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Sujet : l'ambiguïté des mots peut-elle être heureuse ?

Extrait du corrigé : Cependant, ce n'est pas là la faute du mot, mais celle d'une pensée défectueuse, indéterminée, sans teneur. De même que la pensée vraie est la Chose, de même le mot l'est aussi, lorsqu'il est employé par la pensée vraie. C'est pourquoi, en se remplissant du mot, l'intelligence accueille en elle la nature de la Chose. »HEGEL, Encyclopédie des sciences philosophiques (1817), t. III, Philosophie de l'esprit, Addition du § 462, trad. B. Bourgeois. Les mots sont porteurs de sens et dressent un pont entre la pensée et les choses en dehors d'elle. L'ambiguïté alors doit être comprise comme étant cette dualité qui habite le mot, non plus deux significations face à face mais d'une part la pensée et d'autre part la chose. Cette ambiguïté a pour finalité d'être dépassée puisque la pensée et la chose se trouvent réunies dans le mot.

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Définitions

  • mot : 1. Élément du discours, signe d'une idée distincte. 2. Unité linguistique composée et fonctionnant de manière relativement autonome : « Segment de la chaîne parlée ou du texte écrit tel qu'on le puisse séparer de son contexte en le prononçant isolément ou en le séparant par un blanc des autres éléments du texte et lui attribuer une signification et une fonction spécifique » (MARTINET). 3. Au pluriel, souvent synonyme de paroles.
  • être : Du latin esse, « être ». 1) Verbe : exister, se trouver là. En logique, copule exprimant la relation qui unit le prédicat au sujet (exemple : l'homme est mortel). 2) Nom : ce qui est, l'étant. 3) Le fait d'être (par opposition à ce qui est, l'étant). 4) Ce qu'est une chose, son essence (exemple : l'être de l'homme). 5) Avec une majuscule (l'Être), l'être absolu, l'être parfait, Dieu.
  • bonheur : Etat de satisfaction parfaite, de contentement du corps, du coeur et de l'esprit.

Problématique

Nous parlons d’ambiguïté à propos d’une situation ou de termes dont la signification n’est pas claire mais peut être double, autrement dit peut signifier une chose ou une autre. L’ambiguïté des mots fait donc référence à une incertitude, un doute, portant sur leur sens. Ainsi un discours ambigu sera compris de différentes manières, il rendra possible plusieurs interprétations qui auront pour finalité de tenter de découvrir son sens, un sens qui ne peut être saisi de lui-même mais est laissé à la réflexion des auditeurs. Le fait qu’un discours puisse être compris différemment n’est pas nécessairement voulu par le locuteur. En effet si les auditeurs peuvent être en désaccord à propos de l’objet d’un discours, ils peuvent pour la même raison, à savoir l’ambiguïté des mots, ne pas comprendre ce que le locuteur a voulu faire passer comme message dans son discours. Il apparaît donc que l’obscurité d’un discours, le fait qu’à un même mot pourront être associées des significations différentes, est loin d’être visée, le langage servant bien plutôt à communiquer, à transmettre une information dont le sens est le même pour les locuteurs et l’auditeur. L’ambiguïté des mots relève donc de l’infortune, d’un hasard malheureux qui fait obstacle à cette communication et s’exprime par une mauvaise compréhension de la part de l’auditeur ou du lecteur. Cependant dans un contexte artistique, par exemple la lecture d’un roman, les interprétations pourront différer et c’est ce qui mettra en évidence la richesse de l’écriture, le fait que différents sens peuvent être donnés à un même écrit. Dans ce cas l’ambiguïté des mots loin d’être fuie est bien plutôt recherchée dans la mesure où c’est en elle que réside la diversité des interprétations et la puissance évocatrice d’un livre. L’utilisation des mots ne suit pas nécessairement la même finalité selon les cas. S’il s’agit d’un discours politique, par exemple, ce qui sera visé est la compréhension de tous et l’accord de tous sur la signification à donner à ce discours. S’il s’agit d’une œuvre littéraire dans ce cas la multiplicité des interprétations sera au service de sa richesse, l’obscurité, ou l’ambiguïté ne sera pas proscrite.  Cependant même à l’écoute d’un discours qui se veut compréhensible par tous, donc ne recherchant pas à être ambigu, il se peut qu’il soit l’objet d’interprétations différentes. De même pour l’œuvre littéraire l’ambiguïté d’un poème ou le fait qu’il invite à différentes interprétations ne remet pas en cause le fait que le poète en l’écrivant avait une idée précise, suivait une signification précise qui ne se trouve pas forcément en accord avec notre interprétation. Ainsi même en visant la clarté un discours ou une œuvre artistique ne peuvent exclure totalement l’ambiguïté, le fait que la signification des mots peut être double. Que faut-il en conclure sur la nature de cette double signification ? Est-elle souhaitable ou regrettable ?



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