d'être un acte de vengeance?

La justice pénale sanctionne une faute, la vengeance consiste à faire subir à l'auteur d'un délit le sort qu'il a réservé à sa victime. On pourrait penser qu'en punissant le criminel, la société venge sa victime, alors qu'elle se borne à appliquer des procédures juridiques.
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La justice peut-elle être inégalitaire?

L'idée de justice implique une égalité de traitement entre deux personnes. Mais, s'il est juste de prendre en compte les particularités de chacun, alors un traitement inégal peut être juste. Ce sont en fait les critères de ce choix qui peuvent ou non être justes.
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Langage:

Les mots peuvent-ils rendre compte de la nature des choses?

Nous pensons à l'aide de concepts que nous exprimons par des mots. Le risque est de confondre les mots et les choses: il ne suffit pas de désigner un objet pour que notre représentation soit correcte. Il y a ici un risque d'illusion qu'une démarche méthodique doit dépasser.
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Le silence ne dit-il rien?

Le silence, c'est l'absence de parole, donc en apparence l'absence de communication. Mais, celle-ci n'est pas seulement verbale. Les mots ne valent que par le sens que leur donne une conscience humaine, qui peut alors se passer du langage pour deviner l'autre. La communication est plus que l'échange verbal.
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Liberté:

Peut-on forcer quelqu'un à être libre?

Forcer quelqu'un à faire quoi que ce soit, c'est nier sa liberté. Pourtant, on peut parfois aider une personne vers un progrès dont elle n'est pas consciente. Il s'agit alors d'une perte de liberté provisoire, qui peut cependant donner lieu à des abus, faute d'une réflexion morale sur la légitimité d'une telle action.
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La revendication de l'égalité menace-t-elle la liberté?

Le sujet doit inviter à une réflexion sur le rôle et la conception de l'Etat, sur ses finalités: la seule protection de l'indépendance privée peut-elle être la finalité suffisante de l'Etat? S'il prend l'égalité pour fin, peut-il en même temps garantir la liberté? A quelles conditions, enfin, le rapport de l'égalité et de la liberté peut-il cesser d'être un rapport antagoniste?
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Logique:

La contradiction n'est-elle que dans les idées, ou peut-elle se trouver également dans les choses?

Il peut y avoir contradiction entre deux affirmations, deux propositions alors qu'il y a incompatibilité entre deux faits, deux réalités. La raison ne peut pas admettre que deux réalités soient contradictoires, alors qu'elle peut se contredire elle-même.
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La vérité mathématique est-elle le modèle de toute vérité?

Avec les mathématiques, l'esprit n'a affaire qu'à lui-même. Mais la vérité mathématique apparaît comme un idéal dans la mesure où la pensée maîtrise totalement tous les éléments du problème traité, alors que les sciences doivent se référer à une réalité extérieure toujours problématique.
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Mémoire:

L'oubli est-il une déficience de la mémoire?

Ne plus retrouver un mot, un souvenir, est vécu comme une déficience de la mémoire, alors que c'est le signe d'une activité structurante et sélective qui opère à notre insu. Le trouble de la remémoration peut être signe de perturbations inconscientes, donc névrotiques.
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Pourquoi les hommes éprouvent-ils le besoin de commémorer leur passé?

Les "cérémonies du souvenir" sont l'hommage du présent au passé, à la mémoire de ceux qui ne sont pas morts pour rien. Par la mémoire, le passé continue à donner sens au présent. Mais, on ne commémore pas des événements dont les traces sont encore douloureuses. La commémoration est décision de la raison.
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Y a-t-il un devoir de mémoire?

La mémoire humaine est diverse, variée. de la célébration d'un événement passé de l'histoire nationale au souvenir des morts, la différence est grande. Selon la nature de ce que l'on commémore, la mémoire est plus ou moins impérative. Mais, peut-on aller jusqu'à dire que, dans certains cas, la mémoire prenne la forme d'une obligation? Y a-t-il un devoir de mémoire, comme il y a un devoir de ne pas tuer ou de ne pas voler? S'agit-il d'un devoir civique, religieux, moral? A quoi ou à qui s'adresse en priorité le devoir de mémoire?
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Métaphysique:

Faut-il vraiment renoncer à chercher l'origine et la destination de l'univers?

L'exigence métaphysique de la vie spirituelle ne peut se contenter de la modestie des prétentions de la science qui se contente de décrire des phénomènes, faute de pouvoir en expliquer les causes ultimes. L'étonnement face au mystère du monde ne peut se satisfaire de vérités partielles.
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Peut-on affirmer que le monde a un ordre?

