Le bonheur est-il la fin de toute action humaine ?

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Le bonheur est-il la fin de toute action humaine ?

Philosophie

Aperçu du corrigé : Le bonheur est-il la fin de toute action humaine ?



Publié le : 30/9/2004 -Format: Document en format FLASH protégé

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Le bonheur est-il la fin de toute action humaine ?
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Les activités techniques, subalternes, doivent être subordonnées à une praxis, par exemple une action morale, un savoir désintéressé. Problématique: Tous les hommes désirent le bonheur, mais ils n'agissent pas tous dans le but explicite d'y parvenir. Certains le considèrent même comme une illusion. Il est vrai que la tâche est difficile, car il faut commencer par philosopher sur la vraie nature de la béatitude humaine. Déjà Pascal observait: "tous les hommes recherchent d'être heureux, cela sans exception; quelques différents moyens qu'ils y emploient, ils tendent tous à ce but". Aussi, le bonheur, point focal de toute existence humaine, ne semble pas nous être dû de droit, mais paraît procéder d'une insatiable recherche d'un "mieux et plus d'être", d'une inlassable maturation spirituelle. Mais, qu'est-il? Dans une acception classique, un état de complète satisfaction remplissant et submergeant toute la conscience. Mais, le problème est de savoir s'il nous est possible d'atteindre un tel état? Si cette félicité est bien la fin dernière et suprême de l'exister humain?




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  • Lolo20237 (Hors-ligne), le 24/01/2009 à 24H13.
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    Problématique

     

    Tous les hommes désirent le bonheur, mais ils n'agissent pas tous dans le but explicite d'y parvenir. Certains le considèrent même comme une illusion. Il est vrai que la tâche est difficile, car il faut commencer par philosopher sur la vraie nature de la béatitude humaine.

    Déjà Pascal observait: "tous les hommes recherchent d'être heureux, cela sans exception; quelques différents moyens qu'ils y emploient, ils tendent tous à ce but". Aussi, le bonheur, point focal de toute existence humaine, ne semble pas nous être dû de droit, mais paraît procéder d'une insatiable recherche d'un "mieux et plus d'être", d'une inlassable maturation spirituelle. Mais, qu'est-il? Dans une acception classique, un état de complète satisfaction remplissant et submergeant toute la conscience. Mais, le problème est de savoir s'il nous est possible d'atteindre un tel état? Si cette félicité est bien la fin dernière et suprême de l'exister humain? Et, si le bonheur n'est pas une entité aporique, une invention chimérique, une vue de l'esprit irréalisable?
    Dans bonheur, il y a heur, c'est-à-dire ce qui m'arrive, l'avènement: du bien ou du mal; ce peut être bonheur; mais ce peut être aussi malheur. S'il y a bon dans bonheur, c'est qu'il y a Bien, et s'il y a Bien, c'est qu'il y a vertu. Comment lier vertu et bonheur?
    Si tous les hommes désirent le bonheur, il leur est difficile de déterminer avec une certitude complète ce qui pourrait les rendre heureux. Le plus souvent, ils entendent par « le bonheur » la satisfaction absolue et s'imaginent que seule la possession de ce qui leur manque pourrait les combler.
    Lorsque Saint-Just affirmait : « Le bonheur est une idée neuve en Europe », il voulait sans doute souligner par là que, dans les démocraties, tous les obstacles au bonheur du corps social, qu'ils soient économiques ou social, pouvaient être levés. On constate toutefois que si les progrès scientifiques et techniques et plus généralement l'oeuvre civilisatrice ne sont pas sans valeur dans la quête du bonheur, car ils permettent la satisfaction des besoins et des goûts de l'homme, un plus grand développement de ses talents et de sa personnalité, ils n'impliquent pas le bonheur. On peut se demander, dès lors, si le bonheur n'est pas, pour chacun de nous, un idéal de l'imagination irréalisable et s'il constitue la véritable destination de l'humanité.

     

    Discussion :

    Aristote, La Politique :  "Tous les hommes aspirent à la vie heureuse et au bonheur, c'est là une chose manifeste."  Il reste cependant à s'interroger sur la nature du bonheur, est-il collectif ou est-il individuel ? Car on est confronté à deux différentes perceptions de la vie en société : une perception antique qui considère l'homme dans un ensemble et une conception contemporaine qui considère l'homme comme individu. Ainsi qu'elle serait la place du bonheur dans ces deux formes de vies bien distinctes ?

