La connaissance de soi peut-elle être sincère ? *
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Aperçu du corrigé : La connaissance de soi peut-elle être sincère ?
Je peux sincèrement vouloir me connaître. Cela ne signifie pas que la connaissance de soi, parce qu'elle est sincère, soit toujours juste: je peux me tromper sur moi-même. MAIS, puisque je ne peux pas être en même temps celui qui observe et celui qui est observé, je ne peux pas prétendre à une connaissance sincère de moi-même.
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CE QU'EST LE MOI
- Les apports des sciences humaines peuvent me proposer des éléments de connaissance «objective» ou générale du moi (sociologie, linguistique, histoire...). - Mais la question de la sincérité vient perturber la réception de cette connaissance « objectivé» :
* un sociologue peut m'enseigner par exemple que mes goûts artistiques sont déterminés par mon groupe social (cf. les travaux de Bourdieu): ce que je peux ainsi savoir ne m'empêche nullement de savourer authentiquement ce que «je» préfère ;
* un linguiste peut m'affirmer que le sentiment du «je» n'est que le résultat des structures de la langue (cf. Jacobson). Il n'en reste pas moins que je continue sincèrement à penser que ce «je» désigne une réalité qui n'a rien de seulement linguistique.
- On constate ainsi que ce que je crois ou veux sincèrement être n'a rien à voir avec la façon dont je peux me connaître en adoptant un point de vue extérieur.
- Dans ce point de vue extérieur, ce qui disparaît c'est précisément ma singularité
- et la sincérité comme certitude de me connaître vraiment est la marque de cette dernière. C'est pourquoi il y aura éventuellement désaccord entre ce qui m'est ainsi enseigné et ce que je perçois intérieurement comme me constituant (mes goûts, mes valeurs...).
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