« Il ne s'agit là que d'un récit de fiction, sans importance, une « bagatelle littéraire échappée comme à son insu » à la plume de l'auteur, comme le dit fort bien More. Il ne faut cependant point faire preuve de trop de naïveté face à ces déclarations […]. Sous l'apparente légèreté se cache en fait une critique sociale sans concession, car les sociétés imaginaires mettent bien en valeur les sociétés réellement existantes et se présentent comme de possibles alternatives. » (T. Receveur et I. Voirin) Vous commenterez et apprécierez cette analyse portant sur les utopies littéraires et incluant les oeuvres au programme de Cyrano et Swift.

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Document transmis par : Charlie37915


Publié le : 2/10/2010 -Format: Document en format HTML protégé

« Il ne s'agit là que d'un récit de fiction, sans importance, une « bagatelle littéraire échappée comme à son insu » à la plume de l'auteur, comme le dit fort bien More. Il ne faut cependant point faire preuve de trop de naïveté face à ces déclarations […]. Sous l'apparente légèreté se cache en fait une critique sociale sans concession, car les sociétés imaginaires mettent bien en valeur les sociétés réellement existantes et se présentent comme de possibles alternatives. »
(T. Receveur et I. Voirin)
Vous commenterez et apprécierez cette analyse portant sur les utopies littéraires et incluant les oeuvres au programme de Cyrano et Swift.
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 Loin d’être un rêve irréalisable, l’utopie est le lieu fictif qui permet aux auteurs de critiquer la société. Ce nouveau genre littéraire, qui apparaît en 1516 avec Utopia de Thomas More, va donner lieu à un mélange littéraire de sérieux et de divertissement. La plupart des utopies va fonctionner sur le même modèle, elles seront construites sous forme de récits de voyages dans lesquels le voyageur en question relatera ses aventures. Celles-ci seront prétexte à la description des sociétés rencontrées au court du voyage. C’est le cas, par exemple, de More avec Utopia, portée par son protagoniste Raphaël Hythlodée, de Swift avec Les voyages de Gulliver ou bien de Cyrano de Bergerac avec Les états et empires de la Lune et du Soleil. Ce recours au récit de voyage va permettre de retenir l’attention du lecteur : « Il ne s’agit là que d’un récit de fiction, sans importance, une « bagatelle littéraire échappée comme à son insu » à la plume de l’auteur, comme le dit fort bien More. Il ne faut cependant point faire preuve de trop de naïveté face à ces déclarations […]. Sous l’apparente légèreté se cache en fait une critique sociale sans concession, car les sociétés imaginaires mettent bien en valeur les sociétés réellement existantes et se présentent comme de possibles alternatives. » Cette analyse de T. Receveur et de I. Voirin reflète le caractère double du genre de l’utopie. Aussi, on peut se demander de quelles façons les utopies littéraires se servent-elles de la fiction comme support de la critique sociale ? Pour répondre à cette problématique, nous nous intéresserons au cadre fictionnel de l’utopie, puis à sa visée didactique et moraliste pour enfin dégager les valeurs de la société idéale.

 

      Si le cadre initial de l’utopie est souvent une insatisfaction du présent, la littérature utopique est le lieu privilégié des « pays de nulle-part » où règnent paix, liberté, justice et égalité. Ces pays, souvent écartés du reste du monde, permettent de dénoncer les dysfonctionnements de la société par le biais de la fiction. Jusqu’au XIXème siècle, l’utopie littéraire est en fait un genre qui relève de la politique. Les philosophes écrivent des fictions, des récits de pays lointains telles que Les lettres persanes de Montesquieu ou Les voyages de Gulliver de Swift. A l’époque, les libertés d’expression réduites ont obligé ces auteurs à camoufler leur critique politique et sociale en cédant la parole à un étranger. Le procédé narratif du recours au regard étranger permet de détourner la censure mais surtout de prendre une posture philosophique par une mise à distance critique puisque l’auteur va pouvoir prendre du recul pour mieux juger de sa propre société. De cette façon, on se rend compte que l’énonciation est truquée. Au premier plan, on a un personnage comme Gulliver, qui découvre et qui fait une comparaison entre sa culture et celle qu’il observe. Mais sous ce masque, on a un second émetteur, Swift, qui par cette distanciation va pouvoir atteindre son but principal : « je me propose dans tous mes travaux de vexer le monde plutôt que de le divertir... Voilà la grande base de misanthropie sur laquelle j'ai élevé tout l'édifice de mes Voyages ». Le caractère politique des « Voyages de Gulliver » ne fait d’ailleurs aucun doute puisque Swift n’a pas publié son roman lui-même, il l’a fait livrer de façon anonyme afin d’éviter la censure. C'est en effet la faiblesse, la vanité de ses semblables que Swift a voulu faire ressortir dans une fiction aussi ingénieuse.

