La connaissance scientifique du vivant exige-t-elle que l'on considère l'organisme comme une machine ?
EXEMPLES DE RECHERCHE
Aperçu du corrigé : La connaissance scientifique du vivant exige-t-elle que l'on considère l'organisme comme une machine ?
Publié le : 5/1/2004 -Format:
- connaissance : CONNAÎTRE / CONNAISSANCE: 1. Être familier de quelqu'un ou quelque chose. 2. Discerner, distinguer quelque chose : « Le premier et le moindre degré de connaissance, c'est d'apercevoir » (CONDILLAC) 3. Posséder une représentation de quelque chose, en part. une représentation exacte. 4. Connaissance: a) Acte par lequel un sujet s'efforce de saisir de saisir et de se représenter les objets qui se présentent à lui. b) Résultat de cet acte.
- scientifique : Sens 1: Qui concerne la science. Qui est conforme aux procédés de recherche et d'observation des sciences. Sens 2: Personne spécialisée dans une ou plusieurs sciences.
- vivant : L'être vivant est un organisme. Il n'est pas constitué d'une juxtaposition de parties ajoutées les unes aux autres. Ces parties forment un tout car elles sont interdépendantes (le fonctionnement d'une partie est tributaire de celui des autres) et paraissent toutes participer à une fin commune : le maintien de l'être vivant en vie. Parce qu'il est un organisme, l'être vivant est un organisme. Tout être vivant est un individu au sens où il forme une unité distincte, ne ressemblant exactement à aucune autre, qui ne peut être divisée sans être détruite. Leibniz au XVII ième avait énoncé l'existence d'un principe, nommé principe des indiscernables, selon lequel il n'y a pas deux êtres identiques dans la nature. Qu'est-ce qui différencie les organismes vivants des choses naturelles ou objets fabriqués ? Jacques Monod, généticien, prix Nobel de médecine en 1965, retient dans Le hasard et la nécessité trois critères qui doivent être présents simultanément dans un être pour que celui-ci puisse être qualifié de vivant. Le premier est la téléonomie (du grec télos : fin et nomos : loi). L'être vivant est toujours un être qui, pris dans son ensemble ou chacune de ses parties, répond à une fonction, donc apparemment à une fin. Du point de vue de l'ensemble, l'être vivant semble "fait pour" se perpétuer. Se perpétuer lui-même, du moins le temps nécessaire à la reproduction, et perpétuer son espèce. Du point de vue de chacune des parties, ces dernières semblent "faites pour" accomplir telle ou telle fonction. L'oeil est "fait pour" voir, la langue du fourmilier "pour" attraper les fourmis ... comme si une fin à réaliser était à l'origine de chaque organe, comme si la fonction créait l'organe. Le second critère retenu par Monod est la morphogenèse autonome (du grec morphé : forme et genesis développement). L'être vivant est en relation constante avec un milieu extérieur ; néanmoins, le processus de formation et de développement d'un être vivant est indépendant du milieu extérieur. Même si, pour son entretien et sa croissance, un organisme vivant a besoin d'assimiler des substances étrangères (nourriture, oxygène, gaz carbonique, etc.), même si, sans ce type de relations la vie ne pourrait ni exister, ni se développer, toujours est-il que sa forme et sa croissance sont régies par une programmation interne qui n'est pas le résultat des forces extérieures qui s'exercent sur l'être vivant. Par exemple, un poisson rouge ne peut survivre sans eau et daphnies, mais aucune force physique ne peut transformer ce dernier en éléphant. Les manifestations principales de cette morphogenèse autonome sont l'auto-formation, l'autorégulation et l'auto-réparation. Cette dernière, bien qu'elle ne concerne pas tous les organes, s'étend cependant à un nombre infini d'agressions et de blessures. C'est ainsi que l'écorce du pin entaillé se refait, que la pince du crabe repousse et que les blessures se cicatrisent. Le troisième critère est l'invariance reproductive. Les êtres vivants se reproduisent. En outre, cette reproduction est marquée par l'invariance, soit complète en cas de reproduction par sissiparité (division des cellules), soit partielle en cas de reproduction sexuée. Il existe alors des différences individuelles (à l'exception des jumeaux univitellins) mais les caractéristiques de l'espèces sont conservées. Il ne faut pas confondre la variabilité des individus et l'invariance propre à l'espèce. Ces trois critères, présents en un même être, nous permettent-ils de distinguer assurément le vivant de l'inerte ? Après tout les machines sont également des objets téléonomiques, les machines peuvent s'autoréguler et les ordinateurs, en raison de la programmation, ont une certaine autonomie. Il est moins aisé qu'il ne le paraît au premier abord de dégager des critères permettant de différencier un être vivant d'une machine complexe toutefois, la machine ne se reproduit pas, ne croit pas et connaît une autonomie très limitée.
- comme : De même que, tel que, à l'instar de.
- machine : Du grec, mèchané, « ruse ». Traditionnellement, la machine est considérée comme une ruse contre la nature. Elle sert de modèle à la science et notamment à la physique. La nature entière peut ainsi être considérée comme une machine dont il s'agit de percer les rouages.
Le vitalisme antique tendait à faire participer toute la matière à la vie : chaque être, jusqu'aux minéraux, possède une âme. La rupture épistémologique introduite par le mécanisme de Galilée a conduit au contraire à expliquer les êtres vivants en ne les considérant plus que comme de simples mécaniques. Mais la connaissance scientifique du vivant exige-t-elle que l'on considère l'organisme comme une machine ?
- 1. Voici un sujet de cours très classique qui requiert une bonne connaissance des théories modernes du vivant pour être mené jusqu'au bout. Vous aurez, tout particulièrement, à vous souvenir des théories du mécanisme (Descartes) et du finalisme (Kant).
- 2. L'analyse des termes et expressions vous amène à préciser les notions de « connaissance scientifique », « vivant » et à reformuler la question : la recherche de lois décrivant le fonctionnement du vivant (c'est-à-dire d'un système unifié, autonome et qui se reproduit) exige-t-elle de le considérer comme une mécanique? Le problème qui se pose alors est de savoir si la biologie n'est qu'un simple chapitre de la physico-chimie.
- 3. Les théories philosophiques et scientifiques classiques connues conduisent tout naturellement au plan dialectique :
![]()
� Thèse : le vivant est une mécanique (mécanisme cartésien).
� Antithèse : le vivant n'est pas une machine (finalisme kantien).
� Synthèse : le vivant est une machinerie physico-chimique doté d'un projet.
Corrigé de 2162 mots (soit 3 pages) directement accessible
Le corrigé du sujet "La connaissance scientifique du vivant exige-t-elle que l'on considère l'organisme comme une machine ?" a obtenu la note de : aucune note
La connaissance scientifique du vivant exige-t-elle que l'on considère l'organisme comme une machine ?