La science décrit des phénomènes cohérents, qui semblent répondre à un ordre. Mais avant de supposer un ordre mystérieux, il faut comprendre que l'idée d'ordre n'a de sens que par rapport à son contraire, le désordre, qui ne peut lui-même être pensé que par rapport à l'idée d'ordre. Il s'agirait alors d'un problème mal posé.
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Mort:

"La mort n'est rien pour nous". Qu'en penser?

C'est l'argument dit "du sacrifice". On peut se sacrifier pour une cause juste, mais on peut se tromper sur sa légitimité. Dire que des hommes se sont sacrifiés ne prouve rien, et peut même cacher le secret sentiment de l'inutilité profonde de leur propre vie, de sorte que la "cause" n'est qu'un prétexte.
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Nature:

Tout ce qui est naturel est-il normal?

Un comportement peut être dit naturel, sans pour autant être conforme aux exigences d'une morale philosophiquement légitime. La notion même de norme est étrangère à la nature. Pour l'homme, ce qui est naturel, c'est de pouvoir ne pas accepter les déterminations naturelles.
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Y a-t-il un sens à parler de pratiques contre nature au sujet de l'homme?

L'homme est un être de culture. Dès lors, peut-on encore soutenir que la nature contient les règles auxquelles l'homme devrait obéir? Les normes auxquelles l'homme doit se soumettre, celles du bien et du mal, du convenable et de l'inconvenant, du juste et de l'injuste, sont-elles inscrites en sa nature ou non? Si ce n'est pas le cas, mais si ces normes sont culturelles, alors il n'y a pas de sens à condamner certains actes au nom de l'argument qu'ils seraient contre nature.
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Faut-il protéger ou respecter la nature?

S'agit-il simplement de contrôler notre puissance technologique et industrielle afin de limiter notre capacité de nuisance? Faut-il au contraire revoir radicalement, au plan philosophique, notre rapport à elle, et la considérer digne d'un respect que nous accordions jusque-là à la seule humanité?
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Opinion:

Qu'est-ce qu'une opinion personnelle?

Nombre de nos opinions peuvent être des préjugés que nous partageons avec d'autres. Une opinion véritablement personnelle tiendrait compte des motivations qui nous poussent à y adhérer: au-delà des incertitudes du savoir, l'opinion personnelle est la conscience d'un choix subjectif.
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Peut-on justifier une opinion?

Justifier une opinion, c'est tenter de montrer qu'elle est vraie, ou que, faute de preuve, elle est légitime. Mais, il y a un risque d'illusion dans la mesure où l'on peut adhérer à une opinion pour des motifs inconscients ou idéologiques. Une opinion vraiment justifiée deviendrait une connaissance. 
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Passions:

Mieux vaut se perdre dans la passion qu'avoir perdu toute passion.

Se perdre, c'est perdre sa souveraineté, son autonomie, sa liberté. Mais, il se peut que la passion donne sens à la liberté. Une liberté accompagnée de conscience réflexive permettrait alors d'assumer pleinement ses passions, sans s'y engloutir, à la condition de pouvoir garantir la possibilité de l'unité du moi.
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La passion est-elle une erreur?

Sans la raison, il n'y aurait pas de passion. Toute erreur est erreur de jugement, de sorte que la passion à elle seule ne peut pas se tromper. En revanche, la raison peut être influencée par la passion, qui cause l'erreur.
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Suffit-il de devenir le maître de ses pensées pour l'être de ses sentiments?

A propos des passions, une des questions classiques de la philosophie est celle de la maîtrise de soi. Si je suis entièrement maître des pensées qui viennent directement de mon âme, comme ma volonté, comment faire pour être maître de celles qui sont l'effet de l'action des choses sur moi? L'action de l'âme, c'est-à-dire essentiellement la volonté, peut-elle étendre son contrôle et son pouvoir jusqu'aux émotions et aux passions?
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Perception:

La perception est-elle déjà une science?

La perception n'est pas une science, puisqu'elle n'en comporte pas les exigences de rigueur méthodologique. Mais, paradoxalement, on pourrait voir dans la démarche scientifique ce qui se trouve déjà dans la sensation: choix de l'objet, abstraction et exclusion.
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Personne:

Suffit-il pour être soi-même, d'être différent des autres?

L'affirmation de soi passe le plus souvent par la recherche d'une identité propre, différente de celle des autres. Mais, tous en cela se ressemblent. La prise en compte de l'universalité de l'humaine condition conduit à la vraie richesse intérieure.
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Qui parle quand je dis "je"?

