Céline, Voyage au bout de la nuit - Lecture analytique

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Céline, Voyage au bout de la nuit - Lecture analytique

Littérature

Aperçu du corrigé : Céline, Voyage au bout de la nuit - Lecture analytique



Publié le : 22/5/2010 -Format: Document en format FLASH protégé

Céline, Voyage au bout de la nuit - Lecture analytique
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  • lecture : * Action de lire, de prendre connaissance du contenu d'un écrit. * Ce qu'on lit. Chercher des lectures intéressantes. * Manière de comprendre, d'interpréter ce qu'on lit. Niveaux de lecture. Lecture psychanalytique d'un conte pour enfants.

Louis Ferdinand Céline (1894-1961) a marqué le XX ème Siècle de son œuvre si particulière : la publication de Voyage au bout de la nuit a été un événement. En rompant avec la tradition romanesque, il a permis le développement du genre en 1950. En effet, ce premier roman est représentatif d’un style insolite, reposant notamment sur la langue populaire.

Cette œuvre évoque les tribulations de Ferdinand Bardamu, le narrateur, qui nous livre, dans une 1ère partie, ses peines face à la guerre, la détresse, la maladie, ou nous conte, dans la seconde partie, son expérience de médecin.

L’extrait suivant relate l’épisode où le personnage est confronté à la guerre, après s’être engagé sur un coup de tête. Personnage ordinaire, Bardamu transmet toutes ses émotions, loin de toute considération héroïque. On peut donc se demander quelle représentation de la guerre peut être traduite par un tel narrateur ? Nous verrons tout d’abord que Bardamu, anti-héros, est le 1er témoin des combats ; ensuite, nous montrerons que ce regard de l’humanité bafouée est un moyen de dénoncer la guerre.



Serais-je donc le seul lâche sur la terre ? pensais-je. Et avec quel effroi ! …Perdu parmi deux millions de fous héroïques et déchaînés et armés jusqu'aux cheveux ? Avec casques, sans casques, sans chevaux, sur motos, hurlants, en autos, sifflants, tirailleurs, comploteurs, volants, à genoux, creusant, se défilant, caracolant dans les sentiers, pétaradant, enfermés sur la terre comme dans un cabanon, pour y tout détruire, Allemagne, France et Continents, tout ce qui respire, détruire, plus enragés que les chiens, adorant leur rage (ce que les chiens ne font pas), cent, mille fois plus enragés que mille chiens et tellement plus vicieux ! Nous étions jolis ! Décidément, je le concevais, je m'étais embarqué dans une croisade apocalyptique. On est puceau de l'Horreur comme on l'est de la volupté. Comment aurais-je pu me douter moi de cette horreur en quittant la place Clichyi ? Qui aurait pu prévoir, avant d'entrer vraiment dans la guerre, tout ce que contenait la sale âme héroïque et fainéante des hommes ? A présent, j'étais pris dans cette fuite en masse, vers le meurtre en commun, vers le feu…Ça venait des profondeurs et c'était arrivé. Le colonel ne bronchait toujours pas, je le regardais recevoir, sur le talus, des petites lettres du général qu'il déchirait ensuite menu, les ayant lues sans hâte, entre les balles. Dans aucune d'elles, il n'y avait donc l'ordre d'arrêter net cette abomination ? On ne lui disait donc pas d'en haut qu'il y avait méprise ? Abominable erreur ? Maldonne ? Qu'on s'était trompé ? Que c'était des manoeuvres pour rire qu'on avait voulu faire, et pas des assassinats ! Mais non ! « Continuez, colonel, vous êtes dans la bonne voie ! » Voilà sans doute ce que lui écrivait le général des Entrayes, de la division, notre chef à tous, dont il recevait une enveloppe chaque cinq minutes, par un agent de liaison, que la peur rendait chaque fois un peu plus vert et foireux. J'en aurais fait mon frère peureux de ce garçon là ! Mais on n'avait pas le temps de fraterniser non plus. Donc pas d'erreur ? Ce qu'on faisait à se tirer dessus, comme ça, sans même se voir, n'était pas défendu ! Cela faisait partie des choses qu'on peut faire sans mériter une bonne engueulade. C'était même reconnu, encouragé sans doute par les gens sérieux, comme le tirage au sort, les fiançailles, la chasse à courre ! … Rien à dire. Je venais de découvrir d'un coup la guerre tout entière. J'étais dépucelé. Faut être à peu près seul devant elle comme je l'étais à ce moment-là pour bien la voir la vache, en face et de profil. On venait d'allumer la guerre entre nous et ceux d'en face, et à présent ça brûlait ! Comme le courant entre les deux charbons, dans la lampe à arc. Et il n'était pas près de s'éteindre le charbon ! On y passerait tous, le colonel comme les autres, tout mariole qu'il semblerait être, et sa carne ne ferait pas plus de rôti que la mienne quand le courant d'en face lui passerait entre les deux épaules. Il y a bien des façons d'être condamné à mort. Ah ! combien n'aurais-je pas donné à ce moment-là pour être en prison au lieu d'être ici, moi crétin ! Pour avoir, par exemple, quand c'était si facile, prévoyant, volé quelque chose, quelque part, quand il en était temps encore. On ne pense à rien ! De la prison, on en sort vivant, pas de la guerre. Tout le reste, c'est des mots. Si seulement j'avais encore eu le temps, mais je ne l'avais plus ! Il n'y avait plus rien à voler !




