Choisir, est-ce renoncer à sa liberté ? *
EXEMPLES DE RECHERCHE
Aperçu du corrigé : Choisir, est-ce renoncer à sa liberté ?
Analyse du sujet :
«Choisir» est une action selon la grammaire. Le verbe choisir signifie sélectionner une action parmi plusieurs actions possibles. Mais ce choix d'actions est-il toujours une action lui-même ? Il y a des choix causés par une passion, c'est-à-dire par une inclination (paresse, fatigue, tristesse, etc...) qui ne relève pas de la volonté. On serait tenté de définir le choix en disant qu'il implique une forme de liberté, mais alors l'énoncé du sujet renfermerait une contradiction en suggérant que le choix peut faire renoncer à la liberté. C'est pourquoi le terme sélection est plus pertinent : on peut sélectionner sans être libre. Ainsi, un moteur de recherche sur Internet choisit l'ordre dans lequel il présente les résultats d'une recherche, cela ne signifie pas pour autant qu'il est libre, puisqu'il s'agit dans son cas d'une sélection opérée d'après une programmation.
«...renoncer...» est une action qui implique un choix. On choisit de renoncer, même si ce renoncement se traduit par une inaction. Il s'agit en l'occurrence d'un choix négatif : le choix de ne pas faire ceci ou cela.
«...liberté ?» C'est exprès que nous laissons le point d'interrogation, car ce concept philosophique pose de nombreux problèmes. D'une part, il est de plus en plus restreint à mesure que la science progresse : car elle nous fait découvrir de plus en plus précisément les causes des évènements, réduisant l'importance des actions libres (on découvre ainsi qu'un tueur ne tue pas librement, mais est déterminé par une cause psychique que la science nous fait connaître). D'autre part, ce concept est absolument nécessaire : il est la condition de la justice. Sans liberté (au moins supposée), nul ne peut être dit responsable de ses actes, et ne peut donc être jugé (on ne juge pas un lion qui tue une gazelle). La liberté est au fondement du concept juridique de personne morale, c'est-à-dire d'agent responsable de ses actes.
«est-ce...» est la question philosophique par excellence, puisqu'elle demande une définition, la recherche d'une essence. Ici, il s'agit d'une correspondance ou identité entre choisir et renoncer à sa liberté. Le «est-ce» signifie : Ces deux concepts sont-ils synonymes ?
Problématisation :
Alors que Socrate était condamné à boire la ciguë, ses élèves voulurent le faire évader. Mais il refusa. Il fit un choix qui le condamnait à mort, le choix de rester en prison jusqu'à l'exécution de la sentence. On ne peut nier qu'il a choisit, car il eut la possibilité de fuir la mort. Et cependant, ce choix l'amenait à abandonner sa liberté. Choisir, est-ce renoncer à sa liberté ? Cette question paraît tout à fait paradoxale dans la mesure où le choix semble impliquer une liberté : Comment choisir sans la liberté ? Mais si cette implication existe, comment la concilier avec nos déterminations : Faut-il être neutre pour choisir librement ? Enfin : Peut-on choisir sans être libre ?
Ce qui le justifie est que ce qui fonde l'inclination est une connaissance évidente ou une disposition de mon esprit. Ainsi, le choix est l'exercice de cette disposition ou de cette connaissance, donc la liberté. Transition : Mais nous pouvons soupçonner Descartes d'erreur pour au moins une raison : est-ce vraiment un choix libre que de suivre quoi que se soit, d'autant plus une connaissance dite évidente ou une disposition d'esprit que l'on suppose introduite dans son esprit par Dieu ? Nos précédentes réflexions sur le choix amènent à ceci : comme Socrate, on peut choisir de ne pas être libre. Mais qu'est-ce qu'un choix qui se situe avant la liberté ? Cela voudrait dire que le choix est antérieur à la liberté, que nous serions capables de choisir entre être libre ou non. D'où la question : Peut-on choisir sans être libre ? III - Peut-on choisir sans être libre ? · L'on peut choisir sans être libre, à condition de se croire libre. L'introduction de la modalité de croyance nous ouvre donc une nouvelle possibilité.
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