Le beau conduit-il au bien ?
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Publié le : 23/2/2004 -Format:
- beau : 1. Norme permettant le jugement esthétique ; cf. valeur. 2. Sens concret : objet du jugement esthétique ; ce qui provoque une émotion esthétique par l'harmonie des formes, l'équilibre des proportions. 3. (Par ext.) Ce qui suscite une idée de noblesse, de supériorité morale (un beau geste). 4. Pour KANT, le jugement de goût ne détermine pas son objet en le pensant sous un concept universel, puisqu'il porte toujours sur un cas particulier ; c'est un jugement réfléchissant dont l'universalité réside dans l'accord des sujets ; c'est pourquoi le beau est défini comme « ce qui plaît universellement sans concept » ; « la beauté est la forme de la finalité d'un objet en tant qu'elle est perçue en lui sans représentation d'une fin. »
- bien : Ce qui est avantageux ou utile à une fin donnée. Ce qui possède une valeur morale, ce qui est juste, honnête, louable. Souverain Bien : norme suprême de l'ordre éthique, que l'homme poursuit en vue de lui-même, et non en vue d'obtenir un autre bien. En économie, toute chose qui possède une valeur d'échange et qui est susceptible d'appropriation (exemple : biens de consommation).
Pour les grecs, le beau n'est qu'une forme du bien. Le beau est une invitation au Bien en soi (Platon). Mais, le beau et le bien appartiennent à deux ordres différents. Le beau relève de l'esthétisme et le bien de la morale.
Les beautés sensibles ne sont telles que par participation à l'Idée, présente à un degré plus élevé dans les beautés intelligibles. Il n'y a pas d'autonomie de la beauté par rapport à la vérité (le beau est la splendeur du vrai) ni par rapport à l'Être (l'unité qui fait la beauté est aussi ce qui structure les êtres). [Le beau et le bien sont des normes qui appartiennent à deux domaines distincts de la connaissance: l'esthétique et la morale. Il n'y a pas de lien entre elles.] Beau et bien appartiennent à deux ordres différents Le jugement esthétique est affaire de sentiment. Est beau ce que l'on ressent comme tel. La beauté d'une chose, d'une oeuvre d'art, se sent, mais elle ne peut être démontrée. Pour la même raison, la beauté est relative, car la conception du beau peut différer selon les personnes ou les époques. Le bien, en revanche, ressortit au jugement moral et donc à la raison. Il est aussi une norme absolue: le bien est ce qui est bon pour tous.
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