    Première partie : le bonheur collectif

    On voit que les différents régimes politiques ne parviennent à approcher la question du bonheur des citoyens qu'en légiférant c'est-à-dire en permettant de résoudre les disparités les plus criantes en concédant certains avantages matériels ou économiques. Le problème se trouve donc toujours quelque peu déplacé : "Le mythe du bonheur est celui qui recueille et incarne dans les sociétés modernes le mythe de l'Égalité." J. Baudrillard, La société de consommation.

    En outre la question du bonheur collectif, même si elle se heurte aux limites que l'on vient de mentionner ne peut manquer d'être sérieusement prise en considération :

     "Il y a une espèce de honte d'être heureux à la vue de certaines misères." La Bruyère, Les Caractères. On comprend d'abord que la jouissance individuelle est difficilement permise quand domine la souffrance alentour.

    Aristote, La Politique : « Ce n'est pas seulement en vue de vivre, mais plutôt en vue d'une vie heureuse qu'on s'assemble en une cité.» Il s'agit donc bien ici de souligner l'importance de créer une collectivité qui se réunit dans un même but : le Souverain Bien. Comme si on ne pouvait pas concevoir le bonheur individuellement et qu'il ne pouvait justement pas exister hors de la cité. Par conséquent, le bonheur semble être la chose vers laquelle tout citoyen tend, et vers laquelle toute action humaine (notamment celle de se réunir en une cité) est dirigée. Aristote souligne précisément cette volonté consciente et inconsciente d'être perpétuellement heureux au sein d'une cité.

    Pourtant la conquête des sociétés modernes semble être la place prépondérante qu'elles attribuent à l'individualité, ainsi chacun doit être capable de trouver son bonheur tout seul. Et puisque l'individualité semble être une valeur bénéfique pour tous alors à quoi bon s'occuper du bonheur d'une population entière ? Si le bonheur devenait un problème public, alors, en un sens la société concernée ne serait plus individualiste, puisqu'elle sous-entendrait qu'elle a pour rôle de rendre les gens heureux.

    Deuxième partie : L'individualisme

    Ainsi la société enfante des hommes, mais elle est n'est pas contrairement à une mère, préoccupée par leur avenir. Chacun doit s'occuper de son propre bonheur, tout en restant bien dans les limites qui lui sont instaurées.

    « Tout homme est capable de faire du bien à un homme; mais c'est ressembler aux dieux que de contribuer au bonheur d'une société entière. » Lettres persanes, Montesquieu. La société n'a pas cette puissance de la divinité et elle ne peut mettre en oeuvre que des outils imparfaits ou utiliser des méthodes relativement inefficaces.

    Jean Onimus, Bonheurs, bonheur : « Or notre civilisation individualiste, en fondant le bonheur collectif sur l'égoïsme des individus, et la richesse générale sur la concurrence des intérêts particuliers, n'a guère favorisé cette ouverture. Chacun vit séparé, méfiant, conscient de ses droits, cloîtré dans son privé, et considère le voisin comme un étranger, peut-être un concurrent, voire un adversaire. » Ainsi le bonheur pourrait être un problème public si le malheur des uns pouvait affecter le bonheur des autres. Seulement il semble que dans les sociétés modernes cette relation n'existe pas, bien au contraire, puisque l'on a pour habitude de dire « ce qui fait le malheur des uns, fait le bonheur des autres ». Ce proverbe illustre bien quel rapport nous entretenons entre individus d'une même société. Loin d'être de la solidarité, il s'avère être une compétition dans la recherche du bonheur. Ainsi lorsque quelqu'un est malheureux c'est en quelque sorte un concurrent de moins dans cette quête, et un peu plus de joie pour soi-même. En aucun cas, si je convoite la place de mon voisin, je ne peux souhaiter sa réussite. Ainsi lorsque Bakounine disait « ma liberté personnelle ainsi confirmée par la liberté de tous s'étend à l'infini » ne semble pas pouvoir s'appliquer au bonheur. Si dans le principe de la liberté, il est nécessaire qu'il n'y ait pas un homme en esclavage pour que les autres soient libres, il est au contraire nécessaire que beaucoup soient malheureux pour que peu soient heureux. Le bonheur des uns passe donc avant tout par le sacrifice des autres. Cependant, même si le bonheur de certains, nécessite le malheur des autres, il reste tout de même indéniable qu'il est le centre de toutes les activités et de toutes les pensées. Il est la raison même de la vie.

