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Sujet : Changer est ce devenir quelqu'un d'autre ?

Extrait du corrigé : On n'aime donc jamais personne, mais seulement des qualités. Qu'on ne se moque donc plus de ceux qui se font honorer pour des charges et des offices, car on n'aime personne que pour des qualités empruntées. ». Le simple fait que les circonstances et mon entourage aient pris sur moi pour me façonner suffit à prouver que ce "noyau originel" n'est pas invariant. Comment peut-on parler d'un "noyau" essentiel, si l'homme est cet être chez qui l'existence précède l'essence ? Sartre montre que la conscience déborde sans cesse le présent pour se tendre vers l'avenir et le passé. Si je change, ce n'est pas seulement parce que le temps agit sur moi, c'est parce, par le projet et l'action, je rejette le présent comme n'étant pas ma vérité indépassable, je pose librement un avenir que je fais advenir dans le présent. Il n'y a donc pas un moi éternel et substantiel, mais une conscience vivant engagée dans ses pro-jets. Rimbaud« Je est un autre ». dualité du sujet : dualité corps/esprit (Platon), scission à l'intérieur du psychisme, conscience/inconscient (Freud), duplicité de la conscience (Sartre).

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Définitions

  • changer : Modifier, transformer, rendre autre.
  • autrui : Un autre homme, une autre personne. En philosophie, "autrui" est ce qui est différent de moi et que l'appréhende par ma subjectivité. L'homme est ce que j'ai en commun avec les autres, tandis qu' "autrui" est ce qui me différencie des autres, ce que je ne peux connaître totalement, à cause de ma subjectivité.

Problématique

Le temps nous fait sans cesse changer. Je ne suis déjà plus celui que j'étais il y a un instant. Qu'y a-t-il de commun entre l'enfant insouciant que j'étais, l'adolescent que je suis et le vieillard que je serai ? Sans doute rien. Pourtant c'est toujours de moi, de la même personne dont il s'agit. Qu'est-ce qui nous permet de dire qu'elle est la même ?

On s’interroge ici d’une part sur ce qui fait l’identité de la personne, et d’autre part sur la relation entre cette identité et la temporalité, le devenir.

Peut-on devenir autre chose que soi-même ? Est-il possible de ne pas être soi-même ? Le changement implique t-il l’acquisition d’un nouveau moi ? Le moi existe-il, a t-il une permanence ou le sujet doit-il au contraire acquérir et construire son identité propre ? Est ce que l’acte de changer suppose la négation de son identité présente ou au contraire est ce une démarche qui ne peut que s’appuyer sur la nature propre du sujet et qui n’existe que par rapport à ce qui constitue cette identité ?

Faut-il chercher l'unité et l'unicité de la personne dans un noyau invariant sur lequel le temps n'aurait nulle prise, ou au contraire confier cette unité à la continuité d'une histoire singulière ? Quel rôle joue le temps dans cette constitution et cette dislocation du moi ?



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