La conscience est-elle ce qui fait le sujet ?
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Définir la conscience pose un certain nombre de problèmes. On désigne couramment par ce terme la connaissance qu'a l'homme de ses sentiments, de ses actes et de ses pensées. Le terme peut s'entendre dès lors de deux façons. On parlera en effet de conscience "spontanée” pour désigner la simple présence de l'homme à lui-même alors qu'il pense, agit, sent...Et on parlera de conscience refléchie pour désigner cette capacité qui est la nôtre de faire retour sur nos pensées, actes et sensations, de nous les représenter et de les analyser, voire de les juger (la conscience prend dans ce cas un sens moral).
Cependant, ces définitions posent problème. Tout d'abord, ce rapport de transparence de soi à soi est loin d'être évident (problème de la mémoire, de l'inconscient). Il est de plus loin d'être équivalent à une connaissance puisque la réflexivité de la conscience n'est pas une position objective par rapport à ce qu'elle vise. La notion de conscience comme source d'accès à la connaissance a ainsi pu être critiquée, ainsi que l'idée selon laquelle la conscience serait le fondement de notre identité. Il est également problématique de donner une définition de la conscience dans la mesure où cette dernière semble une donnée indépassable de mes représentations et semble dès lors être présupposée la définition que j'en donne.
Je suis tout seul. C'est donc l'être en moi, le fait que j'existe, mon exister qui constitue l'élément absolument intransitif, quelque chose sans intentionnalité, sans rapport. On peut tout échanger entre êtres sauf l'exister. Dans ce sens, être, c'est s'isoler par l'exister. Je suis monade en tant que je suis. C'est par l'exister que je suis sans portes ni fenêtres, et non pas un contenu quelconque qui serait en moi incommunicable. S'il est incommunicable, c'est qu'il est enraciné dans mon être qui est ce qu'il y a de plus privé en moi. De sorte que tout élargissement de ma connaissance, de mes moyens de m'exprimer demeure sans effet sur ma relation avec l'exister, relation intérieure par excellence. La mentalité primitive [...] a paru ébranler l'assise de nos concepts parce qu'elle avait l'air d'apporter l'idée d'une existence transitive.
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