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Comment distinguez-vous un jugement d'un préjugé ?

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Le corrigé du sujet "Comment distinguez-vous un jugement d'un préjugé ?" a obtenu la note de : aucune note

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  • snowcartel (Hors-ligne), le 22/01/2012 é 22H21.
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    Problématique

    L'absence d'examen peut être expliquée par le fait que le préjugé résulte le plus souvent d'une influence extérieure. Ce qui différencie le jugement du préjugé est la présence d'un examen dans un cas et son absence dans l'autre cas. D'autre part le préjugé exprime une forme d'extériorité, ce que l'on peut appeler argument d'autorité, parce qu'un tel défend telle idée je me l'approprie sans en examiner la valeur. Le jugement, lui, exprime plutôt une réflexion de l'esprit propre à l'individu. Parfois le jugement et le préjugé seront identifiés comme signifiant une opinion ou un jugement hâtif. Un jugement pourra être faux de même qu'un préjugé. Si le préjugé est compris comme étant ce qui précède le jugement alors où faudra-t-il placer la frontière entre les deux ? Ce qui semblait bien distinct au départ, finalement se rapproche. La question de la distinction entre le jugement et le préjugé est d'autant plus importante qu'elle ne va pas de soi et qu'elle est confrontée à des obstacles. Pour établir leur distinction il faut souligner d'un côté un sens fort du jugement : juger c'est penser, un sens fort du préjugé : le préjugé est une erreur, de l'autre côté un sens faible du jugement : le jugement est une opinion, et un sens faible du préjugé : le préjugé est une opinion.

    Un jugement est une idée toute faite. C'est le résultat d'un jugement antérieur solidifié, cristallisé. Mais, il comporte un caractère péjoratif, qui ne vaut pas pour les jugements vrais que nous ne remettons pas systématiquement en question.

    Ajouté par Emmanuel9082

    Plan détaillé

    INTRODUCTION

    Définition des termes et problématisation : Le jugement peut être rapproché de l'opinion ou de l'appréciation. Il peut également être identifié à la critique ou au discernement. Le préjugé quant à lui signifie une idée toute faite sans réflexion, une idée préconçue sans examen. L'absence d'examen peut être expliquée par le fait que le préjugé résulte le plus souvent d'une influence extérieure. Ce qui différencie le jugement du préjugé est la présence d'un examen dans un cas et son absence dans l'autre cas. D'autre part le préjugé exprime une forme d'extériorité, ce que l'on peut appeler argument d'autorité, parce qu'un tel défend telle idée je me l'approprie sans en examiner la valeur. Le jugement, lui, exprime plutôt une réflexion de l'esprit propre à l'individu. Parfois le jugement et le préjugé seront identifiés comme signifiant une opinion ou un jugement hâtif. Un jugement pourra être faux de même qu'un préjugé. Si le préjugé est compris comme étant ce qui précède le jugement alors où faudra-t-il placer la frontière entre les deux ? Ce qui semblait bien distinct au départ, finalement se rapproche. La question de la distinction entre le jugement et le préjugé est d'autant plus importante qu'elle ne va pas de soi et qu'elle est confrontée à des obstacles. Pour établir leur distinction il faut souligner d'un côté un sens fort du jugement : juger c'est penser, un sens fort du préjugé : le préjugé est une erreur, de l'autre côté un sens faible du jugement : le jugement est une opinion, et un sens faible du préjugé : le préjugé est une opinion. En confrontant ces différents sens nous devrons pouvoir établir une distinction satisfaisante entre le jugement et le préjugé.

    Première partie : Le jugement est frère de la pensée et le préjugé frère de l'erreur.

    1.1  Le jugement est plus proche de la pensée que de l'opinion.

    « Nous pouvons ramener à des jugements tous les actes de l'entendement, de telle sorte que l'entendement en général peut être représenté comme un pouvoir de juger. En effet, d'après ce qui a été dit plus haut, il est un pouvoir de penser. Or, penser, c'est connaître par concepts ; et les concepts se rapportent, comme prédicats de jugements possibles, à quelque représentation d'un objet encore indéterminé. Ainsi, le concept de corps signifie quelque chose, par exemple, un métal, qui peut être connu par ce concept. Il n'est donc un concept qu'à la condition de contenir d'autres représentations au moyen desquelles il peut se rapporter à des objets. Il est donc le prédicat d'un jugement possible, par exemple de celui-ci : tout métal est un corps. » KANT, Critique de la raison pure.