Parler à la première personne, c'est exprimer un contenu de conscience. Or, celle-ci n'accède pas à tous les contenus psychiques inconscients. La parole authentique est celle qui exprime la totalité d'une personnalité, à la condition d'admettre l'unité du moi.
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Politique:

Le devoir du politique est-il de donner satisfaction à l'opinion publique?

Ce sujet est à l'articulation d'une problématique philosophique et d'une problématique de science politique. Que doit être une pratique de gouvernement? Quel rapport doit-elle entretenir avec le peuple, et l'ensemble de ses aspirations ou de ses revendications? Le gouverner, est-ce le satisfaire?
Et, d'abord, y a-t-il une opinion publique? Est-il indifférent de parler du peuple, ou, comme on le fait aujourd'hui, d'opinion publique?
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Faut-il vouloir la paix à tout prix?

La volonté pacifiste se trouve aux prises avec des difficultés. faut-il au nom de la paix laisser se perpétrer des massacres? N'y a-t-il pas des cas où la guerre semble juste? On pense aux guerres de libération ou encore aux mouvements de résistance armée contre l'envahisseur.
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Philosophie:

La philosophie recherche-t-elle la vérité ou le sens?

L'ambition essentielle de la philosophie est la recherche de la vérité. Mais, les sciences contemporaines partagent ce souci. Pour la philosophie, la question est surtout de savoir quels sont les enjeux de la connaissance: est-elle le moyen de parvenir à la sagesse?
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Comment une philosophie ancienne peut-être actuelle?

La philosophie prétend exprimer une vérité intemporelle. Si les systèmes philosophiques peuvent vieillir, ils nous parlent cependant parce qu'ils traitent des questions que tous les hommes de tous les temps se posent nécessairement.
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Pour philosopher, faut-il commencer par douter de tout?

Que faut-il entendre par douter de tout? S'agit-il de tout et de n'importe quoi? Faut-il au contraire donner un sens fort à ce mot: le parti pris systématique de douter de la vérité de toutes nos connaissances, de la réalité de toute chose?
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Pouvoir:

Suffit-il de savoir pour pouvoir?

L'exercice du pouvoir suppose naturellement un savoir et un savoir-faire, en politique comme dans le domaine pratique. Cependant, l'action a souvent ses règles propres, que seul un apprentissage intuitif, par la praxis, permet de transformer en spontanéité efficace.
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Y a-t-il un plaisir à gouverner?

L'exercice du pouvoir est certainement source de plaisir. L'exemple idéal en est le tyran dont parle Platon dans le "Gorgias". Mais, l'ivresse du pouvoir est en contradiction avec les charges de l'homme politique en démocratie. Cependant, pour qu'une action soit bien menée, il faut que nous y trouvions du plaisir.
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Raison:

Peut-il y avoir un mauvais usage de la raison?

La raison à elle seule ne fournit pas tous les critères de l'action juste. Dans certaines circonstances, elle peut servir les pires actions humaines. Mais, il s'agit d'un refus d'utiliser la raison pour penser les valeurs. Et, la raison ne peut être responsable de ce refus de penser.
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Qu'est-ce qu'être raisonnable?

Etre rationnel, c'est utiliser la raison comme instrument de connaissance et d'action; être raisonnable, c'est fixer sa conduite en fonction des exigences morales de la raison. Mais, il n'est pas toujours raisonnable d'être raisonnable: l'existence ne se laisse pas toujours plier aux exigences de l'idéal moral.
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Religion:

Toute religion implique-t-elle une révélation?

La révélation est essentielle aux grandes religions monothéistes. Mais, si on considère simplement la religion comme un phénomène social ou culturel, on s'aperçoit que c'est surtout l'adhésion à des dogmes qui cimente les comportements collectifs. Les religions se méfient du mysticisme.
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Une religion sans croyance est-elle possible?

Adhérer à une religion, c'est croire à ses dogmes. Pourtant, on peut pratiquer une religion par habitude, conformisme social. Il est même des religions où la participation aux rites communs est plus importante que la sincérité de la foi? Mais, s'agit-il encore de religion?
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"Si Dieu n'existait pas, tout serait permis".

L'idée est: la morale humaine repose sur un principe transcendant et divin de justice. Sans ce principe, elle s'effondre.
La problématique: elle s'interrogera justement le présupposé contenu dans cette affirmation. Les hommes sont-ils incapables, de leur propre fait, de fonder une morale? Une morale immanente, purement humaine, est-elle possible?
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Sagesse:

Y a-t-il un temps pour philosopher?

