Conserver le passé, est-ce le seul but de l'histoire ?
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Publié le : 4/2/2004 -Format:
- passé : Dimension du temps écoulé dans son irréductible irréversibilité. D'ordre biologique, pulsionnel, social, historique ou psychologique, le passé pèse sur l'homme dans le sens du déterminisme, mais, il structure aussi activement la personnalité sans laquelle la liberté serait impossible ou illusoire. La liberté qui peut d'ailleurs s'exercer à l'égard du passé lui-même, dans la mesure où le sens accordé au passé reste du choix de l'individu (cf. Sartre). Par sa nature même, la connaissance du passé humain reste, selon les cas, occultée, aléatoire, partielle, subjective, soumise au moment social; elle laisse ainsi souvent une marge d'indétermination propice aux illusions et à l'action de l'imaginaire.
- seul : Isolé, retiré du commerce des hommes.
- but : 1. Terme vers lequel on tend. 2. Représentation qu'on a de ce terme (Synonyme dessein, intention, visée, fin). 3. But d'une pulsion (psychanalyse) : activité à laquelle pousse la pulsion et aboutissant à une résolution de la tension interne (le coït).
- histoire : Le terme d'histoire désigne deux réalités différentes: 1) la science qui étudie le passé de l'humanité et qui relate et interprète les faits. 2) les événements, les actes, les faits du passé, cad la mémoire des hommes.
L’histoire est constituée de faits passés. Son objet est donc le passé. En effet, il semble qu’il ne peut pas y avoir d’histoire du présent, car cette discipline nécessite un recul par rapport à l’événement envisagé : afin de comprendre tous les enjeux économiques, sociaux, politiques de tous les acteurs de l’événement, il nous faut prendre un temps d’attente, un temps de réflexion. Lorsque nous faisons de l’histoire, nous jugeons donc d’événements passés ; mais comment peut-on être sûr que le passé, que nous propose l’histoire, relate bien des faits tels qu’ils ont effectivement eu lieu ? L’histoire est-ce la connaissance ou la construction du passé humain ? Et par ailleurs, l’histoire conserve-t-elle ou bien explique-t-elle le passé ? Il semble que l’histoire et le passé entretiennent des rapports compliqués et ambiguës. En effet, le passé ne nous est connu que par l’histoire (narrations des événements passés), et pourtant, cette instance qui devrait être la plus objective et la plus véridique possible, dépend entièrement de la subjectivité des historiens.
La matière du travail historique]Depuis Henri Irénée Marrou, l'histoire se définit classiquement comme la « connaissance du passé humain ». Or, pour connaître, il faut avoir matière à connaître. Le travail de l'historien s'appuie ainsi sur des témoignages, des vestiges, des archives, bref, sur des souvenirs et des documents ou traces d'un passé révolu. Afin que leur déchiffrage se pérennise, il faut pouvoir léguer ces traces aux générations futures. C'est le rôle des restaurations, de la consignation dans des musées, et de l'archivage au sens large. [2. Les ambiguïtés de la conservation]Mais tout est-il digne d'être conservé ? Le témoignage de ma grand-mère sur la période de l'Occupation a-t-il autant de valeur que tel discours important d'un homme politique ? On voit que, par-delà les motivations subjectives présidant au choix du type de passé digne d'être conservé, se pose le problème du possible usage de ce qui est conservé. K.
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