Agir sous l'emprise de la passion, est-ce subir ? *

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Sujet : Agir sous l'emprise de la passion, est-ce subir ?

Aperçu du corrigé : Agir sous l'emprise de la passion, est-ce subir ?

Agir sous emprise

Bien définir les termes du sujet :

- « Agir » : c’est faire quelque chose, avoir une activité qui transforme plus ou moins ce qui est. C’est aussi s’exprimer par des actes, intervenir en passant à l’action. (Le Robert)

- « Passion » : ce terme peut avoir plusieurs sens selon le contexte philosophique, mais il désigne en général une affection spécifique et très forte pour un objet donné. Il envahit la personnalité et se caractérise par l’intérêt impérieux porté à un seul objet. Cette polarisation de la conscience peut entraîner la diminution ou la perte du sens moral et de l’esprit critique. Quoi qu’il en soit, elle est difficilement maîtrisable. à Cf Ribot : « La passion est dans l’ordre affectif ce que l’idée fixe est dans l’ordre intellectuel. »

- « Subir » : Subir désigne l’attitude passive selon laquelle on se laisse mener ou persécuter par les événements sans pouvoir intervenir.

Construction de la problématique :

            Lorsque j’agis, je suis en général considéré comme acteur, comme actif, je suis moi-même l’auteur de mes actes. Or le sujet semble poser de ce point de vue un problème paradoxal, puisqu’il demande s’il est possible à la fois d’agir et d’être passif, c’est-à-dire d’agir et en même temps de subir notre propre action. Cela impliquerait un dédoublement de la personnalité, celui qui agirait et qui en même temps subirait son action serait en quelque sorte son propre bourreau, il serait dépossédé de lui-même.

            C’est la question que pose le sujet. Autrement dit, est-ce que lorsque je suis soumis à mes passions je suis encore en possession de moi-même, ou au contraire, est-ce que je ne deviens pas étranger à moi-même du fait que je me laisser dominer par quelque chose que je ne maîtrise pas ?  

 

passion subir  Bien au contraire, leur fonction naturelle est de « disposer l'âme à vouloir les choses que la nature dicte nous être utiles, et à persister dans cette volonté. » Passions, 52. Ce sont donc des sentiments que nous éprouvons et que nous pouvons utiliser comme guides dans l'action, puisqu' « elles sont toujours bonnes de leur nature. » idem.             ● Mais cela ne signifie pas qu'il faut complètement leur obéir, il faut au contraire se prémunir contre leur excès et leur mauvais usage. C'est ce que montre Descartes dans le même ouvrage, mais c'est surtout ce sur quoi insiste Kant dans la Critique de la raison pure. Selon lui, la passion « est une maladie qui exècre toute médication [...], un ensorcellement qui exclut toute amélioration. » En effet, la passion est certes l'expression de notre nature, mais il faut limiter le plus possible l'expression de cette dernière par l'usage de la raison, puisqu'elle exprime notre coté animal.             ● Agir sous l'emprise de la passion, c'est écouter notre propre nature, et si cela peut nous caractériser comme des vivants, il n'en reste pas moins que c'est nier l'existence de la raison, et nier ce qui fait de nous des hommes. Les passions doivent donc être maîtrisées, agir sous leur emprise c'est subir notre animalité, et il faut y remédier par la raison.

	Agir sous l'emprise de la passion, est-ce subir	?

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