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Commentez ce jugement de Victor Hugo sur le théâtre : "Le théâtre n'est pas le pays du réel: il y a des arbres en carton, des palais de toile, un ciel de haillons, des diamants de verre, de l'or de clinquant, du fard sur la pêche, du rouge sur la joue, un soleil qui sort de dessous la terre. C'est le pays du vrai : il y a des coeurs humains dans la coulisse, des coeurs humains dans la salle."

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Commentez ce jugement de Victor Hugo sur le théâtre : "Le théâtre n'est pas le pays du réel: il y a des arbres en carton, des palais de toile, un ciel de haillons, des diamants de verre, de l'or de clinquant, du fard sur la pêche, du rouge sur la joue, un soleil qui sort de dessous la terre. C'est le pays du vrai : il y a des coeurs humains dans la coulisse, des coeurs humains dans la salle."

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Document transmis par : Antoinette37884


Publié le : 2/10/2010 -Format: Document en format HTML protégé

Commentez ce jugement de Victor Hugo sur le théâtre :
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Reproduire le réel ? S’en évader et aller vers l’imaginaire ? Cette alternative est valable pour tous les genres littéraires mais elle colle au mieux celui du théâtre. Le statut est double, à la fois texte et représentation le caractérise. D’ailleurs dans un texte très connu de Giraudoux, L’impromptu de Paris, l’auteur fait dire à ses personnages que « le théâtre, c’est d’être réel dans l’irréel ».

C’est finalement ce que veut nous faire comprendre Hugo lorsqu’il dit que « le théâtre n'est pas le pays du réel: il y a des arbres en carton, des palais de toile, un ciel de haillons, des diamants de verre, de l'or de clinquant, du fard sur la pêche, du rouge sur la joue, un soleil qui sort de dessous la terre. C'est le pays du vrai : il y a des cœurs humains dans la coulisse, des cœurs humains dans la salle ». En résumé, nous allons finalement, grâce entre autre à la métaphore de Giraudoux, nous demander si le théâtre est oui ou non pays du réel, quels sont les rapports entre le réel sur la scène, et le réel en dehors de la scène ?

Aller au théâtre, c'est forcément se placer hors du monde habituel dans lequel nous évoluons: le théâtre, c'est d'abord un lieu spécifique, ou à défaut un espace spécifique ; on y parle de décor, à « monter » ou « démonter » ; de rideau, qui se « lève », se « baisse ». Des cette lever de rideau, le réel s’impose, mais quel réel ? Est ce qu’il est possible d’effacer la part des conventions qui régissent l’univers du théâtre ? 

Nous allons donc voir dans une première partie toute la part du réel dans le théâtre, puis dans une seconde partie la part de l’irréel, et nous finirons sur une troisième partie ou nous verrons que la mise en scène et le choix de l’histoire peuvent renforcer le double aspect du théâtre, ainsi que la nature du réel au théâtre dans son apport avec l’art.

 

Bien sur, tout le monde sait que le théâtre a pour but de montrer une partie du réel, et dans sa représentation, la scène et la salle partagent le même espace et la même temporalité. Le théâtre est un spectacle vivant dont la représentation est le but. Le texte même est fait pour être dépassé par l’action. Les moyens d’expression sont variés ; le dialogue bien sûr mais aussi l’éclairage, la musique, le décor, le maquillage, les costumes. Ils créent une atmosphère, une illusion qui entraînent le public « hors du monde », hors de son quotidien.

