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Sujet : Y a-t-il des actes indifférents ?

Extrait du corrigé : Cependant, ne  pas pouvoir se déterminer pour choisir un acte plutôt qu'un autre n'est-il pas le plus bas degré de la liberté ? Descartes nomme liberté d'indifférence l'état de la volonté lorsque sa perception du vrai et du bien ne la pousse ni à un choix ni à un autre. Il remarque alors que cette indétermination peut être comprise par certains comme le libre arbitre, c'est-à-dire précisément le fait de pouvoir choisir sans y être contraint : la liberté consiste dans le fait que même si nous avons des raisons de faire un choix, nous aurions pu faire le choix inverse. Mais selon Descartes, lorsque la liberté choisit sans raison, dans l'indifférence, par indétermination, il ne s'agit que du plus bas degré de la liberté. La véritable liberté consiste dans le fait de choisir un acte non pas parce qu'il est indifférent, mais d'agir selon un jugement guidé par la vérité et le bien, qui donne une valeur à l'acte et le fait sortir de son indifférence. Il existe donc des actes indifférents, mais qui ne sont pas, comme pour les sceptiques, les seuls actes possibles étant donnée la suspension de notre jugement. Ils sont au contraire les actes qui ont le moins d'intérêt, qui nous donnent le moins l'occasion d'exercer notre volonté et notre liberté.               3° Il n'y a d'actes indifférents que pour celui qui refuse sa liberté Nous avons vu que les actes indifférents existaient comme actes où notre liberté n'exerce que sa capacité minimale de libre-arbitre. Mais ne peut-on affirmer que puisque nous choisissons toujours, même entre deux actes qui nous semblent indifférents, cela signifie que nous avons toujours une raison de faire tel choix, et qu'il n'existe donc aucun acte véritablement indifférent ? Dans la perspective existentialiste de Sartre, l'homme est défini par sa liberté, qui est liberté de se définir lui-même et de choisir ce qu'il veut être en choisissant ses actes : être responsables de nous-mêmes, c'est être responsables de nos choix, qui sont toujours porteurs de ce que l'on est, et qui, en retour, nous définissent.

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Problématique

Notre pouvoir d’agir est généralement compris dans son lien avec la liberté de choix, qui détermine la valeur de l’acte à accomplir : lorsque nous délibérons sur plusieurs actes possibles, nous envisageons les conséquences de chacun de ces actes, nous nous interrogeons sur leur valeur, sur les raisons que nous avons de les choisir, afin de déterminer notre décision. Or, la notion d’acte indifférent renvoie au contraire à un acte neutre, pour lequel nous n’aurions aucune préférence déterminée, qui ne possèderait aucune valeur en soi. Si de tels actes existent, c’est que notre liberté peut être placée dans une situation d’indétermination, où rien ne peut l’amener à choisir entre plusieurs actes. Se demander s’il existe des actes indifférents amène donc à se demander si la nature de notre liberté peut nous amener à en concevoir : l’essence de la liberté peut-elle consister dans le fait de pouvoir choisir indifféremment un acte ou un autre, et donc de ne pas être contraint par une valeur des actes qui nous serait imposée de l’extérieur ? La notion d’acte indifférent n’est-elle pas plutôt impensable, si l’on conçoit au contraire que notre liberté consiste à déterminer la valeur des actes et à choisir au vue de leur signification et de leurs conséquences ? Comment de plus penser l’existence d’actes indifférents en termes de morale et de responsabilité de nos actions ? Nous verrons dans un premier temps que nous pouvons penser la notion d’acte indifférent à partir du doute sceptique vis-à-vis de nos jugements et des valeurs, avant de poser les actes indifférents comme le plus petit degré de notre liberté. Nous verrons alors que la notion d’acte indifférent est contradictoire avec l’essence de notre liberté qui consiste à nous définir par nos choix.



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