    Troisième partie : le bonheur imaginaire.

    Sans doute l'identification du bonheur et du Souverain Bien apparaît-elle comme une chose sur laquelle tout le monde est en accord ; ce que l'on désire cependant, c'est de savoir plus clairement quelle est la nature du bonheur. Peut-être pourrait-on y arriver si on déterminait la fonction de l'homme. De même, que dans le cas d'un artiste quelconque, et en général pour tous ceux qui ont une fonction ou une activité déterminée, c'est dans la fonction que semble résider, selon l'opinion courante, le bien, la « réussite », on peut donc penser qu'il en est ainsi pour l'homme, s'il est vrai qu'il y a une certaine fonction spéciale à l'homme. Serait-il possible qu'un charpentier ou un cordonnier aient une fonction et une activité à exercer, mais que l'homme n'en ait aucune et que la nature l'ait dispensé de toute oeuvre à accomplir ? Ou bien encore, de même qu'un oeil, une main, un pied et, d'une manière générale, chaque partie d'un corps, a manifestement une certaine fonction à remplir, ne doit-on pas admettre que l'homme a, lui aussi, en dehors de toutes ces activités particulières, une fonction déterminée ? Mais alors en quoi peut-elle consister ? Le simple fait de vivre serait-il la fin de toute action humaine, et lorsque les hommes s'interrogent sur leurs fonctions et leurs buts, ils seraient donc dans l'erreur. Car peut-être que le bonheur n'existe pas, peut-être n'est-il qu'une convention crée par les hommes afin de donner un but à leur vie. Ainsi, on pourrait presque dire que le bonheur relève de l'imaginaire des hommes, ce qui expliquerait cette perpétuelle insatisfaction propre à ces derniers.

    Conclusion :

    Schopenhauer a pourtant montré que la souffrance est le fond de toute vie et que la vie humaine est la plus douloureuse forme de vie qui soit. Elle va de la souffrance à l'ennui. Seule la souffrance est positive, alors que le bonheur est bel et bien négatif. Conquérir l'objet du désir est simplement une délivrance. La seule chose positive, c'est la douleur. Dans le bonheur, il n'y a nulle plénitude concrète.

    L'homme injuste impuni est semblable au malade abandonné à son sort. Platon inaugure la grande tradition de l'ascétisme. En un sens, toute notre morale est restée imprégnée des thèses platoniciennes, et il n'y a guère que Nietzsche pour avoir reconnu en Calliclès un modèle. Mais cette conception est-elle conforme ô l'expérience ? Est-elle légitime et réaliste ? On peut toutefois s'interroger, à l'aide de la psychanalyse, sur la perversité de certaines actions particulièrement inhumaines (actes sadiques, guerres, massacres, etc.). On peut ensuite se demander, avec Kant, si la recherche du bonheur (en particulier, celle de notre bonheur personnel) est conciliable, en toute circonstance, avec la moralité de nos actions. Dans la Critique de la raison pratique, Kant montre que le bonheur individuel, recherché par tout un chacun suivant ses propres penchants, ne peut être une finalité morale.

