Croire en la réalité de son désir, est-ce nécéssairement prendre ses désirs pour des réalités ? *
EXEMPLES DE RECHERCHE
Aperçu du corrigé : Croire en la réalité de son désir, est-ce nécéssairement prendre ses désirs pour des réalités ?
L'intitulé du sujet nous place directement dans ce que l'on pourrait appeler un jeu de langage avec la redondance du couple désir - réalité et c'est bien là tout l'enjeu de la bonne compréhension du sujet. Cependant, s'il s'agit d'élucider ce jeu de langage il n'en reste pas moins que le statut de la croyance est ici ambiguë de même que la compréhension de l'expression « réalité de son désir » n'est pas univoque mais nous laisse ouvert un champ total d'interprétation. Or tout la problématisation du sujet ne peut venir que de la compréhension des rapports langagiers du sujet. Et il convient tout d'abord d'essayer de définir les termes du sujet avant d'en saisir leurs combinaisons possibles. Le désir est essentiellement un manque que l'on recherche à combler que ce désir soit matériel ou immatériel. Plus généralement, le désir est lui-même solidaire de la puissance de l'imagination, et l'objet de nos désirs est bien souvent une fiction ou une illusion que nous formons d'un futur possible où notre désir étant réalité nous serions comblés, dans un état de bonheur. La croyance quant à elle, peut être comprise comme le fait de poser l'existence d'un objet, Dieu, la réussite d'un concours. C'est poser une certitude toute psychologique. Et en ce sens, la croyance, bien que n'étant pas toujours irrationnelle, a partie liée avec le désir. Elle paraît prendre sa place au coeur de l'opinion, de la foi et de la Religion qui en serait le paradigme. En ce sens, parler de la croyance, ce serait parler en quelque de sorte d'une enfance de la raison, d'une illusion consolatrice voire d'une erreur fondée sur une vision seulement subjective du monde qui nous entoure. Mais dès lors question se pose de savoir pourquoi parle-t-on de « croire en réalité de » si la croyance pose toujours l'objet comme existant, c'est-à-dire effectif et réel. Il y aurait donc redondance. En effet, croire, c'est envisager l'objet comme vrai, mais nous évoque aussi la puissance du désir. En ce sens, la croyance est un autre jeu dont nous sommes la dupe. Mais c'est bien là que réside toute le problème de la saisie du sujet : si « croire en la réalité de son désir » c'est poser l'existence réel et réalisé de son désir alors il est vrai que ce désir nous plonge dans l'imaginaire, dans la fiction voire la fantaisie et c'est donc bien en ce sens que l'on pourrait dire que l'on prend « ses désirs pour des réalités », c'est-à-dire que nous nous situons dans une image du monde toute subjective que nous aurions formée. Cependant, parler de la réalité d'un désir c'est aussi le poser simplement comme une donnée sans nécessairement anticiper sur sa réalisation ou le croire possible. En effet, vouloir une paix universelle peut être un désir bien réel et l'on peut croire que ce désir pourra un jour se réaliser mais il n'en reste pas moins que l'on ne prend pas ses désirs pour des réalités et l'on sait que cette possibilité est quasi impossible et relève de l'utopie. Or qu'est-ce que l'utopie si l'expression d'un désir réel, croire en sa possibilité mais savoir justement que sa possibilité n'est pas de ce monde selon l'étymologie même d'utopie. En ce sens, la réalité du désir est la conscience de ce désir et nous avons de multiples désirs tel le tonneau des Danaïdes : désir d'immortalité, désir de voler, de puissance etc. ils sont biens réels et pourtant, restant raisonnable nous sommes qu'ils sont impossibles, la confusion n'est pas possible sauf dans le cas de la folie. Je peux désirer être le président de la république mais je ne le suis pourtant pas. Il n'y aurait donc pas nécessairement de confusion entre la réalité du désir et « prendre ses désirs pour des réalités » (remarque : nous n'insistons pas sur le passage du singulier au pluriel du terme de désirs qui ici n'est sans doute pas le problème majeur). Au demeurant il reste pourtant à élucider cette redondance ou plutôt l'ajout de la croyance à la réalité du désir. Et dès lors cet adjonction de la croyance à la réalité nous pose véritablement problème est peut-être considéré comme le noeud problématique du sujet. En effet, cet ajout amène un double statut à cette réalité : à la fois reconnaissance de son effectivité, mais aussi affirmation de son effectivité. Et bien en ce sens alors que ce pose la question : « croire en la réalité de son désir, est-ce nécessairement prendre ses désirs pour des réalités ». Et l'adverbe « nécessairement » pose bien la question de ce lien inextricable et intrinsèque entre la première partie de la proposition et la seconde. Si croire en la réalité de son désir peut nous faire prendre nos désirs pour des réalités (1ère partie), il n'en reste pas moins que cette confusion n'est pas nécessaire (2nd partie) et nous interroge alors une valeur et le statut du désir lui-même (3ème partie) et c'est bien suivant ces trois moments que nous allons essayer de rendre compte de ce double jeu de langage que nous propose le sujet.
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Croire en la réalité de son désir, est-ce nécéssairement prendre ses désirs pour des réalités ?