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Sujet : Dans quelle mesure peut-on dire que l'homme est un être inachevé ?

Extrait du corrigé : Après tout, c'est bien l'homme qui prétend que du point de vue divin, son être apparaît achevé. Dieu ne s'est jamais manifesté en personne pour nous révéler qu'en réalité, notre être était achevé. Comment donc trancher ? Heidegger propose tout au long de son oeuvre une réinterprétation de l'histoire de la métaphysique. En particulier, Kant et le problème de la métaphysique envisage comme ligne problématique la question de la finitude radicale de l'homme. La finitude, jusqu'ici, avait été pensée comme une limitation par rapport à un infini, mais jamais pensée en tant que telle. Cela signifie par exemple dans le cas de Leibniz que nous envisageons de manière  « inachevée » notre être parce que contrairement à Dieu, nous n'avons pas la possibilité de percevoir immédiatement notre notion complète. Autrement dit, Dieu possède des caractéristiques, par exemple un entendement infini, que nous ne possédons que de manière imparfaite ou limitée. Nous nous concevons de manière limitée seulement par rapport à la conception illimitée que nous avons de Dieu. C'est seulement pour cela que nous pouvons nous concevoir comme inachevé.

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Définitions

  • dire : Affirmer, soutenir, tenir pour vrai.
  • homme : Le plus évolué des êtres vivants, appartenant à la famille des homini­dés et à l'espèce Homo sapiens (« homme sage »). Traditionnellement défini comme « animal doué de raison », l'homme est aussi, selon Aristote, un « animal politique ». Ce serait en effet pour qu'il puisse s'entendre avec ses semblables sur le bon, l'utile et le juste que la nature l'aurait pourvu du langage.
  • être : Du latin esse, « être ». 1) Verbe : exister, se trouver là. En logique, copule exprimant la relation qui unit le prédicat au sujet (exemple : l'homme est mortel). 2) Nom : ce qui est, l'étant. 3) Le fait d'être (par opposition à ce qui est, l'étant). 4) Ce qu'est une chose, son essence (exemple : l'être de l'homme). 5) Avec une majuscule (l'Être), l'être absolu, l'être parfait, Dieu.

Problématique

Il s’agit d’éclairer le sens que l’on peut donner à la double détermination de l’homme : non seulement comme être mais encore comme être inachevé.
Comment entendre « homme » lorsque nous évoquons justement son être ? Parler d’être, c’est s’engager dans une ontologie de l’homme. Ce n’est donc pas étudier l’homme sous l’œil de l’ethnographe, du biologiste ou de l’anthropologue. Plus précisément, ce n’est pas étudier l’homme en tant qu’inscrit dans une société, en tant qu’organisme vivant ou en tant que genre, mais c’est dire ce qu’il est en son être.
Cet être, il va falloir évalué dans quelle mesure il peut être dit inachevé. Ce terme comporte deux dimensions : premièrement, ce qui est achevé ou inachevé est toujours un résultat, un produit, une création. Cela suppose donc quelque chose d’autre qui justement le produit, qui le crée. La question du créateur peut nous orienter vers une problématique théologique.
Deuxièmement, l’inachèvement suppose quelque chose comme une imperfection au regard de quelque chose de plus parfait. Deux voies s’ouvrent alors : ou bien ce qui est inachevé est en cours d’achèvement et alors se pose la question de savoir quel est le moteur de cet achèvement, quelle est l’échelle sur laquelle l’achèvement est pensé. Ou bien ce qui est inachevé demeure inachevable, non pas au sens où, par exemple, nous manquerions de matériau pour achever la construction de la maison, mais au sens où il est intrinsèquement impossible d’achever l’édifice.

Le premier problème qui se pose consiste à déterminer une manière adéquate de penser l’inachèvement de l’être de l’homme. Comment comprendre qu’il est à la fois un être mais qu’il demeure en même temps inachevé ? N’est-il pas dès qu’on le dit inachevé un demi-être ou un quasi-être ? Autrement dit :
I – Est-il possible de penser l’homme autrement qu’achevé ?
II – Est-ce alors bien l’être qui est dit inachevé ?



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