Faut-il philosopher quand on est jeune, pour préparer sa vie, ou au soir de son existence, pour faire le bilan? La sagesse est un apprentissage et demande une capacité de détachement. Nul ne peut prétendre avoir déjà atteint la sagesse.
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L'homme peut-il se contenter de vivre en paix?

La paix de l'âme est la félicité suprême du sage. Il a renoncé aux vanités de ce monde. Mais, cet idéal n'est-il pas trop modeste? Il faut avoir beaucoup vécu pour se contenter de la paix intérieure. Celle-ci est cependant compatible avec un certain engagement dans le monde.
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Science:

Faut-il tenir les scientifiques pour responsables de l'usage que l'on fait de leurs découvertes?

A-t-on raison de distinguer les découvertes scientifiques de l'usage qu'on en fait? Ne peut-on pas au contraire penser que certains usages possibles d'une découverte sont déjà prédestinés en elle? La science est-elle passive devant les utilisations qu'on en fait? Cette problématique est celle de la neutralité de la science et de ses rapports avec la technique.
Ensuite, si responsabilité il y a, de quelle nature est-elle juridique, morale? Y a-t-il un sens à parler de responsabilité indirecte? Les scientifiques sont-ils responsables individuellement, personnellement? Ici, la problématique est celle du type de responsabilité qu'il faut imputer aux scientifiques.
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Sens:

L'inutile peut-il avoir une valeur?

L'utile est ce qui peut satisfaire des besoins. Mais l'existence ne se limite pas à des satisfactions élémentaires, le désir du superflu peut aussi lui donner de la valeur. Toutefois, le plus souvent, le désir du superflu peut être la sanction d'une servitude sauf dans le cas de l'art, la littérature ou de la philosophie.
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Faut-il donner un sens à la souffrance?

La souffrance morale comme la douleur physique sont des expériences négatives que l'action humaine s'efforce de surmonter. Mais, la souffrance n'est pas absurde: elle est révélatrice de la condition humaine, de la difficulté d'être, et peut par contraste donner tout son prix à un bonheur lucide et authentique.
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Société:

Faut-il distinguer le citoyen dans l'état et l'individu dans la société?

L'Etat peut intervenir dans l'existence de l'individu en tant que citoyen, mais pas dans sa vie privée. Cependant, la nécessité de prendre en compte des problèmes sociaux l'incite parfois à franchir ces bornes. Jusqu'où l'Etat peut-il aller sans devenir totalitaire?
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Une société sans conflits est-elle possible? Est-elle souhaitable?

Une société sans violence est désirable. Mais, ce sont les inégalités de ressources et de jouissance qui engendrent la violence. Faudrait-il alors concevoir une société dans laquelle tout serait distribué et où il n'y aurait donc plus rien à conquérir? Le risque est la torpeur des individus et, à terme la décadence.
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L'intérêt est-il le seul lien social?

La formulation du sujet invite à centrer son attention sur le mot "seul". Bien plus, elle invite aussi dans une certaine mesure à une réponse négative. A côté de l'intérêt strictement économique, on peut supposer d'autres types de liens, comme les liens politiques. Peut-on parler d'un intérêt politique, ou bien faut-il réserver ce terme d'intérêt aux seuls échanges économiques?
N' y a-t-il en jeu que des intérêts individuels dans une société? Peut-on définir un intérêt général à partir d'eux seuls?
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Technique:

Faut-il redouter les machines?

Le développement des techniques engendre des effets secondaires problématiques: suppression de postes, pouvoir accru des institutions. Ce développement doit être maîtrisé dans le cadre d'une société que la technique contribuera à développer.
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La valeur d'une civilisation se réduit-elle au développement de sa technique?

Le développement technique n'est qu'un des aspects du progrès humain. Une technique qui est à elle-même sa propre fin n'est pas signe de progrès, surtout si elle aliène les individus.
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Temps:

Dans quelle mesure l'épreuve du temps est-elle un critère de valeur?

En résistant à l'usure du temps, une construction, une institution, mais aussi une oeuvre ou un sentiment prouvent leur solidité, leur efficacité, leur profondeur ou leur authenticité. Mais, il y a risque d'illusion: une oeuvre d'art n'a-t-elle de valeur que par son intemporalité?
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Théorie:

A quoi reconnaît-on qu'une théorie est scientifique?

Une théorie est scientifique si elle respecte un certain nombre d'exigence méthodologique. Or, c'est précisément la science qui fixe elle-même ces critères, qui constituent eux-mêmes une théorie. L'essentiel, c'est qu'une théorie soit vraie, c'est-à-dire adaptée à son objet, ce que ne peut pas toujours la science pure.
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Pourquoi la raison recourt-elle à l'hypothèse?

