Défendre l'idée d'une nature humaine, est-ce renier la liberté des hommes ? *
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Aperçu du corrigé : Défendre l'idée d'une nature humaine, est-ce renier la liberté des hommes ?
L’idée d’une nature humaine évoque d’emblée l’idée que tout les hommes ont une essence ou une identité commune, naturelle. Les hommes ainsi rassemblés sous le concept de nature humaine n’apparaissent plus comme individus absolument singuliers et différents les uns des autres, mais peuvent faire l’objet d’une même définition, et parce que leur identité commune est de nature, on peut alors penser qu’ils sont déterminés par la nature. Mais défendre l’idée d’une nature humaine est-il nécessairement affirmer une nature déterminée de l’homme, et par conséquent, refuser de concevoir l’homme libre et indépendant de la nature ? En effet, si la définition de l’homme est déjà inscrite par la nature, on peut penser qu’il n’est pas lui-même son principe d’action, et qu’il ne peut affirmer son libre-arbitre, sa volonté à décider de ses actes, car il est régit par sa nature qui seule détermine ses actions. Défendre l’idée d’une nature humaine, est-ce renier la liberté des hommes ? Il s’agit de comprendre si le déterminisme de la nature exclut toute liberté de l’homme, ou si l’homme l’on peut envisager une nature humaine qui laisse à l’homme l’usage de son libre-arbitre.
La nature de l'homme serait alors ce sur quoi l'homme se porte, ce vers quoi il tend, et non ce qui le constitue impérativement. Ainsi, pour Aristote, la nature de l'homme, c'est le politique. L'homme est un animal politique qui ne se réalise que dans la cité, c'est-à-dire en société. La nature de l'homme pour Aristote est une disposition physique qui doit se réaliser dans la pratique. En effet, il considère cette nature comme une disposition naturelle à une éthicité (ou une moralité) qui réclame l'achèvement collectif, c'est-à-dire la cité. L'homme est pour Aristote un « animal politique » car il réalise son excellence au sein de la cité, c'est-à-dire dans la vie sociale. L'humanité ne s'accomplit pas dans l'individu mais elle s'accomplit seulement dans une certaine perfection du développement qui excède l'individu et vise la collectivité. Le caractère processuel et évolutif de la nature humaine rend compte de sa contingence et de sa versatilité : définie comme un programme que l'homme doit réaliser, la nature humaine laisse à l'homme le pouvoir de décision et de choix, et donc l'entière liberté de suivre le programme ou de s'y soustraire. - Pour Aristote, la nature de l'homme doit être pensée comme un accomplissement, comme une puissance qui doit s'actualiser au cours de la vie de l'homme. L'homme, s'il a une nature qui le dispose à une certaine tendance vers l'accomplissement de sa perfection, peut néanmoins refuser de se plier à cette nature et ne pas actualiser cette puissance naturelle.
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