Diderot encore précise qu’au théâtre, le « vrai » est la conformité de la représentation avec le « modèle idéal imaginé par le poète et souvent exagéré par le comédien ». Pour le metteur en scène, c’est un choix délicat que celui des acteurs car il engage l’interprétation de la pièce. Dans Ruy Blas par exemple, selon la distribution, la vision de la pièce en est modifié, si la représentation est marquante, c’est avec le visage de tel ou tel acteur que l’on imaginera désormais le personnage. Citons un exemple connu, celui de Gérard Philipe qui est devenu le Cid. Mais cette incarnation des personnages fonctionne pour toutes les pièces, par exemple, nous sommes allez voir L’illusion comique au théâtre à Montparnasse, et bien qu’il s’agisse de la pièce de Corneille, cette interprétation était totalement différente de la vision de la pièce que j’avais, certains personnages chantaient même. Ainsi, les personnages qui se confient sur scène, se déchirent ou s’aiment sont les rêves de l’auteur, animés par des comédiens qui les « jouent », dans un décor souvent stylisé où tout est signe, métaphore. La mise en scène d’ « Antigone », imaginée par Anouilh, est très dépouillée. Les deux seuls accessoires de la pièce sont un bol et une chaîne. Le premier est apporté par la nourrice et cet objet familier conduit Antigone à redevenir l’enfant qui se réfugiait dans les bras de sa « nounou ». Le second est la chaîne qui lie les poignets de la fille d’Œdipe, prise au piège « comme une petite hyène ». 

C’est dans un registre fantastique que le texte d’ « Electre » suggère le décor dès les premières répliques : la façade du palais a deux « corps » et cet animisme suggère la dualité de l’homme et l’inconstance de son destin. Et ce choix du décor nous montre à quel point scène et salle partagent le même espace, et on le découvre des le lever de rideau. D’ailleurs, dans Ruy Blas, au tout début de la pièce, une longue didascalie nous décrit minutieusement, donc avec beaucoup d’attention, le salon de Danaé dans le palais royal de Madrid, et lors de la représentation, cette description devient une réalité concrète.

A la lecture, on imagine, et à la représentation, on voit, ce qu’un autre a imaginé, ce que le metteur en scène a compris de la pièce, et ce dont il veut que l’on retient. Dans la scène d’exposition du tartuffe, l’énergie de l’héroïne de la scène, et son abattage apparaît sur scène comme une évidence, alors qu’elle peut nous échapper à la lecture. Molière dit d’ailleurs que l’ « on sait bien que les comédies ne sont faites que pour être jouées et [ qu’il ne conseil] de lire celle-ci qu’aux personnes qui ont des yeux pour découvrir dans la lecture tout le jeu du théâtre ».

Mais voilà, le choc de la représentation ne suffit pas pour décrire ce qu’est le théâtre du réel, car au début, il existe bien une partie écrite, une pièce imaginé et mise en œuvre par un auteur, et le théâtre n’est qu’illusion pour rendre le réel, le théâtre se veut représentation du réel mais quel réel et comment le rendre ?

Comme dans tous les univers, il existe au théâtre des règles, au nom de la vraisemblance, et surtout dans un théâtre dit classique. Ainsi, une représentation qui dure trois heures au plus ne peut pas représenter  une action trop intense, située dans divers lieu, étalée sur des laps de temps important dépassant une journée, bien que pendant les entractes, l’action continue et le temps passe. L’art du théâtre est donc une imitation de la nature du temps, du réel, mais cette nature est choisie, permanente, universelle ; le choix est plutôt fait au vraisemblable qu’au vrai qui risque d’être monstrueux. Par exemple, dans l’illusion comique, on peut évaluer le temps du récit à quelques jours, or, lors de sa représentation, trois heures suffisent largement, pour nous montrer l’action, avec un rendu tout à fait compréhensible.

Venons en maintenant à la théorie du mélange des genres dans le théâtre, et plus particulièrement dans le théâtre romantique. Elle vise à rendre le réel et à représenter la vie dans sa complexité et sa diversité. Dans la préface de Cromwell, Victor Hugo nous dit que « le caractère du drame est le réel, le réel résulte de la combinaison toute naturelle de deux types, le sublime et le grotesque, qui se croisent dans le drame comme ils se croisent dans la vie et dans la création. ». 

Enfin, voyons la théorie du quatrième mur dans le théâtre naturaliste, c’est à dire tout ce qui correspond à un type de mise en scène et d'interprétation des acteurs dans le théâtre, tout en cherchant à reproduire la nature humaine au pl...



