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Sujet : Comment puis-je dire que je suis le même alors que je change au cours du temps ?

Définitions des termes :
  • dire : Affirmer, soutenir, tenir pour vrai.
  • même : Analogue, aussi, égal, identique, uniforme.
  • temps : Milieu indéfini et homogène, analogue à l'espace, dans lequel se déroulent les événements. Temps objectif: Mouvement continu et irréversible (« flèche du temps ») par lequel le présent rejoint le passé. Temps subjectif: Sentiment intérieur de la temporalité, telle qu'elle est vécue par le sujet (synonyme : durée).

Extrait du corrigé :   -          Mais l'idée d'âme est extrêmement problématique, car si elle semble résoudre le problème, il n'en reste pas moins qu'il est impossible de prouver son existence, et ce d'autant plus que nous sommes obligés de la détacher du corps pour qu'elle ait un sens. -          Personne ne peut, par exemple, prétendre avoir jamais eu une impression claire et distincte de son âme. « De quelle impression cette idée pourrait-elle être tirée ? Il est impossible de répondre à cette question sans contradiction ni absurdités manifestes » déclarera Hume (Traité de la nature humaine, Livre I, partie IV, section VI) -          En effet, l'âme est supposée rester continue et constante, or nous n'avons jamais d'impressions qui soient continues et constantes. « Douleur et plaisir, chagrin et joie, passions et sensations se succèdent les uns aux autres, et ils n'existent jamais tous en même temps. Ce ne peut donc être d'aucune de ces impressions ni d'aucune autre que l'idée du moi est dérivée, et, par conséquent, une telle idée n'existe pas » écrit Hume (Traité de la nature humaine, Livre I, partie IV, section VI). -          D'autre part, si l'âme est constante et éternelle, comment peut-elle nous permettre d'appréhender des sensations variées ? comment l'âme peut-elle nous permettre de comprendre le changement si elle ne change pas ? -          « Pour ma part, quand j'entre le plus intimement dans ce que j'appelle moi-même, je bute toujours sur quelque perception particulière ou sur une autre, de chaud ou de froid, de lumière ou d'ombre, d'amour ou de haine, de douleur ou de plaisir. Je ne peux jamais, à aucun moment, me saisir moi-même sans une perception, et jamais je ne puis observer autre chose que la perception » déclare Hume (Traité de la nature humaine, Livre I, partie IV, section VI).

	Comment puis-je dire que je suis le même alors que je change au cours du temps 	?

Corrigé : 	Comment puis-je dire que je suis le même alors que je change au cours du temps 	? Corrigé de 2105 mots (soit 3 pages) directement accessible

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Définitions

  • dire : Affirmer, soutenir, tenir pour vrai.
  • même : Analogue, aussi, égal, identique, uniforme.
  • temps : Milieu indéfini et homogène, analogue à l'espace, dans lequel se déroulent les événements. Temps objectif: Mouvement continu et irréversible (« flèche du temps ») par lequel le présent rejoint le passé. Temps subjectif: Sentiment intérieur de la temporalité, telle qu'elle est vécue par le sujet (synonyme : durée).

Problématique

Analyse du sujet :

-          La question pose problème, car ce qui caractérise le changement, c'est le fait que quelque chose passe d'un état à un autre état, et que dans ce passage, l'état premier est supprimé pour laisser la place à l'état second. Il y a donc a priori stricte opposition entre le changement et le fait de demeurer le même.

-          Pourtant, en ce qui concerne l'être humain, chacun peut affirmer à la fois qu'il a changé, et en même temps qu'il est toujours lui-même. Même dans le cas où l'on dit de quelqu'un qu'il « sort de lui-même », on espère toujours qu'il « redeviendra lui-même », ce qui indique qu'on suppose toujours une individualité sous-jacente.

-          Cela implique de considérer que ce n'est pas la totalité de l'individu qui change, mais seulement une partie, comme s'il y avait un noyau central en lequel reposait l'individualité, et d'autres choses autour, plus superficielles, qui pourraient changer sans modifier ce noyau.

-          Ainsi par exemple, lorsque quelqu'un grandit, on constate bien que son corps change. Si l'on s'obstine à considérer qu'il est le même, c'est parce qu'on pense que son corps n'est qu'un aspect superficiel de lui-même, qu'il est presque négligeable en regard de ce noyau profond qui constitue son moi intime.

-          La question revient donc à se demander quelle est la nature de ce mystérieux noyau et comment il est possible qu'il résiste aux modifications qui lui sont périphériques.

-          Ce questionnement pourrait ensuite nous amener à nous interroger sur la pertinence de cette impression selon laquelle nous resterions le même.

Problématisation :

Le sentiment de disposer d'un moi profond que rien ne puisse altérer est si prégnant chez l'être humain qu'il est quasiment incontestable. Il n'en reste pas moins que dans un monde où le passage du temps semble condamner toute chose au changement, il est difficile de rendre compte de ce sentiment intime. Il n'y a guère d'autres solutions que de postuler chez tout être humain un moi immuable qui résiste aux altérations extérieures, mais comment considérer l'existence d'un tel moi si, par ailleurs, le corps peut changer jusqu'à disparaître totalement ?

 



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