l'action humaine peut-elle se passer de toute référence à une fin inconditionnelle ? *
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Aperçu du corrigé : l'action humaine peut-elle se passer de toute référence à une fin inconditionnelle ?
Agir c'est faire quelque chose. La fin est généralement considérée comme le leitmotiv de l'action humaine. Il semble donc difficile d'envisager un acte indépendamment de son but. Comment peut on distinguer un acte de ce qu'il vise? L'agir n'est par forcément l'agir pour une fin? Peut on penser qu'un acte peut être un acte en soi, acte pur et stérile? Le problème posé est donc de se demander si l'on peut parler d'une action sans parler de son but. Une action peut elle être une fin en soi? Agir n'est pas un moyen pour l'homme de faire autre chose que viser une fin particulière et précise? Peut on parler de l'action en tant que ce qu'elle est et non ce qu'elle vise?
Seul l'être humain peut être conscient de ce qu'il fait. Si j'agis c'est parce quelque j'envisage la fin de mes actes. Seul l'homme peut sortir de son intériorité pour faire quelque chose, je projette mon extension en agissant. L'agir est donc une propriété humaine, un acte créateur, producteur, une façon pour l'homme de marquer son humanité en s'extrayant de sa personne. Avant d'être l'action pour quelque chose, c'est l'action de quelqu'un. III Action particulière et action humaine Ainsi agir c'est s'exprimer à travers ses actes. L'intention se démarque donc de la fin. Toutes les action sont caractérisées par leur but, on ne peut donc parler d'une action humaine particulière sans parler de son objectif. Cependant, le principe de l'action humaine en général, c'est l'extériorisation de l'homme. L'homme projette un élément de sa conscience dans l'action, l'action humaine est donc la manifestation de la conscience libre et humaine avant d'être la fin de quelque chose.
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I La fin de l'acte est sa justification
Agir c'est faire quelque chose précis. L'homme effectue des actes afin de rejoindre un but qu'il s'est fixé. L'action se situe toujours dans un contexte qui lui donne sa dimension et ses limites. On ne peut parler d'action sans parler du pourquoi de cette action. Si je dis que je fabrique un objet, je parle de l'action en parlant de sa fin, nécessairement. L'homme agit toujours « afin de ... ».
II Agir c'est s'extérioriser
L'action humaine c'est s'extérioriser pour atteindre un but. Seul l'être humain peut être conscient de ce qu'il fait. Si j'agis c'est parce quelque j'envisage la fin de mes actes. Seul l'homme peut sortir de son intériorité pour faire quelque chose, je projette mon extension en agissant. L'agir est donc une propriété humaine, un acte créateur, producteur, une façon pour l'homme de marquer son humanité en s'extrayant de sa personne. Avant d'être l'action pour quelque chose, c'est l'action de quelqu'un.
III Action particulière et action humaine
Ainsi agir c'est s'exprimer à travers ses actes. L'intention se démarque donc de la fin. Toutes les action sont caractérisées par leur but, on ne peut donc parler d'une action humaine particulière sans parler de son objectif. Cependant, le principe de l'action humaine en général, c'est l'extériorisation de l'homme. L'homme projette un élément de sa conscience dans l'action, l'action humaine est donc la manifestation de la conscience libre et humaine avant d'être la fin de quelque chose.
Toute action est juste qui peut faire coexister le libre arbitre de chacun avec la liberté de tout autre selon une loi universelle. Kant
La prise de conscience d'un acte consiste toujours à lui superposer une action nouvelle. Ainsi la prise de conscience du succès est une conduite de triomphe qui se greffe sur l'action de réussir. JANET
La découverte de nos propres mobiles ne peut se faire que de la même manière que celle dont nous découvrons les mobiles des autres, à savoir par l'observation de nos actions, celle-ci nous permettant ensuite de conclure aux désirs qui les inspirent. RUSSELL.
