En l'absence des lois, les hommes seraient-ils vraiment réduits à l'état de bêtes sauvages ? *
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Aperçu du corrigé : En l'absence des lois, les hommes seraient-ils vraiment réduits à l'état de bêtes sauvages ?
Or, en l'absence d'un pouvoir commun, l'égalité des hommes fait que ce combat ne peut connaître ni vainqueur, ni vaincu définitif, qu'à chaque moment chacun craint pour sa vie, que l'état de nature est un état misérable d'insécurité et de peur de la mort violente. Cet état catastrophique, où nulle activité agricole, industrielle ou sociale n'est possible, où chacun craint constamment pour sa vie, correspond à l'expérience de la guerre civile. A ceux qui refusent d'admettre que « L'homme est un loup pour l'homme », Hobbes répond et par l'exemple de la guerre civile, et par celui des rapports entre États ; et surtout par celui de notre propre attitude, peu confiante, quand nous quittons notre domicile ou partons en voyage. Il s'ensuit que le premier souci des hommes, vivant en société, est d'éviter la violence. Le ressort de l'État, le fondement du pouvoir, est l'angoisse sécuritaire. Or, comme l'état de guerre provient de deux causes, l'égalité des hommes et la divergence de leurs appétits, la solution réside dans la création d'un pouvoir fort, capable d'inspirer l'effroi, et qui unifie les volontés. Une république bien fondée repose implicitement sur un contrat de soumission. Chaque citoyen promet aux autres d'obéir à la même instance (monarque ou assemblée) qui leur ordonne que faire, c'est-à-dire qui représente leur volonté. L'angoisse sécuritaire, la hantise de se maintenir en vie ne trouvent de remèdes que dans l'érection d'un pouvoir fort, d'une autorité absolue qui s'exerce sur les hommes qu'elle est censée représenter. Nous sommes en présence d'un modèle organiciste de l'État (où chaque partie est solidaire des autres), où le pouvoir est supposé incarner le corps du peuple, former une personne.
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En l'absence des lois, les hommes seraient-ils vraiment réduits à l'état de bêtes sauvages ?