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Sujet : Y a-t-il des lois qui régissent l'histoire ?

Définitions des termes :
  • loi : 1. (Juridique) Prescription promulguée par l'autorité souveraine d'un pays et dont la transgression est poursuivie ; synonyme de loi positive ; par analogie, lois divines : décrets supposés émaner de la volonté divine et gouvernant tant la nature que les actions humaines. 2. Par ext., règle suivie avec une certaine régularité dans une société, et dont la transgression est considérée comme une faute, même si elle n'est pas obligatoirement suivie de sanctions : les lois de l'honneur, les lois morales. 3. Norme à laquelle on ne peut se soustraire : « L'impératif catégorique seul a valeur de loi pratique » (KANT) ; les lois de la pensée. 4. Loi de la nature, loi scientifique : a) Proposition générale constatant une nécessité objective : tout phénomène a une cause. b) Fonction math. permettant, à partir de données initiales, de calculer la valeur de certaines variables, et pouvant servir à la prévision : « La loi nous donne le rapport numérique de l'effet à la cause » (Cl. BERNARD) ; les positivistes opposent l'explication par les causes à celle par les lois dans lesquelles ils voient « des relations constantes qui existent entre des phénomènes observés » (A. COMTE). 5. Loi naturelle : a) Prescription du droit naturel. b) Loi de la nature.
  • histoire : Le terme d'histoire désigne deux réalités différentes: 1) la science qui étudie le passé de l'humanité et qui relate et interprète les faits. 2) les événements, les actes, les faits du passé, cad la mémoire des hommes.

Extrait du corrigé :    L'essence historique selon Herder dans une Autre philosophie de l'histoire de l'homme ne se réduit pas au fait que son essence spécifique remplit en se déployant un champ de jeu laissé libre à cette fin par la nature, mais ce qui fait l'excellence de la nature de l'homme, c'est de remplir ce champ par des variations toujours nouvelles. L'attrait que présente l'histoire pour la connaissance provient de la richesse de cette imagination originelle et créatrice de la race humaine, qui alimente l'histoire humaine. Cette richesse ne consiste donc pas seulement dans l'éventail des variations par lesquelles s'actualise une disposition préalablement donnée, mais aussi dans le fait que la race humaine acquiert constamment de nouvelles possibilités. Ce que des hommes peuvent être s'enrichit constamment en raison de la conscience que l'homme a de lui-même comme être historique : qu'il se rapporte à ce qui fut en le gardant, en l'admirant, en le rappelant à sa mémoire et en le glorifiant, ou au contraire en le rejetant, en le détruisant, il est par là à la fois l'être du passé lointain et l'être qui vit dans son avenir comme grand horizon d'attente et vaste champ de projets que son être formé par son histoire lui ouvre.  Concevoir l'histoire du monde comme le développement de l'essence historique de l'homme, ce n'est donc plus concevoir un perfectionnement progressif tendant à une perfection vers laquelle serait orientée l'histoire du monde, et ce n'est pourtant pas non plus adopter un simple scepticisme désespéré qui, dans les hauts et les bas des changements historiques, aperçoit avec intérêt ou ironie les constantes morales originelles de la condition humaine. Même quand Voltaire développe l'idée d'une philosophie de l'histoire, la nature de l'homme qui se déploie dans l'histoire reste elle-même une nature anhistorique. L'audace nouvelle de la pensée, qui commence à poindre avec Herder, ne voit pas l'historicité de l'homme se détacher sur le fond de sa nature, qui demeurerait identique à elle-même. L'historicité ne signifie ni une limitation de l'idée de l'homme, ni l'une des propriétés de l'homme, mais son essence. L'essence immuable de l'histoire paraît plutôt consister en ce que la conscience que l'homme en tant qu'homme est libre est constamment en train de s'actualiser. Et il appartient peut-être aux expériences propres à notre époque de découvrir que le progrès dans la conscience de la liberté ne signifie pas une simple augmentation positive de la liberté dans le monde, mais que le combat de l'histoire pour la réalisation de la liberté fait tout autant surgir de nouvelles oppressions, et même que la conscience de la liberté s'affirme en une privation de liberté qui passe inaperçue.

Y a-t-il des lois qui régissent l'histoire ?

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