Dans quelle mesure est-il injurieux de qualifier un être humain d'inconscient ? *
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Aperçu du corrigé : Dans quelle mesure est-il injurieux de qualifier un être humain d'inconscient ?
D'où son incapacité à comprendre par analyse ce qui lui arrive, et à « parler à son propre coeur » - ce qui signale la possibilité de « dire Moi », de « penser Moi » : la majuscule redoublée souligne l'importance, la majesté de ce qui est ainsi perdu. Et Alain de faire référence à Ulysse - dont Homère indique fréquemment en effet qu'il « parle à son coeur » ou « se dit en son coeur » - sans être inquiet de l'ancienneté de sa référence : pour lui, l'homme reste semblable à ce qu'il était chez les Grecs anciens, et ce qui était possible pour Ulysse doit conserver la même signification, pour l'homme contemporain. « Dire Moi », « penser Moi », c'est encore procéder à un examen simultanément « moral » et « contemplatif ». Le Moi se perçoit comme sujet actif et par là même responsable : il assume ses gestes et ses conduites, parce qu'il a le recul nécessaire pour savoir ce qu'il fait. Mais le Moi se perçoit aussi comme sujet spéculatif : il a bien une connaissance - à la fois de ce qu'il sait, de ce qu'il désire et de ce qu'il veut. (Il est clair ici qu'Alain se situe - et sans doute volontairement - dans une méconnaissance complète de l'enseignement freudien, pour lequel le sujet, par définition en quelque sorte, est au contraire condamné à ne pas savoir ce qu'il croit savoir, à ignorer ce qu'il désire et à méconnaître ce qu'il veut.) Un tel Moi est donc totalement transparent à lui-même : il ne recèle aucune zone obscure, et s'offre à une autoconnaissance exhaustive. [II. La conscience comme dédoublement] La formule : « je sais ce que je sais » suffit à révéler un caractère fondamental de la conscience : elle suppose une division de soi-même - entre un Moi qui sait ou qui agit, et un Moi qui sait qu'il sait ou qui sait qu'il agit. Ce qui implique que ce savoir au second degré puisse être complet et juste.
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