La conscience peut-elle errer? *
EXEMPLES DE RECHERCHE
Aperçu du corrigé : La conscience peut-elle errer?
Analyse du sujet Le mot conscience vient du latin cum scientia qui signifie « accompagné de savoir ». Etre conscient, c'est en effet agir, sentir ou penser et savoir qu'on agit, qu'on sent et qu'on pense. Le fait d'être conscient constitue donc pour l'homme un événement décisif qui l'installe au monde et lui commande d'y prendre position. Car l'homme, dans la mesure où il est conscient, n'est plus simplement dans le monde, chose parmi les choses, vivant parmi les vivants. Il est au contraire devant le monde et, dans ce vis-à-vis, le monde se constitue pour lui comme monde à connaître, à comprendre, à juger ou à transformer. Le monde est ainsi mis à distance et tout l'effort de penser ou d'agir naît de cette expérience originelle de la séparation de l'homme et du monde, instaurée par la conscience. Or, ce qu'il s'agit d'interroger ici c'est précisément ce rapport de confiance quasi instinctive, pour ne pas dire encore naïve, vis-à-vis de sa propre conscience de soi et du monde. Il y a effectivement, du moins nous semble-t-il, une confiance spontanée envers la conscience qui tend à en faire une norme de validité voire de vérité. Seulement, avoir conscience de quelque chose est-ce bien synonyme de connaître cette chose en question ? Peut-être justement que la conscience s'égare, outre passe ses propres compétences, lorsqu'elle étend ainsi son empire de la conscience à la connaissance. Or c'est précisément cette capacité d'égarement qui est ici mise à la question. Se demander si la conscience peut errer, c'est en réalité se demander s'il appartient à l'essence de la conscience de se tromper, d'être source d'illusion (sans précisément qu'elle en est elle-même conscience). Tout se passe comme si la capacité d'errer se trouvait nécessairement, du point de vue ontologique, dans l'essence même de la conscience comme puissance qui pouvait s'actualiser à tout moment. C'est donc à la fois sur la nature de la conscience, mais aussi sur ses pouvoirs qu'il va falloir porter l'étude. Il s'agira en effet de soumettre au doute la confiance spontanée que l'on accorde à la conscience pour en définir la véritable nature. Car au fond cette nature, même ambivalente, peut nous être utile pour affirmer quelque chose du sujet conscient lui-même, à savoir de l'homme. Problématique La conscience peut-elle servir de fondement ultime et légitime à toutes les certitudes de soi et du monde, ou bien faut-il se défier d'elle en tant qu'elle serait capable de nous induire en erreur, de produire des illusions ? Faut-il donc se défier de la conscience ? Car, même si on reconnaît la conscience comme capable d'errer, cela signifie-t-il pour autant une discréditation absolue et définitive de la conscience elle-même ?
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"La méditation que je fis hier m'a rempli l'esprit de tant de doutes, qu'il n'est plus désormais en ma puissance de les oublier. Et cependant je ne vois pas de quelle façon je les pourrai résoudre; et comme si tout à coup j'étais tombé dans une eau très profonde, je suis tellement surpris, que je ne puis ni assurer mes pieds dans le fond, ni nager pour me soutenir au dessus."
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La conscience peut-elle errer?