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Sujet : Ne croit-on que par faiblesse ?

Définitions des termes :
  • faiblesse : Manque de force. Défaut de qualité.

Extrait du corrigé :  » [1] -, la croyance se dilue et s'exténue en deçà même de l'opinion plus ou moins fondée, pour rejoindre la conjecture la plus hasardeuse et la plus gratuite, l'impression la moins contrôlée. A l'autre extrémité - celle du « croire en... » [2] - , la croyance désigne non seulement un haut degré subjectif de conviction, mais un engagement intérieur et, si l'on peut dire, une implication de tout l'être dans ce en quoi ou celui en qui l'on croit. » (Paul Ricoeur)   3-      Les concepts d'opinion et de foi font varier la valeur de la croyance   L'articulation de la faiblesse et de la croyance est pertinente lorsqu'il s'agit de mettre en évidence la certitude propre à la connaissance. Croire semble faiblesse pour autant que la croyance occupe l'espace délaissé par la raison, c'est-à-dire le domaine de la preuve et de la recherche du vrai. Toutefois, agir engage la croyance et croire devient alors une force et c'est au contraire la raison qui doit s'incliner : s'efforcer de démontrer a priori s'il y aura une bataille navale demain peut nuire à l'action. On voit donc que croire peut être à la fois, faiblesse et force selon que l'on pense la croyance relativement à l'opinion ou relativement à la foi : ·         dans le premier cas, l'opinion, ou intelligence paresseuse clouée au corps et aux sens, tire la croyance du côté de la faiblesse, et donc contribue à justifier l'estimation valorielle qu'on lui attribue ·         dans le second cas, la foi au sens large de confiance, crédit volontaire et reconnu, fait gagner à la croyance un surplus de sens et de valeur.   Cependant, l'opinion et la foi sont des concepts dont la valeur est aussi variable. Par exemple, Aristote, dans la Rhétorique, montre que la doxa joue un rôle axial dans les débats démocratiques et que le rôle de l'orateur n'est pas de démontrer mais bien de persuader (démonstration est réservée aux géomètres qui ne jouent aucun rôle dans l'administration d'une cité). De même, le croyant peut être le superstitieux aux yeux de l'incroyant, et la vaillance machiavélienne n'est pas que force ( la fameuse formule selon laquelle « la fin justifie les moyens » est loin d'aller de soi).

	Ne croit-on que par faiblesse ?

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