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Problématique

L'humanité s'impose au théâtre grâce à la personne physique du comédien : il joue avec sa voix, ses silences, son corps. Certains cas extrêmes mettent en scène un seul comédien, comme c'est le cas dans la pièce de Koltès La Nuit juste avant la forêt : un homme seul est désespéré tente en vain de retenir un inconnu, et ce jusqu'à la mort ; pendant toute la pièce, il dénude son coeur devant un public saisi par tant de violence, celle que la société peut parfois imposer à l'homme. Là, il incombe à un seul comédien de porter jusqu'au bout toute cette tragédie. Le public est alors impressionné autant par la force du texte que par la performance de l'acteur. Plus le texte est violent, plus l'acteur sort de ses limites : cela est parfois perceptible pour les spectateurs selon leur place par rapport à la scène qui peut laisser voir transpiration ou postillon ; alors, loin d'en être dérangé, le spectateur en est plutôt ému.

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Plan détaillé

Textes / Ouvrages de référence

Citations

Il y a le vrai théâtre, l'étude des moeurs, la peinture des caractères, la satire des tares et des travers humains, ce grand théâtre comique qui nous met en face de nous-mêmes, et, en nous amusant, nous donne sa grande leçon., Paul LÉAUTAUD, le Théâtre de M. Boissard, XXXVII.

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.2 Ce n'est pas par les armes (...) que se joue le sort des pays tempérés à mémoire... C'est au lit... Sous les lits... Dans l'impalpable débordement de cent mille façons de s'envoyer en l'air à toute heure du jour, de la nuit..., Ph. SOLLERS, Femmes, p. 43.

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(...) il chercha une peinture qui pût résister au soleil, à la pluie, au vent, à la gelée, à la neige, qui alternent si aimablement dans les pays -tempérés., Th. GAUTIER, Souvenirs de théâtre, La vente Jollivet.

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(...) la Californie est un pays plein d'or, de perles et de diamants. Il n'y a qu'à se baisser (...) Il y a de l'or partout, Madame, on le ramasse à la pelle (...), B. CENDRARS, l'Or, p. 169.

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On sait, lui-même y fait mainte allusion dans ses vers, quel infatigable promeneur c'est que Victor Hugo. Pensif et mystérieux rôdeur que la muse toujours accompagne, il aime à surprendre la solitude dans l'abandon de ses attitudes secrètes, à venir chez la nature aux heures où, n'attendant personne, elle reste en déshabillé et ne compose pas son visage., Th. GAUTIER, Souvenirs de théâtre, Dessins de Victor Hugo.

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Une terrasse du palais Barbarigo, à Venise. C'est une fête de nuit. Des masques traversent par instants le théâtre. Des deux côtés de la terrasse, le palais splendidement illuminé et résonnant de fanfares (...) Au fond, au bas de la terrasse, est censé le canal de la Zuecca, sur lequel on voit passer par moments, dans les ténèbres, les gondoles, chargées de masques et de musiciens, à demi éclairées. Chacune de ces gondoles traverse le fond du théâtre (...) Au fond, Venise au clair de lune., HUGO, Lucrèce Borgia, I (indications scéniques).

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La terrorisante apparition du Mal qui dans les Mystères d'Eleusis était donnée dans sa forme pure, et était vraiment révélée, répond au temps noir de certaines tragédies antiques que tout vrai théâtre doit retrouver., A. ARTAUD, le Théâtre et la peste, -in le Théâtre et son double, Idées-Gallimard, p. 42.

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.1 Les cauchemars de la peinture flamande nous frappent par la juxtaposition à côté du monde vrai de ce qui n'est plus qu'une caricature de ce monde; ils offrent des larves qu'on aurait pu rêver. Ils prennent leur source dans ces états semi-rêvés qui provoquent les gestes manqués et les dérisoires lapsus de la langue., A. ARTAUD, le Théâtre et son double, Théâtre oriental et Théâtre occidental, Idées/Gallimard, p. 108-109.

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Ayant, comme j'ai fait, pratiqué la misère De cette pauvre vie, et les maux journaliers Qui sont des coeurs humains compagnons familiers., RONSARD, Élégies, XV.

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