      En conduisant successivement son héros chez un peuple de pygmées et chez un peuple de géants, il le place dans des situations et des embarras où la misère humaine apparaît sous le jour le plus ridicule, (puisqu’il apparaît comme un adulte, comme un enfant et finalement comme de la vermine absolue) et il fait jaillir de cette combinaison une foule de contrastes inattendus et d’effets comiques. Le titre de l’œuvre de Cyrano met aussi en évidence cette volonté d’échapper à la censure : « Histoires comiques… », cela montre une dimension non-sérieuse qui éloigne de la polémique. Cependant, malgré les procédés utilisés pour capter l’attention du lecteur, écrire une bonne utopie n’est pas chose facile car le soutien du lecteur ne s’obtient pas facilement, celui-ci peut être choqué par certains propos avant-gardistes de l’auteur et ne pas partager ses pensées utopiques sur l’éthique, la justice ou le droit personnel.

 

       Le cadre fictionnel est plus ou moins le même d’une utopie à l’autre, on parle de « mondes de nulle-part » qui sont souvent représentés par des lieux si écartés du monde réel, si invisibles qu’on ne saurait se les représenter. Marivaux va utiliser un lieu clos, une île, pour dénoncer une hiérarchie arbitraire et va ainsi renverser les topoï en instituant la domination des valets sur leurs maîtres dans L’Ile aux esclaves.

      Swift, comme More, va choisir de mettre en scène son héros sur différentes îles, cette idée de lieu clos, assez récurrente, permet d’isoler le lecteur du reste du monde pour que son attention soit uniquement concentrée sur le lieu en question.

 Le burlesque et l’héroïcomique, deux procédés fictionnels, sont étrangement liés tout au long du livre. Les liliputiens incarnent l’héroïcomique par leur taille qui les inscrit dans l’insignifiant, ce sont les êtres les plus belliqueux de l’œuvre et pourtant ce sont les plus petits. Inversement, les habitants de Brodbingnag sont pacifiques, ce qui n’est pas sans rappeler la thématique du bon géant de Rabelais. La situation à laquelle les personnages font face est souvent pleine d’absurdité, dans Les Etats et empires de la Lune, Cyrano ne donne pas de figure identifiable à ses personnages, son style se base sur un jeu de lecture anthropomorphe : une touffe d’herbe devient Pape, le chou souffre d’être décapité, des aigles deviennent des rossignols… C’est pour faire rire que l’auteur va user de thèmes grotesques comme le bas corporel ou le renversement de systèmes de valeurs qui nous semble improbable. L’ironie va entremêler critique et comique et ainsi engendrer une visée correctrice.

 

      Il est difficile de faire adhérer le lecteur à l’utopie. Cependant, il existe différents procédés pour aiguiser la curiosité du lecteur. Thomas More, auteur inaugural du genre, va jouer sur la réticence de la description du monde visité. En effet, par le biais de son personnage Raphaël Hythlodée qui dit avoir vécu cinq ans dans l’île d’Utopia, More dit que décrire cette île « serait raconter une histoire à des sourds » ou « délirer avec des fous ». Cette attaque, axée sur la capacité de compréhension du lecteur, va à la fois porter atteinte à l’orgueil de ce dernier mais va aussi l’intriguer, si bien qu’il va ressentir une certaine curiosité, un réel besoin de connaître les raisons de cette hypothétique incompréhension.

 

      La meilleure façon de faire passer des idées sérieuses n’est-elle pas finalement de le faire de manière ludique ? Car si les utopies sont des créations littéraires, elles sont pour la plupart, un cadre sérieux qui vise à instruire. Dans Etats et empires de la Lune et du Soleil, les pérégrinations du héros sont prétextes à un exposé de la conception matérialiste et libertine que l'auteur avait du monde, en même temps qu'ils servent à une satire des conventions et des coutumes de la société française.

 

      Si Thomas More a donné à l’homme « conscience de ses pouvoirs sur le monde et lui a offert des raisons d’espérer », Swift, quant à lui, nous montre des tableaux plus décourageants que correcteurs : ce n'est pas aux vices et aux travers, mais à la nature même de l'homme qu'il fait le procès, et l'homme trouve en lui un accusateur passionné. Le voyage à Lilliput où Gulliver était un géant parmi les nains, puis à Brobdingnag, où il était un nain parmi les géants, auraient pu guérir à jamais le voyageur du goût des aventures. Pourtant, Gulliver repart tout de même pour deux nouvelles excursions. Les deux dernières parties des Voyages de Gulliver offrent plus de désordre et de négligence que les premières; les fictions y sont encore plus hardies, mais moins heureuses. Toutefois, c'est la même verve satirique. On trouvera le héros aux prises avec des pirates puis recueilli sur l'île volante de Laputa, où Swift tourne en ridicule les géomètres, les astronomes, les philosophes contemplatifs, les amateurs des sciences abstraites, et les faiseurs de projets. La satire politique et sociale se poursuit donc de manière très limpide. Les situations dans lesquelles il plonge son héros sont autant d’exemples dont regorge dans notre vie quotidienne, qu’on lise l’œuvre au XVIIIème siècle ou aujourd’hui. Il suffit d’observer le monde du travail pour s’apercevoir que certaines personnes ne sont pas le moins du monde ce qu’elles prétendent être, mais qui, par désir et avidité, se voient trop accaparées par la contemplation de leur nombril pour se soucier de la véracité de leurs agissements. Ce sont ceux-ci qui prétendent tant de choses si bien qu’ils exigeront qu'on les suive aveuglément alors même que d'évidence ils ne savent pas où ils vont. C’est de cette manière que Swift, très subti...



