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Sujet : Le beau s'impose-t-il à notre jugement ou en résulte-t-il ?

Extrait du corrigé :     21) La place du jugement dans la perception selon Kant.    Pour Kant, l'essentiel est sans doute un déchiffrage de l'énigme du goût : tout en affirmant qu'il ne faut pas en disputer, chacun gardant le sien sans prétendre à l'assentiment d'autrui, c'est un fait que les hommes ne se résignent pas à déserter ce domaine de la communication, puisqu'on peut les voir se contester incessamment la valeur de leur goût, comme s'ils croyaient au fond qu'un accord devrait être possible. Cette apparente contradiction a sa raison profonde : il est bien vrai que le jugement de goût ne saurait prétendre à la même objectivité que le jugement logique dans la connaissance, car il ne se fonde pas comme lui sur des concepts, il est esthétique et il se rapporte à un sentiment, comme tel inaliénable en connaissance, celui d'une satisfaction éprouvée dans l'appréhension d'une forme ; s'il prétend néanmoins exiger comme nécessaire un assentiment universel, c'est que ce sentiment n'est pas subjectif au même titre que celui de l'agréable, suscité par la seule sensation. Il doit être éprouvé par tous parce qu'il est désintéressé, indifférent à l'existence de la chose, qui est simplement contemplée, sans devenir l'objet d'aucune connaissance ni d'aucun désir, et qu'il est la conscience d'une espèce d'appropriation de la nature à l'homme se manifestant dans le jeu libre et harmonieux de l'imagination et de l'entendement, qui sont les conditions universelles de la faculté de juger. Le principe de cette harmonisation des facultés en nous et de l'appropriation de la nature hors de nous à notre faculté de juger est le suprasensible qui fonde la liberté et l'unité des fonctions théoriques et pratiques de la raison. La faculté de juger s'y rapporte comme à une norme indéterminée, celle d'un sens commun à tous, sur lequel elle règle sa réflexion et qui lui permet, lorsqu'elle décide de ce qui rend le sentiment universellement communicable, d'exiger l'assentiment de tous comme une sorte de devoir. Le beau est finalement le symbole du bien moral, une présentation sensible indirecte de l'idée que la raison forme de ce principe suprasensible. Il ne serait rien pour l'homme s'il n'était capable d'éprouver le sentiment moral, le seul sentiment que l'animal ait en partage étant l'agréable. Le goût rend ainsi possible le passage de l'attrait sensible à l'intérêt moral, de la nature à la liberté, de l'entendement à la raison.   3) La beauté n'a pas besoin de la médiation du jugement.

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Définitions

  • beau : 1. Norme permettant le jugement esthétique ; cf. valeur. 2. Sens concret : objet du jugement esthétique ; ce qui provoque une émotion esthétique par l'harmonie des formes, l'équilibre des proportions. 3. (Par ext.) Ce qui suscite une idée de noblesse, de supériorité morale (un beau geste). 4. Pour KANT, le jugement de goût ne détermine pas son objet en le pensant sous un concept universel, puisqu'il porte toujours sur un cas parti­culier ; c'est un jugement réfléchissant dont l'universalité réside dans l'accord des sujets ; c'est pourquoi le beau est défini comme « ce qui plaît universellement sans concept » ; « la beauté est la forme de la finalité d'un objet en tant qu'elle est perçue en lui sans représentation d'une fin. »
  • jugement : Le jugement de réalité (ou d'existence) est un jugement porté sur les faits. Il s'oppose au jugement de valeur, qui est une appréciation subjective sur la valeur d'un objet, d'une action. Le jugement synthétique, d'après Kant, correspond au jugement de réalité, par opposition au jugement analytique, qui correspond aux propositions tautologiques de la logique (par exemple: un triangle a trois angles). JUGEMENT ESTHETIQUE : Acte de l'esprit par lequel nous déterminons si une chose est belle ou laide.

Problématique

 Cette question fait réfléchir à l’origine même de la beauté et à sa nature. Aussi plusieurs thèses s’affrontent sur ce sujet : une thèse ancienne qui voit la beauté comme le rayonnement de l’intelligible qui s’impose à l’individu et auquel il ne peut résister, emporté dans un délire. Une thèse beaucoup plus subjective qui place le sentiment de la beauté dans le jugement. Une autre thèse, romantique celle-là conteste au jugement sa place et lui attribue la responsabilité d’une perte de proximité avec l’objet, en vérité d’une perte du sentiment divin de la beauté. Aussi au travers l’histoire de l’absence ou de la présence du jugement, il faudra comprendre ce qu’est la beauté.



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