    1.2  Purifier le jugement des préjugés.

     

    « C'est pourquoi je pense que j'en userai plus prudemment, si, prenant un parti contraire, j'emploie tous mes soins à me tromper, feignant que toutes ces pensées sont fausses et imaginaires ; jusques à ce qu'ayant tellement balancé mes préjugés, qu'ils ne puissent faire pencher mon avis plus d'un côté que d'un autre, mon jugement ne soit plus désormais maîtrisé par de mauvais usages et détourné du droit chemin qui le peut conduire à la connaissance de la vérité. Car je suis assuré que cependant il ne peut y avoir de péril ni d'erreur en cette voie, et que je ne saurais aujourd'hui trop accorder à ma défiance, puisqu'il n'est pas maintenant question d'agir, mais seulement de méditer et de connaître. » DESCARTES, Méditations métaphysiques, I.

    Transition : Le jugement au sens fort se rapproche de la pensée et le préjugé au sens fort est identifié à l'erreur. Cependant un autre sens de préjugé peut rendre floues les frontières entre le jugement et le préjugé.

      Deuxième partie : Le préjugé dans le sens d'une préconception peut être un préalable au jugement.

    2.1 La préconception est le résultat d'expériences successives.

    « Une préconception, disent-ils [les Epicuriens], est comme qui dirait une perception, ou une opinion correcte, ou un concept, ou une notion universelle « mise en dépôt » (c'est-à-dire dans la mémoire), de ce qui s'est fréquemment manifesté à l'extérieur : par exemple « Tel et tel genre de choses est un homme ». En effet, dès que le mot « homme » est prononcé, son linéament aussi vient immédiatement à l'esprit par le biais d'une préconception, puisque les sens ouvrent la voie. Ce qui à titre premier, est sous-jacent à chaque mot est donc quelque chose d'évident de soi. Et nous n'aurions pas fait de recherche sur ce qui fait l'objet de notre recherche si nous n'en avions une connaissance préalable. Par exemple : « Ce qui se tient là-bas, est-ce un cheval ou une vache ? » Il faut en effet, à un moment ou à un autre, avoir appris à connaître la forme d'un cheval et celle d'une vache par le biais d'une préconception. Nous n'aurions pas non plus nommé quoi que ce soit si nous n'avions appris préalablement son linéament par le biais d'une préconception. Ainsi, les préconceptions sont évidentes par elles-mêmes. Et l'opinion dépend de quelque chose de préalable et d'évident de soi, qui est notre repère de référence quand nous disons, par exemple : « Comment savons-nous si ceci est un homme ? » DIOGENE LAERCE.

    2.2 La préconception est un critère de vérité et le point de départ de la philosophie.

    « Epicure dit ainsi, dans le Kanôn, que les sensations, les préconceptions et les sentiments sont les critères de la vérité. » DIOGENE LAERCE.

    « Pour commencer, donc, Hérodote, nous devons saisir les choses qui sont sous-jacentes aux mots, de sorte que nous puissions en disposer comme d'un repère de référence auquel juger les matières d'opinion, de recherche et d'embarras, et que tout ne sombre pas pour nous dans l'indécision au long de chaînes infinies de preuves, ou que nous n'usions de mots vides. En effet, le concept premier qui correspond à chaque mot doit être vu, sans aucun besoin de preuve additionnelle, si nous devons avoir un repère auquel référer les matières de recherche, d'embarras et d'opinion. » EPICURE, Lettre à Hérodote.

    Transition : L'opposition erreur/ pensée ne valant plus la distinction entre le jugement et le préjugé devient difficile. Or en soulignant le fait que la préconception dont il s'agit dérive de l'expérience nous pouvons de manière efficace les différencier.

    Troisième partie : Il est impossible de réduire le jugement au préjugé, ce qui les distingue principalement c'est  l'expérience pour le préjugé et l'examen pour le jugement.

