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Sujet : La certitude d'etre mortel est-elle un obstacle a mon bonheur ?

Définitions des termes :
  • certitude : Etat de l'esprit qui tient, sans réserve, pour vrai ce qu'il juge. Caractère d'une vérité indubitable.
  • obstacle : Ce qui empêche ou retarde une action, une progression ; difficulté, empêchement.
  • bonheur : Etat de satisfaction parfaite, de contentement du corps, du coeur et de l'esprit.

Extrait du corrigé : Dans un texte vieux de trente-cinq siècles, L'épopée de Gilgamesh, rédigé en Babylonie, un roi est mis en scène dans sa quête d'immortalité. L'angoisse inspirée par la mort n'est pas une construction culturelle, elle est peut-être même l'un des signes du commencement de la culture.             La certitude que j'ai de ma propre mort n'est donc pas seulement une connaissance rationnelle, elle est un sentiment, une angoisse existentielle, comme Pascal et Kierkegaard l'ont mis en évidence. Le sentiment que j'ai de ma propre finitude, auquel me renvoie constamment la perception de l'univers infini, exprime la fragilité de mon existence. Certes, il a été dit que la mort, n'étant jamais vécue comme telle, ne fait précisément pas partie de la vie et n'a donc pas à être redoutée ; or, comme Heidegger notamment l'a souligné, l'angoisse est une peur qui n'a pas d'objet.             Il n'est donc pas contradictoire que la mort suscite en nous de l'angoisse puisqu'elle est justement quelque chose dont nous ne pouvons faire l'expérience. Les leçons d'Epicure ou de Wittgenstein sur l'absurdité de craindre la mort, pour cette raison qu'elle n'est pas à proprement parler vécue, nous paraissent de purs sophismes, et tenir davantage du déni devant l'épaisseur de l'angoisse, que d'un conseil philosophique valable. Dans l'angoisse de la mort, ce n'est pas mon vécu qui me préoccupe mais bien l'avènement de la fin de tout vécu pour moi. La certitude de la mort est donc un motif puissant qui entame mon insouciance et diffère la possibilité de voir mon bonheur se réaliser. En effet, jamais je ne parviens à me distancier suffisamment du sentiment que j'ai d'être mortel.

	La certitude d'etre mortel est-elle un obstacle a mon bonheur 	?

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Définitions

  • certitude : Etat de l'esprit qui tient, sans réserve, pour vrai ce qu'il juge. Caractère d'une vérité indubitable.
  • obstacle : Ce qui empêche ou retarde une action, une progression ; difficulté, empêchement.
  • bonheur : Etat de satisfaction parfaite, de contentement du corps, du coeur et de l'esprit.

Problématique

• Remarquez qu'il ne s'agit pas ici de la certitude de la mort des autres, mais de la mort en première personne.
• Presque tous les grands systèmes de pensée ont affirmé que la mort ne devait pas être un obstacle au bonheur, reconnaissant du même coup qu'elle pouvait en être un et qu'elle en était un.
• Obstacle dans la mesure de cette certitude : si je suis heureux je sais que ce bonheur est limité dans le temps par la certitude de la mort. L'idée d'un bonheur limité, d'un bonheur qui ne durera pas toujours n'est-elle pas contradictoire ? « La mort est plus aisée à supporter sans y penser, que la pensée de la mort sans péril » Pascal, Pensées II, 166.
• La certitude de la mort a inspiré aux hommes une grande variété de conduites rassurantes qui permettaient soit de la nier comme obstacle au bonheur, soit d'en faire une condition du bonheur. Comment penser la mort de telle sorte qu'elle ne soit pas source d'angoisse et obstacle au bonheur ?
• Cf. Épicure : Lettres à Ménécée.
• Platon : Apologie de Socrate. Le Phédon.
• Sade : Juliette ou la prospérité du vice.
• Distinguer la certitude d'être mortel et la pensée de la mort.
• Méditez ce texte fort connu de Spinoza : Éthique IV, prop. LXVII: « Un homme libre ne pense à aucune chose moins qu'à la mort, et sa sagesse est une méditation non de la mort mais de la vie. » Un homme libre c'est-à-dire qui vit suivant le seul commandement de la Raison, n'est pas dirigé par la crainte de la mort mais désire ce qui est bon directement, c'est-à-dire désire agir, vivre, conserver son être suivant le principe de la recherche de l'utile propre. »
 

La vie humaine est caractérisée par l’ambivalence : c’est simultanément que l’homme aspire au bonheur et se sait condamné par sa finitude intrinsèque. Dans Les nouveaux essais sur l’entendement humain, Leibniz compare l’homme à un pendule, qui ne cesse d’osciller entre divers états et ne trouve jamais le repos ; l’homme est donc marqué par l’inquiétude, et vit le temps sur le mode de la perte, chaque instant le rapprochant davantage de la mort. Toutefois, il nous faudra nous interroger plus précisément sur « la certitude d’être mortel », ainsi que sur la fonction du bonheur : ce dernier est-il à lui-même sa propre fin ?

 



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