Le débat philosophique exclut-il tout affrontement ? *
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Analyse du sujet - La pluralité des définitions de la philosophie s'ordonne autour d'un foyer de sens : la philosophie est un travail critique de la pensée sur elle-même, en même temps qu'un effort pour rendre notre existence intelligible ; elle est l'acte d'une pensée s'exerçant à sa propre liberté et s'affrontant à la question du sens, sans autre secours que ceux qu'offrent la raison et l'expérience. - En cela il s'agit, à travers elle, de savoir ce que c'est que penser. Mais la philosophie répond aussi à un idéal de vie consistant en une maîtrise de soi, en une préservation de sa liberté intérieure, en face aux vicissitudes de l'existence. Ce sens enveloppe l'idée d'une évaluation des biens et des maux visant à régler les désirs. - La philosophie a toujours suscité des réactions ambiguës chez ceux qui ne la pratiquent pas. Un regard admiratif, mais aussi des témoignages de condoléances accompagnent souvent l'expression du désir de faire de la philosophie ou d'être philosophe. Un mouvement de retrait méfiant ou un petit sourire amusé ne sont pas à exclure non plus. Car le refrain est bien connu : la philosophie ne sert à rien. - Pourtant, la pérennité des vocations qu'elle a suscitées depuis vingt-cinq siècles et le récent engouement des médias et du public pour la philosophie indiquent qu'elle pourrait être non seulement digne d'intérêt, mais aussi, d'un certain point de vue, indispensable. Toute la question est de découvrir quel est ce point de vue. - La question qui se pose ici est clairement celle du débat d'idée en tant que celles-ci témoignent d'une vocation philosophique. Le débat philosophique portera, dans cette perspective, en la confrontation entre deux philosophies différentes, dont le débat devra mettre à jour les points forts comme les défauts. - Or, quoi qu'il s'agisse de philosophes, les protagonistes d'un tel débat n'en reste pas moins des hommes : qu'en est-il donc de la tendance à l'affrontement dans le débat proprement philosophique ? - En réalité, l'affrontement peut être définit par la confrontation quasi guerrière, s'affronter c'est chercher de manière belliqueuse à affirmer sa supériorité. Or, la philosophie, pour être telle, ne doit-elle pas s'élever au-dessus des passions immédiates de l'homme. Le débat philosophique ne doit-il pas servir de modèle, de paradigme, pour tout débat quel qu'il soit ? - L'enjeu, ici, apparaît clairement : il s'agit de savoir si l'affrontement est un donnée exclusif de la discipline philosophique : pour débattre philosophiquement, doit-on être sage ? Et en quoi doit consister une telle sagesse ? C'est donc le statut du débat proprement philosophique qui est ici à la question. Problématique Tout débat, en tant qu'il se veut proprement philosophique, est-il exclusif, et ce de manière absolue et définitive, de tout affrontement ? Quelle sorte de modèle doit être celui du débat philosophique ? N'est-il pas possible de penser, de manière dialectique, un rapport consubstantiel entre débat philosophique et affrontement sans que cela aille à l'encontre du devoir même de représentation de la philosophie, et de manière, d'ailleurs, à ce que cela garantisse un véritable débat d'idées vif et animé d'une vocation philosophique ? C'est donc tout à la fois le statut et la valeur du débat philosophique, ainsi que la définition même de l'affrontement, qui sont ici mis à la question.
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