L'idée même d'hypothèse implique une sorte de retenue de la raison. Par l'hypothèse, la raison reconnaît son insuffisance, mais c'est pourtant elle qui organise l'expérimentation nécessaire à la transformation de l'hypothèse en loi scientifique.
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Travail:

Le travail est-il une fatalité?

A cause de son aspect pénible et répétitif, le travail est vécu comme une triste obligation. Mais, la résignation neutralise toute recherche de progrès social. Le vrai travail humain doit être source d'épanouissement de la personne.
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Le travail est-il un droit?

Parler d'un droit au travail ne prend pas en compte les exigences économiques qui le rendent possible. Il s'agit en réalité du droit de disposer des moyens matériels nécessaires à l'existence et à l'épanouissement de l'individu. Il y aurait aussi le droit d'avoir un travail conçu de façon épanouissante.
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Vérité:

Faut-il ne tenir pour vrai que ce qui peut être prouvé?

Une proposition ne peut être jugée vraie que si l'on peut expliciter ses critères de vérité. Pourtant, il existe des certitudes morales ou esthétiques que nous qualifions de vérités, sans pouvoir expliquer pourquoi. La preuve est une exigence de la raison, qui ne vaut pas pour la vérité du coeur.
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Le vrai a-t-il une histoire?

Une proposition vraie reste éternellement vraie pour l'objet qu'elle désigne. En revanche, les critères de vérité ont évolué, et les sciences contemporaines ont développé des méthodes de vérification inconnues avant la Renaissance.
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Peut-on avoir le droit de mentir?

La réflexion doit s'enraciner dans l'examen de cas particuliers. Doit-on dire à un malade qu'il est voué à une mort certaine? Doit-on révéler à un enfant adopté sa véritable identité au risque de détruire sa personnalité? Les enjeux sont graves, parfois dramatiques pour mettre à l'épreuve la loi d'airain d'une morale qui fait de la vérité à tout prix l'un de ses principes les plus sacrés.
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Violence:

Suffit-il de la loi pour que la raison l'emporte sur la violence?

La loi sanctionne la violence. Mais l'interdiction ne prend pas en compte les motivations de la violence qui peuvent être légitimes. Lorsque la loi est mauvaise, la violence survient, mais c'est aussi la loi qui peut aider à résoudre les problèmes qui la causent.
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Peut-on considérer la non-violence comme une violence?

La non-violence est tout à la fois l'affirmation de la nécessité d'une opposition et le refus des moyens classiques de l'affrontement. Mais, elle peut exiger chez celui qui la pratique une violence sur soi. Elle est aussi une violence, dans la mesure où elle exerce une pression sur les individus, mais sans brutalité.
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Peut-on qualifier d'inhumaines certaines actions de l'homme?

Comment penser de l'inhumain dans l'humain? La problématique tourne autour de cette question. L'inhumain renvoie-t-il en nous à une animalité, à une sauvagerie primitives? Cette question en provoque une autre: qu'est-ce que l'homme? Un état, une nature, une dignité? Le statut d'homme est-il un acquis, ou une condition fragile?
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Vivant:

L'organisme vivant peut-il être comparé à une oeuvre d'art?

La raison ne suffit pas pour créer une oeuvre d'art, et elle ne peut pas tout expliquer chez l'être vivant. Tous deux portent en eux-mêmes leur finalité, mais l'oeuvre d'art est création humaine, le vivant relève de la nature.
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Les animaux sont-ils comparables à des machines?

Une machine est composée de parties inertes, alors qu'un animal est composé d'organes hétéronomes. L'être vivant peut se reproduire, mais pas la machine. La physique et la chimie ne suffisent pas pour expliquer le vivant. Mais, est-ce à cause de leurs limites actuelles?
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Volonté:

Peut-on vouloir l'impossible?

Pour Descartes, ma volonté est infinie, mais mes moyens sont limités. De ce décalage naît le caractère déraisonnable de certains actes volontaires. Mais, la volonté peut ici cacher un désir morbide. La solution passe par une réflexion sur les moyens de l'action.
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Décide-t-on de devenir quelqu'un?

Vouloir devenir quelqu'un, c'est déjà être un individu volontaire, ce qui n'est pas rien. Mais, la volonté ne suffit pas, car l'essentiel est de devenir soi-même, sans mimétisme ou opposition aliénante. La volonté doit être éclairée par une raison lucide.
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