Admettre l'existence de l'inconscient nous interdit-il de penser l'homme libre ? *
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Aperçu du corrigé : Admettre l'existence de l'inconscient nous interdit-il de penser l'homme libre ?
La conscience de ce qu'on fait serait censée nous ôter l'impression de liberté puisque nous saurions pourquoi on le fait, et nous saurions qu'on ne peut pas faire autrement. Telle serait la thèse mise en question. Et d'une certaine manière, cette idée que si l'on connaît exactement pourquoi on agit, on voit qu'on n'est pas libre se trouve dans L'Éthique de Spinoza. Selon lui, notre impression de liberté n'est que l'ignorance où nous nous trouvons des causes qui nous font agir (livre II). Mais en même temps, l'inconscience n'est pas une vraie liberté, elle est une illusion de liberté. C'est une sorte de spontanéité : on fait les choses sous le coup de nos impulsions, donc effectivement on a l'impression d'être libre, mais en même temps ces impulsions nous sont dictées de quelque part, donc en réalité on n'est pas libre. Alors Spinoza s'oppose au sujet : si l'inconscience donne une liberté illusoire, la vraie liberté est celle de celui qui est conscient des causes qui le font agir, parce qu'alors, au moins, agissant en connaissance de cause, il peut avoir une distance. Sinon il ne sait pas quoi faire pour se libérer, il ne sait pas de quels déterminismes sortir. Mais on pourrait encore critiquer cela, et dire que, sachant qu'agir sans liberté ne nous rend pas plus libre, alors il n'y aurait plus que la liberté illusoire de l'inconscience. Mais est-ce encore de la liberté ? Références utiles : Épictète ; Kant, Fondements de la métaphysique des moeurs, et Critique de la raison pratique ; Freud.
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