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Défendre ses droits, est-ce la même chose que défendre ses intérêts ?

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Sujet : Défendre ses droits, est-ce la même chose que défendre ses intérêts ?

Aperçu du corrigé : Défendre ses droits, est-ce la même chose que défendre ses intérêts ?



Publié le : 4/2/2004 -Format: Document en format FLASH protégé

Défendre ses droits, est-ce la même chose que défendre ses intérêts ?
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Défendre ses droits, est-ce la même chose que défendre ses intérêts ?



  • droit : a° Un droit: liberté d'accomplir une action (droit de vote); possibilité d'y prétendre ou de l'exiger (droit au travail, droit de grève). b° Le droit: ce qui est légitime ou légal, ce qui devrait être, opposé au fait, ce qui est. c° Ce qui est permis par des règles non écrites (droit naturel) ou par des règles dûment codifiées (droit positif). Le droit positif est l'ensemble des règles qui régissent les rapports entre les hommes dans une société donnée. Le droit naturel est l'ensemble des prérogatives que tout homme est en droit de revendiquer, du fait même de son appartenance à l'espèce humaine (droit au respect).
  • même : Analogue, aussi, égal, identique, uniforme.
  • chose : 1. Désigne la réalité (res en latin : chose) en gén. ; cf. DESCARTES : « chose pensante » (âme), « chose étendue » (matière). 2. Désigne la réalité, envisagée comme déterminée et statique, existant hors de la représentation ; en ce sens, KANT utilise l'expression « chose en soi ». 3. (Par ext.) À partir du sens 2, désigne la réalité inanimée, hors de son rapport à la pensée (le monde des choses). Rem. : la chose se distingue de l'objet en ce que ce dernier est construit ; cela n'implique pas que la chose soit chose en soi ; ce qui est chose se constitue comme ce qui est maniable, ce qui est disponible ; autrement dit, l'objet se réfère à la pensée, la chose à l'action ; le monde des choses, c'est le monde qui se détermine dans la pratique, et y résiste ; à partir du sens 3, le réaliste confond volontiers la chose et l'objet (cf. DURKHEIM : « Il faut considérer les faits sociaux comme des choses »). 4. Chosisme : attitude qui consiste à considérer la réalité comme une chose au sens 2.
  • intérêt : a) ce qui importe, ce qui est à son avantage, ce qui fixe l'attention. 2) Ce qui est utile à un individu (intérêt personnel) ou à plusieurs (intérêt général).

Le droit naît du rapport de force et de l'intérêt. Il est donc normal que toute personne veuille légitimer ses intérêts par la loi. Marx montre que la classe dominante impose toujours ses privilèges en les instituant légalement. Mais, l'intérêt particulier doit-il céder le pas face à l'intérêt général ? Un droit fondé sur l'intérêt privé serait-il juste ?



[I. Confusion possible entre les droits et les intérêts]

Lorsqu'une personne est victime d'un cambriolage, elle peut évidemment se sentir lésée dans son droit de propriété, mais elle peut aussi ressentir une agression d'ordre plus intime, comme si le cambrioleur s'en était pris à ses intérêts personnels : lui voler des vêtements, c'est bien la priver de biens qu'elle a intérêt à posséder. Plus généralement, le confusion entre les droits d'une personne et ses intérêts se manifeste lorsque celle-ci subit une agression, de quelque nature ou importance que ce soit, qui concerne la sphère privée de son existence. Le propriétaire d'un terrain a le droit de le posséder intégralement, mais ce sont plus immédiatement ses intérêts qui lui paraîtront être mis en cause si un voisin sans scrupules prétend s'en approprier un morceau.Il résulte de cette confusion que le système judiciaire est bien souvent compris comme mis en place pour la défense des intérêts de chacun, le droit devenant alors un moyen mis au service de ces intérêts. J'intenterai un procès au voisin pour défendre mes intérêts en même temps que mes droits, ou même en priorité par rapport à ces derniers, dans la mesure où mes intérêts me concernent de façon apparemment plus proche que mes droits, dont l'existence renvoie à celle d'un système anonyme — dont je n'ai pas nécessairement une connaissance très détaillée — qui paraît toujours un peu lointain. Dans l'organisation de la société, la défense des droits nécessite l'intervention d'un certain nombre d'institutions (la police, la justice, avec son tribunal, ses procureurs et ses avocats, son ensemble de textes et de codes, etc.) qui peuvent paraître d'une complexité excessive, alors que la défense de mes intérêts semble susceptible d'être opérée de manière plus simple, éventuellement plus rapide.Pour mettre en lumière que cette confusion n'est en fait pas fondée, il suffit d'inverser la perspective : la défense de mes intérêts est-elle nécessairement synonyme de celle de mes droits ? Il apparaît immédiatement que non, parce que mes intérêts peuvent être en contradiction avec les droits d'autrui.


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    Citations

    • HOBBES: "L'objet des actes volontaires de chaque homme est quelque bien pour lui-même. Il existe certains droits tels qu'on ne peut concevoir qu'aucun homme les ait abandonnés."
    • HEGEL: "Le droit, qui est parvenu à l'existence empirique sous la forme de la loi, est pour soi: il s'oppose comme réalité indépendante à la volonté particulière."
    • Kant: "Le droit est donc l'ensemble des conditions sous lesquelles l'arbitre de l'un peut être uni à l'arbitre de l'autre selon une loi universelle de la liberté."


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