Ne désire-t-on que ce dont on a besoin ? *
EXEMPLES DE RECHERCHE
Aperçu du corrigé : Ne désire-t-on que ce dont on a besoin ?
Les besoins de l'homme sont complexes. Ils ne se réduisent pas aux besoins naturels mais sont aussi spirituels. L'homme ne désire que ce dont il a besoin pour être heureux. Mais, le besoin est réel, le désir est imaginaire, c'est la raison pour laquelle nos désirs ne peuvent jamais être satisfaits. On désire moins ce dont on a besoin que ce que les autres désirent. Mon désir est désir du désir de l'autre.
Quelle est la nécessité du désir (épicurisme) ? Malgré ses risques, n'est-il pas préférable à une vie faite de besoins parfaitement maîtrisés ? Références utiles : Platon, Gorgias ; Spinoza, Éthique (livre 3). Toutefois, soutenir que nous ne désirons que ce dont nous avons besoin, c'est peut-être se laisser abuser par la ressemblance structurelle que l'on peut observer entre l'état de besoin et celui de désir : s'il faut bien d'une part remarquer que l'état de besoin comme le désir s'apparentent en cela qu'ils sont tous les deux l'effet d'un manque par rapport à une fin, rien n'indique d'autre part que l'apparentement soit total, rien n'assure que par-delà cette ressemblance, les fins propres à l'état de besoin coïncident avec celles propres au désir. Ce pour quoi je désire est-ce aussi ce pour quoi je suis dans l'état de besoin? Ce qui me manque et provoque en moi l'état de besoin, est-ce aussi ce qui me manque en déterminant mon désir? J'ai soif, j'éprouve le besoin de boire, mon corps me dicte cette nécessité impérieuse. En revanche, pour étancher cette soif, si je commande une bière plutôt qu'un jus d'orange (ou l'inverse !...), ce choix ne m'a pas été dicté par mon corps, car l'eau aurait pu tout aussi bien faire l'affaire. Boire lorsqu'on a soif répond à un besoin, mais boire quelque chose d'agréable qu'on préfère à tout autre chose répond à un désir.
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J’ai soif, j’éprouve le besoin de boire, mon corps me dicte cette nécessité impérieuse. En revanche, pour étancher cette soif, si je commande une bière plutôt qu’un jus d’orange (ou l’inverse !...), ce choix ne m’a pas été dicté par mon corps, car l’eau aurait pu tout aussi bien faire l’affaire. Boire lorsqu’on a soif répond à un besoin, mais boire quelque chose d’agréable qu’on préfère à tout autre chose répond à un désir. La distinction entre le besoin et le désir est d’abord celle de la nécessité et de la contingence.
Contrairement au besoin, rien n'est déterminé ni limité a priori. Le désir peut se greffer sur le besoin, mais alors que les animaux, par exemple, s'arrêtent de boire quand ils n'ont plus soif, le désir n'est pas pour autant assouvi. Il peut même être insatiable dans certains cas : toujours plus de richesses, de pouvoirs, de conquêtes féminines, etc. En outre, le besoin se satisfait d'eau, mais le désir porte sur une boisson particulière, ou sur une boisson toujours nouvelle. Le marketing sait très bien en jouer. Par ses variations et sa malléabilité constantes, le désir est d'une certaine façon infini. On peut désirer tout et n'importe quoi, y compris si l'on possède déjà beaucoup.
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Ne désire-t-on que ce dont on a besoin ?