Dans quelle mesure peut on, selon vous, défendre la violence au cinéma ?
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Le médium cinématographique est officiellement né en 1895. La première projection a subjugué l’assistance. En effet, l’image cinématographique, par l’effet de réel qu’elle procure, est saisissante. Elle l’est d’autant plus à partir de 1927 avec l’invention du cinéma parlant. Jacques Aumont, théoricien du cinéma, parle de la « richesse perceptive » du cinéma, c’est-à-dire une richesse sonore et visuelle qui tend à faire adhérer le spectateur à ce qu’il voit. C’est là la force du cinéma par rapport aux autres arts, même par rapport à la photographie qui s’éloigne du réel par la fixité de l’image. L’image cinématographique possède un pouvoir indubitable sur le sujet qui la perçoit.
Toutes sortes de réalités, avec lesquelles nous sommes plus ou moins familiers, nous sont montrées au cinéma, dont la violence. Dans quelle mesure peut-on défendre la violence au cinéma ? A-t-elle une part bénéfique, utile ou non ? Influence-t-elle en mal ?
La violence au cinéma peut être jugée utile si l’on considère qu’elle opère une catharsis sur le sujet. Le cinéma donne une valeur artistique à la violence en l’esthétisant. Cela peut avoir des effets pervers. Parfois, la violence au cinéma est une fin en elle-même, elle est gratuite. Le problème est de s’y habituer et de la banaliser.Pour les accoutumer préalablement à une certaine violence afin qu'ils soient moins choqués et vulnérables sur le terrain. Ceci s'explique par la théorie scientifique du trauma selon Freud à laquelle se réfère le philosophe allemand contemporain Walter Benjamin qui s'est intéressé au médium cinématographique. La conscience efface et transforme ce qu'elle reçoit de l'extérieur (des excitations). Selon Benjamin, le cinématographe est un appareil mis entre nous et la réalité pour que celle-ci nous paraisse moins violente. A force de voir de la violence, la conscience efface l'aspect choquant, négatif, barbare de la chose et nous la rend familière. Comme pour un trauma (impossibilité de se souvenir), le cinéma nous rend amnésique par rapport à la violence, on ne se rend plus compte que cela est choquant. Le sujet percevant moderne devient insensible à quoi que ce soit. Conclusion Dans quelle mesure peut-on défendre la violence au cinéma ? Ses intérêts sont aussi ses défauts. D'une part, le cinéma peut servir de catharsis et d'exutoire, en nous permettant de nous libérer des tensions que nous avons sans que cela ait de conséquences sur le monde réel.
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