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  • jsbach-231145 (Hors-ligne), le 16/02/2014 à 16H19.
  • melilully-225818 (Hors-ligne), le 02/01/2014 à 02H19.
  • Baron-218437 (Hors-ligne), le 03/11/2013 à 03H10.
  • Lelecteurdu11-215161 (Hors-ligne), le 10/10/2013 à 10H21.
  • Julien97-213072 (Hors-ligne), le 22/09/2013 à 22H14.
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    Problématique

    18) portrait des parisiens = moquerie insistent sur le fait que les parisiens perçoivent de grds changements évoquent (l.15) les mots la langue française qui change cette langue en changement s’oppose à la langue académique pour le narrateur, le langage exprime une idéologie.

    Ajouté par PROF

    Plan détaillé

    Textes / Ouvrages de référence

    Citations

    (...) au bout de tous ces chichis, de ces approches diplomatiques et de ces flaflas (...), CÉLINE, Voyage au bout de la nuit, p. 427.

    Ajouté par webmaster

    D'étalages en groupes, et de manèges en loteries, à force de déambuler, nous étions parvenus au bout de la fête (...), CÉLINE, Voyage au bout de la nuit, p. 435.

    Ajouté par webmaster

    Sa négresse, accroupie près de la table, se tripotait les pieds et se les récurait avec un petit bout de bois., CÉLINE, Voyage au bout de la nuit, p. 121.

    Ajouté par webmaster

    (...) quelques nègres incohérents qui trifouillaient les cendres du bout de leur lance dans les bouffées de cette odeur (...), CÉLINE, Voyage au bout de la nuit, p. 163.

    Ajouté par webmaster

    (...) on apercevait les gros quais d'ombre des fortifs qui s'avancent hauts dans la nuit (...), CÉLINE, Voyage au bout de la nuit, p. 317 (1932).

    Ajouté par webmaster

    à la nuit tout un peuple sortait des cases de la ville indigène et se massait devant la pagode (...), CÉLINE, Voyage au bout de la nuit, p. 134.

    Ajouté par webmaster

    Le zinc du canal ouvrait juste avant le petit jour à cause des bateliers. L'écluse commence à pivoter lentement sur la fin de la nuit., CÉLINE, Voyage au bout de la nuit, p. 453.

    Ajouté par webmaster

    Moi l'inversion c'était pas mon genre..., CÉLINE, Voyage au bout de la nuit, p. 419.

    Ajouté par webmaster

    - Tu trouves pas que ça sent la pisse les malades?, CÉLINE, Voyage au bout de la nuit, p. 279.

    Ajouté par webmaster

    Quelle est la couleur de la tomate ?

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