Ai-je conscience de tout ce que je suis ? *
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Aperçu du corrigé : Ai-je conscience de tout ce que je suis ?
La conscience de soi est-elle absolument claire et transparente à elle-même ? Savons-nous parfaitement qui nous sommes ? Si ce n'est pas le cas, à quoi se heurte la connaissance de soi ? N'est-ce pas paradoxal, voire contradictoire d'affirmer que nous n'avons pas intégralement conscience de tout ce que nous sommes ? Dans l'hypothèse où nous ne pourrions avoir une conscience absolument cristalline et totale de nous-mêmes, à qui est-ce la faute ? Est-ce que nous sommes responsable de la méconnaissance de nous mêmes ? Peut-on réduire cette méconnaissance ou l'annuler ? Si oui, comment est-ce possible ? Ou bien est-ce la structure même de la conscience qui fait que nous ne pouvons avoir parfaitement conscience de ce que nous sommes ? Est-ce à dire alors que nous demeurons des étrangers pour nous-mêmes ?
Et quand tu restes sans nouvelles d'une chose qui est dans ton âme, tu admets, avec une parfaite assurance, que cela ne s'y trouve pas. Tu vas même jusqu'à tenir « psychique » pour identique à « conscient », c'est-à-dire connu de toi, et cela malgré les preuves les plus évidentes qu'il doit sans cesse se passer dans ta vie psychique bien plus de choses qu'il ne peut s'en révéler à ta conscience. Tu te comportes comme un monarque absolu qui se contente des informations que lui donnent les hauts dignitaires de la cour et qui ne descend pas vers le peuple pour entendre sa voix. Rentre en toi-même profondément et apprends d'abord à te connaître, alors tu comprendras pourquoi tu vas tomber malade, et peut-être éviteras-tu de le devenir. C'est de cette manière que la psychanalyse voudrait instruire le moi. Mais les deux clartés qu'elle nous apporte : savoir, que la vie instinctive de la sexualité ne saurait être complètement domptée en nous et que les processus psychiques sont en eux-mêmes inconscients, et ne deviennent accessibles et subordonnés au moi que par une perception incomplète et incertaine, équivalent à affirmer que le moi n'est pas maître dans sa propre maison ». FREUD, « Essais de psychanalyse appliquée ». Freud va être amené à concevoir que bon nombre de maladies, mais aussi d'actes quotidiens s'expliquent si l'on admet l'hypothèse de l'inconscient. Il y aurait en nous u « réservoir » de forces et de désirs (ou pulsions) dont nous n'aurions pas conscience, mais qui agiraient sur nous.. Pour le dire brutalement, en ce sens, l'homme n'agirait pas (ne choisirait pas ses actes e toute connaissance de cause, dans la clarté), mais serait agi (c'est-à-dire subirait, malgré lui, des forces le contraignant à agir) : il ne serait pas « maître dans sa propre maison », il ne serait pas maître de lui.
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