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Sujet : Le concept de chien peut-il mordre ?

Extrait du corrigé : On y pose à l'élève une question telle que celle-ci : « Le plaisir est-il ou n'est-il pas le bonheur ? » Mais il faudrait d'abord savoir si plaisir et bonheur sont des genres correspondant à un sectionnement naturel des choses. A la rigueur, la phrase pourrait signifier simplement : « Vu le sens habituel des termes plaisir et bonheur, doit-on dire que le bonheur soit une suite de plaisirs ? » Alors, c'est une question de lexique qui se pose ; on ne la résoudra qu'en cherchant comment les mots « plaisir » et « bonheur » ont été employés par les écrivains qui ont le mieux manié la langue. On aura d'ailleurs travaillé utilement ; on aura mieux défini deux termes usuels, c'est-à-dire deux habitudes sociales. Mais si l'on prétend faire davantage, saisir des réalités et non pas mettre au point des conventions, pourquoi veut-on que des termes peut-être artificiels (on ne sait s'ils le sont ou ils ne le sont pas, puisqu'on n'a pas encore étudié l'objet) posent un problème qui concerne la nature même des choses ? Supposez qu'en examinant les états groupés sous le nom de plaisir on ne leur découvre rien de commun, sinon d'être des états que l'homme recherche : l'humanité aura classé ces choses très différentes dans un même genre, parce qu'elle leur trouvait à tous le même intérêt pratique et réagissait à tous de la même manière. »   Prendre à rebours la position platonicienne et s'interroger sur une naissance des concepts ne permet pas nécessairement d'affirmer que le concept de chien, en tant qu'il découle de l'expérience et d'un processus d'élaboration mentale, est aux prises avec l'expérience à un point tel que l'on pourrait affirmer qu'il peut mordre. Bergson invite en effet à porter le soupçon sur la manière dont le concept se lie au réel, et à reconnaître un certain utilitarisme dans la fabrication des concepts : on forme des concepts pour manier plus aisément les objets du monde, et pas pour rendre compte de notre expérience intime du monde. Le concept de chien est alors une entité figée, à but pratique (reconnaître les chiens), et n'est investi d'aucune expérience personnelle.

Corrigé de 1876 mots (soit 3 pages) directement accessible

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