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EXEMPLES DE RECHERCHE
Extrait du corrigé : La formule de l'énoncé « conduire par ordre ses pensées » comporte implicitement les assertations suivantes : 1° Pour que je puisse conduire une pensée, il faut que la pensée, par sa nature même, constitue une sorte de mouvement, de marche, de progression. 2° Il faut que, dans certains cas au moins, j'aie le pouvoir de diriger moi-même mes pensées, tandis que, dans d'autres, elles suivent d'elles-mêmes leur « cours ». 3° Lorsque je conduis moi-même mes pensées, je puis soit les conduire sans ordre, soit les conduire par ordre. 1. - On admet volontiers que nos pensées se suivent; en un sens, il ne saurait en être autrement; l'homme qui pense est un homme qui vit, donc qui existe dans le temps; toutes ses pensées, tous ses actes, forment inévitablement une succession. Toutefois, cette succession pourrait être interprétée comme l'apparition successive de pensées différentes, comme celles qui se présentent dans notre esprit lorsque nous regardons le spectacle qui se déroule devant la vitre d'un wagon, lorsque nous lisons un roman ou entendons une oeuvre musicale. Il ne s'agit là que d'une succession accidentelle, étrangère au contenu même de nos pensées, celle que l'on disait jadis régie par les lois de l'« association des idées ». Il est bien plus important de considérer, non plus l'ordre successif d'une pluralité de pensées différentes, mais la formation progressive d'une même pensée. Résoudre un problème, approfondir une réflexion, soutenir une méditation, cela suppose un même objet présent à notre esprit et la progression d'une même pensée qui se précise, s'enrichit, se dépasse elle-même par une sorte de travail intérieur. Cela est si vrai que l'on peut distinguer deux sortes de pensées, parmi les plus réfléchies, les plus personnelles, les plus fortes dont nous soyons capables, les pensées en progression que nous venons d'évoquer, et les pensées instantanées, sans durée, comme celle qui se manifeste dans l'acte de comprendre.
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