    3.1 Le jugement dépasse l'expérience puisqu'il est accompagné d'examen.

    « Cependant je ne me saurais trop étonner quand je considère combien mon esprit a de faiblesse, et de pente qui le porte insensiblement dans l'erreur. Car encore que sans parler je considère tout cela en moi-même, les paroles toutefois m'arrêtent, et je suis presque trompé par les termes du langage ordinaire; car nous disons que nous voyons la même cire, si on nous la présente, et non pas que nous jugeons que c'est la même, de ce qu'elle a même couleur et même figure: d'où je voudrais presque conclure, que l'on connaît la cire par la vision des yeux, et non par la seule inspection de l'esprit, si par hasard je ne regardais d'une fenêtre des hommes qui passent dans la rue, à la vue desquels je ne manque pas de dire que je vois des hommes, tout de même que je dis que je vois de la cire; et cependant que vois- je de cette fenêtre, sinon des chapeaux et des manteaux, qui peuvent couvrir des spectres ou des hommes feints qui ne se remuent que par ressorts ? Mais je juge que ce sont de vrais hommes, et ainsi je comprends, par la seule puissance de juger qui réside en mon esprit, ce que je croyais voir de mes yeux. » DESCARTES, Méditations métaphysiques, II.

    • Le doute méthodique qui mène
    Descartes à remettre en cause l'existence même du monde extérieur permet de bien comprendre la distance qui me sépare d'autrui. Qu'est-ce qui me prouve, en effet, que je ne suis pas le seul être doué d'une véritable subjectivité, et que les autres ne sont pas tous des automates, ou même des rêves?
    • Si radicale et paranoïaque qu'une telle hypothèse puisse sembler, c'est bien souvent comme un automate - ou comme un objet, et non comme un sujet digne de ce nom - que je traite autrui lorsque je l'instrumentalise à mes propres fins ou que je le considère comme d'une dignité inférieure à la mienne.

    3.2 Les préjugés concernent les sens et le jugement les idées.

    « L'or et le plomb sont fort pesants, fort durs et fort sensibles, l'eau et l'air au contraire ne se font presque pas sentir. De-là les hommes concluent, que les premiers ont bien plus de réalité que les autres, ou qu'il y a plus de matière dans un pied cube d'air ou de matière invisible. Ils jugent de la vérité des choses par l'impression sensible qui nous trompe toujours, et ils négligent les idées claires et distinctes de l'esprit, qui ne nous trompent jamais. » MALEBRANCHE, De la recherche de la vérité, I.

    CONCLUSION

    Les manières de différencier le jugement du préjugé dépendent du sens que l'on prend de l'un et de l'autre. Ainsi une première distinction consistant à rapprocher le jugement de la pensée et le préjugé de l'erreur ne pose pas de problème particulier si ce n'est que nous prenons les deux notions dans leur sens fort. Si nous examinons une signification bien particulière du préjugé à savoir la préconception épicurienne, nous constatons que le préjugé peut devenir un préalable au jugement et les frontières entre les deux deviennent floues. Pour résoudre cette impasse il faut souligner le fait que la préconception dérive de l'expérience alors que le jugement même s'il peut se servir de l'expérience doit passer par un examen. En définitive l'examen et l'expérience permettent de distinguer le jugement du préjugé.

     

    Textes / Ouvrages de référence

    Citations

      « L'évidence est le caractère (ou signe ou critérium) d'une vérité clairement et distinctement conçue qui s'impose à l'esprit. » Lagneau, Célèbres Leçons et Fragments, 1950 (posth.)
     
     
    « Toute vérité nouvelle naît malgré l'évidence. » Bachelard, Le Nouvel Esprit scientifique, 1934.
     

     
    Préjugé : « Ce qui est jugé d'avance, c'est-à-dire avant qu'on se soit instruit. Le préjugé fait qu'on s'instruit mal. » Alain, Définitions, 1953 (posth.)
     

     
    « Pour ce que nous avons tous été enfants avant que d'être hommes, et qu'il nous a fallu longtemps être gouvernés par nos appétits et nos précepteurs [...], il est presque impossible que nos jugements soient si purs ni si solides qu'ils auraient été si nous avions eu l'usage entier de notre raison dès le point de notre naissance. » Descartes, Discours de la méthode, 1637.
     
     
    « Qui a une idée vraie sait en même temps qu'il a une idée vraie, et ne peut douter de la vérité de la chose. » Spinoza, Éthique, 1677 (posth.)
     
     
    « Nous ne prendrons jamais le faux pour le vrai tant que nous ne jugerons que de ce que nous apercevons clairement et distinctement. » Descartes, Principes de la philosophie, 1644.
     
     
    « Descartes n'ayant point mis d'enseigne à l'hôtel de l'évidence, chacun se croit en droit d'y loger son opinion. » Helvétius, De l'Esprit, 1758.

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