Crise et progrès s'excluent-ils toujours l'un l'autre ?
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Le sens commun tient volontiers la crise pour un phénomène uniquement négatif, une période de régression ; le plus souvent d'ailleurs sans avoir aucune idée claire de ce qu'il faut entendre par crise. Inversement, comme le faisait remarquer Cournot, la croyance dans le progrès prend des allures de foi religieuse. Une analyse concrète et approfondie des notions communes de crise et de progrès montrera que ces notions ne sauraient suffire à nous fournir des concepts adéquats pour penser les rapports entre crise et progrès. On se souviendra que l'histoire, dans de multiples domaines, offre des exemples de crise ayant permis de spectaculaires avancées ; mais on évitera aussi de s'en tenir à une simple énumération de contre-exemples.
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- I) Crise et progrès s'excluent l'un l'autre.
a) Les crises sont des retours en arrière.
b) Les crises sont synonymes de destruction.
c) Le progrès est synonyme d'ordre.
- II) Crise et progrès ne s'excluent pas l'un l'autre.
a) L'histoire progresse par crises et par ruptures.
b) Les crise sont libératrices.
c) La crise est un signe d'adaptation..../...
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« La formule sacrée des positivistes : L'Amour pour principe, l'Ordre pour base, et le Progrès pour but. » Comte, Système de politique positive, 1851-1854.
« Toute la suite des hommes, pendant le cours de tant de siècles, doit être considérée comme un même homme qui subsiste toujours et qui apprend continuellement. » Pascal, Préface pour le Traité du vide, 1663 (posth.)
Anticipation de l'affirmation positiviste, selon laquelle la science se développe par degrés, dans un mouvement de progrès linéaire. D'où l'accroissement indéfini de nos connaissances.
« Plus les techniques progressent, plus la réflexion est en recul. » Gabriel Marcel, Les Hommes contre l'humain, 1951.
« La perfectibilité de l'homme est réellement indéfinie [...]; les progrès de cette perfectibilité, désormais indépendants de toute puissance qui voudrait les arrêter, n'ont d'autre terme que la durée du globe où la nature nous a jetés. » Condorcet, Esquisse d'un tableau des progrès de l'esprit humain, 1795 (posth.)
« Le progrès n'est pas nécessaire d'une nécessité métaphysique : on peut seulement dire que très probablement l'expérience finira par éliminer les fausses solutions et par se dégager des impasses. Mais à quel prix, par combien de détours ? Il n'est même pas exclu en principe que l'humanité, comme une phrase qui n'arrive pas à s'achever, échoue en cours de route. » MERLEAU-PONTY
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