    Ajouté par PROF

    Plan détaillé

    Textes / Ouvrages de référence

    « Pour l'idée du bonheur un tout absolu, un maximum de bien-être dans mon état présent et dans toute ma condition future, est nécessaire. Or il est impossible qu'un être fini, si perspicace et en même temps si puissant qu'on le suppose, se fasse un concept déterminé de ce qu'il veut ici véritablement. Veut-il la richesse ? Que de soucis, que d'envie, que de pièges ne peut-il pas par là attirer sur sa tête ! Veut-il beaucoup de connaissance et de lumières ? Peut-être cela ne fera-t-il que lui donner un regard plus pénétrant pour lui représenter d'une manière d'autant plus terrible les maux qui jusqu'à présent se dérobent encore à sa vue et qui sont pourtant inévitables, ou bien que charger de plus de besoins encore ses désirs qu'il a déjà bien assez de peine à satisfaire. Veut-il du moins la santé ? Que de fois l'indisposition du corps a détourné d'excès où aurait fait tomber une santé parfaite, etc. ! Bref, il est incapable de déterminer avec une entière certitude d'après quelque principe ce qui le rendrait véritablement heureux : pour cela il lui faudrait l'omniscience. [...] Il suit de là que les impératifs de la prudence, à parler exactement, ne peuvent commander en rien, cad représenter des actions d'une manière objective comme pratiquement nécessaires, qu'il faut les tenir plutôt pour des conseils que pour des commandements de la raison ; le problème qui consiste à déterminer d'une façon sûre et générale quelle action peut favoriser le bonheur d'un être raisonnable est un problème tout à fait insoluble ; il n'y a donc pas à cet égard d'impératif qui puisse commander, au sens strict du mot, de faire ce qui rend heureux, parce que le bonheur est un idéal, non de la raison, mais de l'imagination, fondé uniquement sur des principes empiriques, dont on attendrait vainement qu'ils puissent déterminer une action par laquelle serait atteinte la totalité d'une série de conséquences en réalité infinie... »
     
     Kant, « Fondements de la métaphysique des moeurs ».

    Citations

    à son action de grâces, se mêlait une fierté toute humaine, une satisfaction d'avocat qui a gagné le procès., MARTIN DU GARD, les Thibault, t. IV, p. 139.

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    -(Séverine) était toute vibrante du bonheur d'avoir couru les trottoirs, elle gardait une fièvre de ses achats au Bon Marché., ZOLA, la Bête humaine, I.

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    ... tout bonheur est poésie essentiellement, et poésie veut dire action; l'on n'aime guère un bonheur qui vous tombe; on veut l'avoir fait. ... Imaginez-vous un collectionneur qui n'aurait pas fait sa collection? Propos sur le bonheur (1928) Alain, Emile-Auguste Chartier, dit

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    Nous accordons aux psychanalystes que toute réaction humaine est, à priori, compréhensible. Mais nous leur reprochons d'avoir justement méconnu cette «compréhensibilité» initiale en tentant d'expliquer la réaction considérée par une réaction antérieure, ce qui réintroduit le mécanisme causal : la compréhension doit se définir autrement. Est compréhensible toute action comme projet de soi-même vers un possible., SARTRE, l'être et le Néant, p. 537.

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    .1 à leurs yeux -(des mâles), le bonheur est un état négatif (...) C'est un homme, Goethe, qui a parlé du «devoir du bonheur». Et c'est un homme encore, Stendhal, qui a écrit ce mot magnifique, et qui va si loin (il contient toute une philosophie et toute une morale) : «Je ne respecte rien au monde comme le bonheur.» Mais ces hommes-là étaient des hommes supérieurs (...) La femme, au contraire, se fait une -idée positive du bonheur. C'est que, si l'homme est plus agité, la femme est plus vivante., MONTHERLANT, les Jeunes Filles, 1936, p. 1003.

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    Il se plongeait délicieusement dans cet abrutissement voluptueux si cher aux Orientaux, et qui est le plus grand bonheur qu'on puisse goûter sur terre, puisqu'il est l'oubli parfait de toute chose humaine., Th. GAUTIER, Fortunio, XXIV, p. 156.

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    "Les hommes ont été considérés comme libres pour pouvoir être jugés et punis -pour pouvoir être coupables: par conséquent toute action devait être regardée comme voulue, l'origine de toute action comme se trouvant dans la conscience." Nietzsche, Le crépuscule des idoles, Idées, page 63.

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    Je sais et je sens que faire du bien est le plus vrai bonheur que le coeur humain puisse goûter; mais il y a longtemps que ce bonheur a été mis hors de ma portée; et ce n'est pas dans un aussi misérable sort que le mien qu'on peut espérer de placer avec joie et avec fruit une seule action réellement bonne., ROUSSEAU, Rêveries..., 6Ëe promenade.

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    Tout art et toute recherche, de même que toute action et toute délibération réfléchie, tendent, semble-t-il, vers quelque bien. Aussi a-t-on eu parfaitement raison de définir le bien: ce à quoi on tend en toutes circonstances. [ Ethique de Nicomaque, I, 1 ] Aristote

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