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EXEMPLES DE RECHERCHE
Extrait du corrigé : « Nous attribuons forcément à cette masse une parfaite identité, pourvu que les parties demeurent identiques de façon ininterrompue et invariable » (Hume, Traité de la nature humaine, Livre I, partie IV, section VI). - Par ailleurs, si la modification de l'objet ne nous est pas perceptible, ou si nous la considérons en quelque sorte comme négligeable, nous continuerons à voir cet objet comme formant un tout. En quelque sorte, nous confondons l'identité avec le changement graduel, l'esprit n'étant pas heurté lorsque le changement est doux. Ainsi, « un enfant devient un homme, et il est tantôt gras, tantôt maigre, sans que change son identité » affirme Hume (Traité de la nature humaine, Livre I, partie IV, section VI). - C'est de cette manière que le fonctionnement de l'esprit humain produit des connexions entre nos perceptions et permet la fiction d'un soi. « Nous faisons - écrit Hume - comme s'il y avait une existence continue des perceptions de nos sens, pour supprimer leur interruption, et tombons dans la notion d'âme, de moi et de substance, pour masquer la variation » (Traité de la nature humaine, Livre I, partie IV, section VI). Nous passons en quelque sorte de l'illusion d'une unité de certaines matières dans l'espace, à l'illusion d'une unité de la pensée dans le moi. - Ce processus est accentué par le fait que nous mémorisons une image fixe de tout ce que nous rencontrons pour la première fois. Ainsi lorsque nous rencontrons quelqu'un, l'impression qu'il nous laisse se fige en nous, si bien que lorsque nous le reverrons, nous l'associerons toujours à cette image première, et notre esprit créera l'illusion de la fixité en rapportant l'individu à cette image et en faisant abstraction des différences. - La raison première de l'idée d'identité se trouve donc dans la mémoire.
Corrigé de 2105 mots (soit 3 pages) directement accessible
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Analyse du sujet :
- La question pose problème, car ce qui caractérise le changement, c’est le fait que quelque chose passe d’un état à un autre état, et que dans ce passage, l’état premier est supprimé pour laisser la place à l’état second. Il y a donc a priori stricte opposition entre le changement et le fait de demeurer le même.
- Pourtant, en ce qui concerne l’être humain, chacun peut affirmer à la fois qu’il a changé, et en même temps qu’il est toujours lui-même. Même dans le cas où l’on dit de quelqu’un qu’il « sort de lui-même », on espère toujours qu’il « redeviendra lui-même », ce qui indique qu’on suppose toujours une individualité sous-jacente.
- Cela implique de considérer que ce n’est pas la totalité de l’individu qui change, mais seulement une partie, comme s’il y avait un noyau central en lequel reposait l’individualité, et d’autres choses autour, plus superficielles, qui pourraient changer sans modifier ce noyau.
- Ainsi par exemple, lorsque quelqu’un grandit, on constate bien que son corps change. Si l’on s’obstine à considérer qu’il est le même, c’est parce qu’on pense que son corps n’est qu’un aspect superficiel de lui-même, qu’il est presque négligeable en regard de ce noyau profond qui constitue son moi intime.
- La question revient donc à se demander quelle est la nature de ce mystérieux noyau et comment il est possible qu’il résiste aux modifications qui lui sont périphériques.
- Ce questionnement pourrait ensuite nous amener à nous interroger sur la pertinence de cette impression selon laquelle nous resterions le même.
Problématisation :
Le sentiment de disposer d’un moi profond que rien ne puisse altérer est si prégnant chez l’être humain qu’il est quasiment incontestable. Il n’en reste pas moins que dans un monde où le passage du temps semble condamner toute chose au changement, il est difficile de rendre compte de ce sentiment intime. Il n’y a guère d’autres solutions que de postuler chez tout être humain un moi immuable qui résiste aux altérations extérieures, mais comment considérer l’existence d’un tel moi si, par ailleurs, le corps peut changer jusqu’à disparaître totalement ?
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