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Vous me suivez de trop près, monsieur Marius. Laissez-moi aller devant, et suivez-moi comme cela, sans faire semblant. Il ne faut pas qu'on voie un jeune homme bien, comme vous, avec une femme comme moi., HUGO, les Misérables, IV, II, IV.

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-Fusion. C'est l'opération qui consiste, de la part de plusieurs sociétés (...) à réunir leurs patrimoines, de façon à n'en faire qu'une (...) La fusion peut s'opérer de deux façons : ou bien on constitue avec les ressources des deux sociétés préalablement dissoutes, le capital d'une société nouvelle; ou bien l'une des sociétés absorbe l'autre; cette dernière seule disparaît., L. LACOUR, Précis de droit commun, p. 235.

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Je veux bien qu'on soit exact en fait de couleur locale, et même je le désire; mais il faut qu'alors le narrateur (...) soit exact d'un air naturel, sans paraître y viser et sans se piquer de trop faire attention à des hors-d'oeuvre; il faut qu'il nous donne ces détails accessoires comme involontairement (...), SAINTE-BEUVE, Chateaubriand, t. I, p. 184.

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Ces locutions (bien, fort bien) s'emploient quelquefois ironiquement et par reproche. -Bien, fort bien, ne vous gênez pas. Elles servent aussi à exprimer qu'on a bien compris un avis, une explication, un éclaircissement, ou qu'on ne veut pas continuer l'entretien sur l'objet dont il s'agit; et alors Bien peut être répété. -Fort bien, je vois maintenant ce que j'ai à faire. Bien, bien, j'entends ce que vous voulez dire. Bien, bien, nous reparlerons de cela., Dict. de l'Académie (8Ëe éd.).

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(...) il opère une réforme sociale, en portant hardiment le fer rouge dans cette vieille plaie des sociétés antiques, le problème des dettes (...), DANIEL-ROPS, le Peuple de la Bible, p. 305.

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Les antiromans conservent l'apparence et les contours du roman; ce sont des ouvrages d'imagination qui nous présentent des personnages fictifs et nous racontent leur histoire. Mais c'est pour mieux décevoir : il s'agit de contester le roman par lui-même, de le détruire sous nos yeux dans le temps qu'on semble l'édifier, d'écrire le roman d'un roman qui ne se fait pas, qui ne peut pas se faire, de créer une fiction qui soit aux grandes oeuvres composées de Dostoïevski et de Meredith ce qu'était aux tableaux de Rembrandt et de Rubens cette toile de Miro intitulée -Assassinat de la peinture. Ces oeuvres étranges et difficilement classables ne témoignent pas de la faiblesse du genre romanesque, elles marquent seulement que nous vivons à une époque de réflexion et que le roman est en train de réfléchir sur lui-même., SARTRE, Préface à N. SARRAUTE, Portrait d'un inconnu (1948).

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Arthur SCHOPENHAUER / Pensées et fragments / Alcan 1900 [BnF] « Rien ne trahit mieux l’ignorance du monde que d’alléguer comme une preuve des mérites et de la valeur d’un homme qu’il a beaucoup d’amis : comme si les hommes accordaient leur amitié d’après la valeur et le mérite ! comme s’ils n’étaient pas au contraire semblables aux chiens qui aiment celui qui les caresse ou leur donne seulement des os, sans plus de sollicitude. »

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Un festival est une grande fête musicale à laquelle prennent part plusieurs sociétés, sans compétition. Il ne leur est demandé, en dehors des concerts qu'elles doivent donner, que de participer à un morceau d'ensemble, joué par toutes les sociétés réunies sous une même baguette., Encycl. Franç. (DE MONZIE), t. XVI, 72-7.

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La preuve par présomptions est une -preuve indirecte, qui est la mise en oeuvre d'un raisonnement par induction : on part d'un fait connu, dénommé -indice, pour remonter jusqu'au fait contesté. Comme l'expérience démontre que tel fait (l'indice) est en liaison normale avec tel autre fait (le fait contesté), on considère le fait contesté comme établi, dès lors que l'on est en présence de l'indice., DALLOZ, Nouveau répertoire, Preuve, 152.

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