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Sujet : La conscience morale provient-elle de l'épreuve de la faute ?

Définitions des termes :
  • conscience : La connaissance qu'a l'homme de ses pensées, de ses sentiments et de ses actes. La conscience, par cette possibilité qu'elle a de faire retour sur elle-même, est toujours également conscience de soi. C'est elle qui fait de l'homme un sujet, capable de penser le monde qui l'entoure. CONSCIENCE MORALE: Jugement pratique par lequel le sujet distingue le bien et le mal et apprécie moralement ses actes et ceux d'autrui. CONSCIENCE PSYCHOLOGIQUE : Aperception immédiate par le sujet de ce qui se passe en lui ou en dehors de lui.
  • morale : Ensemble des règles de conduite -concernant les actions permises ou défendues- tenues pour universellement et inconditionnellement valables.
  • faute : Manquement intentionnel au devoir, à la morale ou à la loi. Contrairement au terme de péché, la faute n'a pas de connotation religieuse.

Extrait du corrigé : III- Problèmes.             Cependant l'idée d'une nature bonne de l'homme ne s'impose pas, nous pouvons faire l'économie d'une prise de position, lourde de conséquence, à cet égard. Il faut distinguer l'ordre logique de l'ordre chronologique ; dans Le normal et le pathologique au chapitre « Du social au vital » Canguilhem examine les mythes du paradis et de l'âge d'or, selon lui un jugement normatif ne peut naître que d'une infraction. L'auteur ne voit pas de contradiction à dire que « l'anormal, logiquement second est chronologiquement premier » ; autrement dit, de la faute peut naître la conscience morale sans que l'on ai à postuler que celle-ci existe antérieurement et ne soit que « réveillée », comme nous l'avons dit, par l'éducation. La distinction entre une origine, historique et contingente, et un fondement, rationnel et nécessaire, apparaît ici artificiel.             L'idée de faute ne présuppose pas le partage du bien et du mal ni aucun sens moral, bien plutôt la polarité du bien et du mal se forme en même temps que la faute est commise, c'est-à-dire ressentie comme telle. Dans Totem et tabou Freud expose la théorie, fictive, de la formation du double interdit parricide-inceste. Dans les sociétés primitives le chef de la tribu est en même temps le père, auquel appartiennent toutes les femmes ; or il arrive qu'un jour les fils se rebellent, décident de tuer le père pour posséder les femmes.             Or, une fois l'acte commis, ceux-ci ressentent de la culpabilité, sentiment duquel naît la double interdiction prononcée envers le parricide et l'inceste. On voit que cet exemple permet de relier la naissance d'un sens moral à l'épreuve d'une faute tout en s'abstenant de prendre position quant à la thèse, à notre sens trop idéaliste, d'une nature de l'homme qui serait bonne en soi.

	La conscience morale provient-elle de l'épreuve de la faute 	?

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Définitions

  • conscience : La connaissance qu'a l'homme de ses pensées, de ses sentiments et de ses actes. La conscience, par cette possibilité qu'elle a de faire retour sur elle-même, est toujours également conscience de soi. C'est elle qui fait de l'homme un sujet, capable de penser le monde qui l'entoure. CONSCIENCE MORALE: Jugement pratique par lequel le sujet distingue le bien et le mal et apprécie moralement ses actes et ceux d'autrui. CONSCIENCE PSYCHOLOGIQUE : Aperception immédiate par le sujet de ce qui se passe en lui ou en dehors de lui.
  • morale : Ensemble des règles de conduite -concernant les actions permises ou défendues- tenues pour universellement et inconditionnellement valables.
  • faute : Manquement intentionnel au devoir, à la morale ou à la loi. Contrairement au terme de péché, la faute n'a pas de connotation religieuse.

Problématique

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La notion de « conscience morale » est traditionnelle en philosophie. Elle désigne une forme de conscience que l'homme a – ou acquiert – sur le caractère moral de ses actes. Ce caractère moral peut être très diversement compris, par exemple comme une adéquation aux conventions morales dominantes, ou comme une adéquation à des lois naturelles qui auraient des incidences dans le domaine des conduites humaines.

Provenir, c'est tirer son origine de, découler de : la question ici porte bien sur les origines de l'existence de la conscience morale.

Le mot « épreuve » a un sens fort : il est, littéralement, ce qui éprouve l'individu, ce qui le contraint à une forme de test ou d'examen, ce qui le remet en cause.

Le mot « faute » a également un sens fort : une faute est une erreur morale et dont le sujet est entièrement responsable. Dans un contexte chrétien, on pourrait rapprocher la notion de faute de celle de péché : une faute est nécessairement grave, et il faut en répondre.  

La question est ici celle de l'origine de la conscience morale, le sujet orientant d'emblée cette question sur une réponse particulière et qui ne va pas de soi: l'origine de la conscience morale, c'est l'épreuve de la faute. La question demande donc à être résolue par un examen critique de cette réponse possible.

 

Comment penser l'origine de la conscience morale ? La formulation présuppose que la conscience morale n'advient pas à l'existence par elle-même, mais naît d'une certaine expérience, conçue comme une épreuve : celle de la faute. On se trouverait alors devant le paradoxe suivant : ce qui doit préserver de la faute naît de la faute elle-même, et n'advient en l'homme que lorsque ce dernier commet une transgression.

Mais ne pourrait-on pas concevoir plutôt une existence de la conscience morale indépendante de toute chose extérieure à elle-même ? Pourrait-on par exemple poser que l'homme possède d'emblée une conscience morale, et que c'est la faute qui se définit par rapport à la conscience morale et non l'inverse ? Considérer cela serait prendre sur la conscience morale un point de vue inverse de celui que présuppose le sujet.  

Le sujet ouvre donc deux perspectives opposées l'une à l'autre, qu'il faudra examiner toutes les deux afin de pouvoir les comparer et éventuellement trancher pour l'une ou l'autre.



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