Sartre
Le quiétisme, c'est l'attitude des gens qui disent : les autres peuvent faire ce que je ne peux pas faire. La doctrine que je vous présente est justement à l'opposé du quiétisme, puisqu'elle déclare : il n'y a de réalité que dans l'action ; elle va plus loin d'ailleurs, puisqu'elle ajoute : l'homme n'est rien d'autre que son projet, il n'existe que dans la mesure où il se réalise, il n'est donc rien d'autre que l'ensemble de ses actes, rien d'autre que sa vie. D'après ceci, nous pouvons comprendre pourquoi notre doctrine fait horreur à un certain nombre de gens. Car souvent ils n'ont qu'une seule manière de supporter leur misère, c'est de penser : « Les circonstances ont été contre moi, je valais beaucoup mieux que ce que j'ai été ; bien sûr, je n'ai pas eu de grand amour, ou de grande amitié, mais c'est parce que je n'ai pas rencontré un homme ou une femme qui en fussent dignes ; je n'ai pas écrit de très bons livres, c'est parce que je n'ai pas eu de loisirs pour le faire ; je n'ai pas eu d'enfants à qui me dévouer, c'est parce que je n'ai pas trouvé l'homme avec lequel j'aurais pu faire ma vie. Sont restées donc, chez moi, inemployées, et entièrement viables une foule de dispositions, d'inclinations, de possibilités qui me donnent une valeur que la simple série de mes actes ne permet pas d'inférer. Or, en réalité, pour l'existentialiste, il n'y a pas d'amour autre que celui qui se construit, il n'y a pas de possibilité d'amour autre que celle qui se manifeste dans un amour ; il n'y a pas de génie autre que celui qui s'exprime dans des oeuvres d'art : le génie de Proust c'est la totalité des oeuvres de Proust ; le génie de Racine c'est la série de ses tragédies, en dehors de cela il n'y a rien ; pourquoi attribuer à Racine la possibilité d'écrire une nouvelle tragédie, puisque précisément il ne l'a pas écrite ? Un homme s'engage dans sa vie, dessine sa figure, et en dehors de cette figure il n'y a rien. Évidemment, cette pensée peut paraître dure à quelqu'un qui n'a pas réussi sa vie. Mais d'autre part, elle dispose les gens à comprendre que seule compte la réalité, que les rêves, les attentes, les espoirs permettent seulement de définir un homme comme rêve déçu, comme espoirs avortés, comme attentes inutiles ; c'est-à-dire que ça les définit en négatif et non en positif. [...] Ce que nous voulons dire, c'est qu'un homme n'est rien d'autre qu'une série d'entreprises, qui est la somme, l'organisation, l'ensemble des relations qui constituent ces entreprises.
Jean-Paul SARTRE
Que doit donc être une conscience pour qu'elle puisse successivement poser des objets réels et des objets imagés ? (...) La condition pour qu'une conscience puisse imaginer est donc double : il faut à la fois qu'elle puisse poser le monde dans sa totalité synthétique et, à la fois, qu'elle puisse poser l'objet imaginé comme hors d'atteinte par rapport à cet ensemble synthétique, c'est-à-dire poser le monde comme un néant par rapport à l'image. Il suit de là clairement que toute création d'imaginaire serait totalement impossible à une conscience dont la nature serait précisément d'être « au-milieu-du-monde ». Si nous supposons en effet une conscience placée au sein du monde comme un existant parmi d'autres, nous devons la concevoir, par hypothèse, comme soumise sans recours à l'action des diverses réalités — sans qu'elle puisse par ailleurs dépasser le détail de ces réalités par une intuition qui embrasserait leur totalité. Cette conscience ne pourrait donc contenir que des modifications réelles provoquées par des actions réelles et toute imagination lui serait interdite, précisément dans la mesure où elle serait enlisée dans le réel. Cette conception d'une conscience embourbée dans le monde ne nous est pas inconnue car c'est précisément celle du déterminisme psychologique. Nous pouvons affirmer sans crainte que, si la conscience est une succession de faits psychiques déterminés, il est totalement impossible qu'elle produise jamais autre chose que du réel. Pour qu'une conscience puisse imaginer il faut qu'elle échappe au monde par sa nature même, il faut qu'elle puisse tirer d'elle-même une position de recul par rapport au monde. En un mot il faut qu'elle soit libre.
KANT
Prenons un acte volontaire, par exemple un mensonge pernicieux, par lequel un homme a introduit un certain désordre dans la société, dont on recherche d'abord les raisons déterminantes qui lui ont donné naissance, pour juger ensuite comment il peut lui être imputé avec toutes ses conséquences. Sous le premier point de vue, on pénètre le caractère empirique de cet homme jusque dans ses sources que l'on recherche dans la mauvaise éducation, dans les mauvaises fréquentations, en partie aussi dans la méchanceté d'un naturel insensible à la honte, qu'on attribue en partie à la légèreté et à l'inconsidération, sans négliger les circonstances tout à fait occasionnelles qui ont pu influer. Dans tout cela, on procède comme on le fait, en général, dans la recherche de la série des causes déterminantes d'un effet naturel donné. Or, bien que l'on croit que l'action soit déterminée par là, on n'en blâme pas moins l'auteur, et cela, non pas à cause de son mauvais naturel, non pas à cause des circonstances qui ont influé sur lui, et non pas même à cause de sa conduite passée ; car on suppose qu'on peut laisser tout à fait de côté ce qu'a été cette conduite et regarder la série écoulée des conditions comme non avenue, et cette action comme entièrement inconditionnée par rapport à l'état antérieur, comme si l'auteur commençait absolument avec elles une série de conséquences. Ce blâme se fonde sur une loi de la raison où l'on regarde celle-ci comme une cause qui a pu et a du déterminer autrement la conduite de l'homme, indépendamment de toutes les conditions empiriques nommées. Et l'on n'envisage pas la causalité de la raison comme une sorte de concours, mais comme complète en elle-même, alors même que les mobiles sensibles ne lui seraient pas du tout favorables mais tout à fait contraires ; l'action est attribuée au caractère intelligible de l'auteur, il est entièrement coupable à l'instant où il ment ; par conséquent, malgré toutes les conditions empiriques de l'action, la raison était pleinement libre, et cet acte doit être attribué entièrement à sa négligence.
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l'action humaine peut-elle se passer de toute référence à une fin inconditionnelle ?